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L’économie syrienne touchée mais pas coulée par la révolte et les sanctions

mercredi 24 août 2011, par La Rédaction

L’économie syrienne, éprouvée par cinq mois de révolte, risque de connaître une sérieuse dégradation au début de l’année mais "ce n’est pas l’économie qui fera tomber le régime", estiment des experts et hommes d’affaires.
"Durant les trois premiers mois de la contestation tout s’est arrêté car les consommateurs étaient tétanisés mais depuis juin l’activité économique a repris avec toutefois une baisse de 40% par rapport à l’an dernier", affirme le dirigeant d’entreprise Abdul Ghani Attar, 32 ans.
"Pour le moment, le secteur privé, qui représente 70% du PIB, résiste mais si au début de l’an prochain la situation ne s’améliore pas, l’économie souffrira vraiment. Il risque d’y avoir des licenciements", prédit M. Attar, vice-président d’Attar Group, présent dans le secteur de l’hôtellerie, les produits pharmaceutiques, le matériel de bureau, les assurances et les banques.
Tous les indicateurs sont au rouge. La croissance sera négative d’au moins 3% en 2011, selon l’Institute of international finance (IIF) basé à Washington. Le tourisme, qui a représenté en 2010 12% du PIB avec des recettes de 6,5 milliards de dollars, est en en berne, et les projets d’investisements ont baissé de 47,84% au premier semestre 2011 par rapport à la même période 2010, selon les chiffres officiels.
Faisant sien le proverbe syrien "garde tes sous blancs pour les moments sombres", la population "qui a peur de l’inconnu" n’achète que des produits de première nécessité, constate Naji Chaoui, un autre homme d’affaires.
Le chiffre d’affaires de son groupe, implanté dans l’alimentation, la pharmacie, les détergents, le papier et la banque, s’est contracté de 5% à 10%.
"Jusqu’à présent, le secteur économique se maintient mais si la crise continue plus de six mois il y aura des problèmes", estime-t-il.
La Bourse a plongé de 40% et la consommation, moteur de la croissance, est étique. Les magasins de vêtements ou d’électronique sont vides. Les importations ont baissé de 50% et la Syrie a importé 2.000 voitures en mai contre 20.000 en mars.
En revanche, les matériaux de construction connaissent un boom car, comme la police est occupée ailleurs, les constructions sauvages foisonnent. Pour les mêmes raisons, les vendeurs ambulants, qui ne sont plus traqués, ont envahi les rues de la capitale.
Pour le moment la monnaie résiste : la livre syrienne (LS) n’a perdu que 8 % depuis la mi-mars face au dollar.
Le gouverneur de la Banque Centrale Adib Mayyalheh, qui a pris de nouvelles mesures pour limiter la fuite de devises, assure posséder toujours des réserves de 17 milliards de dollars.
En réalité, "elles sont certainement plus basses", affirme Jihad Yazigi, rédacteur en chef de la lettre économique Syria Report. Il estime que le gouvernement a commencé à "utiliser les sommes allouées à l’investissement pour les dépenses courantes, notamment les salaires et les frais généraux".
Le budget 2011 se monte à 16,7 milliards de dollars, dont 43,4% pour les investissements.
Selon M. Chaoui, le gouverneur lui a confié "avoir, durant les beaux jours, constitué un matelas de 5 milliards d’USD pour protéger la LS, et n’avoir jusqu’à présent injecté que 2 milliards pour la soutenir".
Un diplomate européen assure que l’Iran aurait prêté six milliards de dollars à Damas, tout en reconnaissant n’en n’avoir pas la preuve.
"La situation s’est dégradée mais n’est pas désespérée. Le régime peut tenir à cette cadence pendant très longtemps. En tout cas, s’il doit faire des arbitrages, les forces de répression seront les dernières à être touchées", explique Lahcen Achy, spécialiste de la Syrie.
Pour ce chercheur au Carnegie Middle East Center à Beyrouth, "ce n’est pas l’économie qui fera tomber le régime ou alors il faut être très patient. L’experience montre que ces régimes peuvent tenir sous embargo grâce à la contrebande et des transferts d’argent du Liban ou de la Turquie".
M. Chaoui partage cette opinion. "On peut toujours s’adapter. Regardez l’Irak dans le temps. Les sanctions ça fait plaisir aux médias, cela ruine le peuple mais jamais un régime".
Cependant, si un embargo européen sur le pétrole syrien peut faire mal car 95% du pétrole exporté est destiné à l’Europe, la Syrie se tournera vers d’autres pays notamment l’Asie et l’Europe de l’est, confie M. Yazigi.

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La Ligue arabe se réunira en urgence samedi

Des ministres de pays arabes se réuniront samedi au Caire pour évoquer la situation en Syrie, a dit mercredi un responsable de la Ligue arabe. "La commission pour la paix de la Ligue arabe tiendra une réunion d’urgence samedi sur les derniers évènements en Syrie et le secrétaire de la Ligue passe actuellement des coups de fil pour savoir combien de pays et quels ministres y participeront", a dit ce responsable qui souhaite rester anonyme. La Ligue arabe a condamné la répression en Syrie pour la première fois le 7 août.
Les Nations unies affirment que les forces de sécurité du président Bachar el-Assad ont tué quelque 2 200 civils depuis le début du soulèvement, il y a 5 mois.

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Sept morts, 150 arrestations dans la banlieue de Damas

Sept personnes sont mortes en Syrie mercredi dans le centre et l’ouest du pays et plus de 150 ont été arrêtées ces dernières 24 heures à Harasta, près de Damas, ont indiqué des organisations des droits de l’Homme et des militants sur le terrain.
Quatre personnes ont été tuées à Homs et deux manifestants ont trouvé la mort à Talbiseh (au nord de Homs) par des tirs des fores de sécurité mercredi, selon la Coordination des comités locaux (LCC), qui regroupe des activistes sur le terrain.
Par ailleurs, un homme de 28 ans, arrêté il y a une semaine à Khan Shehoun, (ouest), est décédé sous la torture mercredi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
En outre, selon la LCC, à Palmyre (245 km à l’est de Damas), une personne a été blessée lors d’imposantes funérailles d’un jeune tué il y a quelques jours.
Par ailleurs, les forces militaires et sécuritaires ont bouclé Harasta mardi et ont arrêté 120 personnes et 37 autres mercredi matin. Située à 10 km au nord-est de la capitale, cette ville industrielle est le théâtre de manifestations depuis le début de la contestation à la mi-mars.
Des rassemblements nocturnes ont eu lieu mardi dans plusieurs localités, à Douma et Daraya, dans le sud-ouest, ainsi qu’à Kanaker, Zabadani, Madaya et Kisweh, aux alentours de la capitale, selon des témoins.
Des pays européens ont présenté mardi au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution infligeant de nouvelles sanctions à la Syrie et visant en particulier le président Bachar al-Assad, ont indiqué des diplomates.

(Mercredi, 24 août 2011 - Avec les agences de presse)

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