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Libye : le voile se lève sur le rôle de l’Otan auprès des rebelles

vendredi 26 août 2011, par La Rédaction

Le rôle de soutien actif aux rebelles joué par certaines forces de l’Otan en Libye, y compris dans la traque de Mouammar Kadhafi et de ses proches, apparaît de plus en plus clairement malgré les démentis officiels de l’alliance affirmant s’en tenir au mandat strict de l’ONU.
Le Royaume-Uni en particulier, fer de lance aux côtés de la France de l’intervention déclenchée il y a six mois, prend de moins en moins de précautions.
Son ministère de la Défense a annoncé vendredi que des avions britanniques avaient bombardé dans la nuit un important bunker à Syrte servant de QG dans la ville natale du dirigeant libyen en fuite Mouammar Kadhafi, au moment même où la recherche du "Guide" de la Jamahiriya arabe libyenne est une priorité des insurgés.
La veille, le ministre britannique de la Défense Liam Fox avait ouvertement fait état de la contribution de l’Otan à la recherche de Mouammar Kadhafi.
"Je peux confirmer que l’Otan fournit des renseignements et des équipements de reconnaissance au Conseil national de transition pour aider à localiser le colonel Kadhafi et d’autres membres restants du régime", a indiqué Liam Fox, prenant le contre-pied des déclarations officielles de l’Alliance atlantique.
L’Otan ne cesse d’affirmer qu’elle ne se concerte pas avec les rebelles et qu’elle ne vise pas Kadhafi. "Il n’y a pas de coordination militaire avec les rebelles", indique la porte-parole de l’Alliance Oana Lungescu, "nous menons les opérations en Libye en suivant à la lettre notre mandat" du Conseil de sécurité de l’ONU qui limite l’action à la protection des civils.
Pour Shashank Joshi, analyste au Royal United Services Institute de Londres, il s’agit d’une précaution purement oratoire.
Ce qu’affirme l’Otan "est totalement absurde", dit-il, "il s’agit d’une fiction nécessaire visant à s’en tenir aux limites de la résolution 1973 de l’ONU et à éviter des difficultés juridiques et politiques", estime-t-il.
La Russie et la Chine notamment s’étaient toutes deux abstenues d’opposer leur veto en février au Conseil de sécurité à la résolution 1973 qui a ouvert la voie à l’intervention occidentale, mais sont depuis promptes à reprocher aux alliés d’outrepasser leurs prérogatives.
"Il y a des éléments extrêmement clairs montrant que l’Otan n’a pas seulement aidé les rebelles mais a été un partenaire décisif et crucial pour eux. Elle a été impliquée dans une coordination et un soutien très étroits, sans lesquels les rebelles n’auraient pu gagner ce conflit", juge M. Joshi.
D’après le quotidien britannique Daily Telegraph, des membres des SAS (Special Air Service) sont déployés sur le terrain en Libye depuis plusieurs semaines et ont joué un rôle clé dans la coordination de la bataille de Tripoli, alors que l’Otan assure n’avoir aucun soldat sur le terrain.
Et selon un journaliste de l’AFP en Libye, des agents français opérant en civil sont bien présents depuis plusieurs semaines aux côtés des rebelles sur le front Est. Le gouvernement français a aussi reconnu dans le passé des parachutages d’armes à l’attention des rebelles du Djebel Nefoussa, dans l’ouest du pays.
Un responsable occidental, sous couvert d’anonymat, affirme que si des forces spéciales se trouvent bien sur le terrain elles "suivent les ordres de leurs commandements nationaux" et pas de l’Otan en tant que telle.
Pour François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le rôle des forces spéciales auprès des rebelles libyens est très important "pour la désignation de cibles, la coordination entre fronts terrestre et aérien, la fourniture d’armement et l’instruction".

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L’UA ne reconnaîtra pas explicitement le CNT en Libye

L’Union africaine en tant qu’institution ne reconnaîtra pas explicitement le Conseil national de transition (CNT) mis en place par les rebelles libyens en lutte contre le régime de Mouammar Kadhafi, a-t-on appris vendredi de source diplomatique occidentale.
Des responsables africains ont toutefois déclaré que vingt pays d’Afrique - sur les 54 qui composent l’UA - avaient individuellement reconnu l’instance dirigeante des insurgés.
"Le Conseil pour la paix et la sécurité de l’UA comprend des pays qui ont soutenu Kadhafi dans le passé ou qui lui sont débiteurs de certaines choses. Ils ne reconnaîtront pas le CNT", a dit un diplomate proche des négociations au sein de l’UA qui se déroulent à Addis-Abeba.
Un autre diplomate occidental a confirmé cette thèse.
Le soutien de l’UA serait une avancée diplomatique importante pour le mouvement formé par les rebelles, déjà reconnu par plus de 40 pays comme le gouvernement effectif de la Libye.
Mouammar Kadhafi a été l’un des principaux inspirateurs de l’UA et présidait l’organisation en 2009.
L’UA a proposé il y a quelques mois un plan de transition du pouvoir en Libye qui a largement été ignoré par les puissances occidentales, ce qui a, selon des experts, vexé plusieurs pays africains alliés de longue date du "guide" libyen.
Le président sud-africain Jacob Zuma n’a pas ménagé ses efforts durant les six mois de conflit pour négocier une paix entre le colonel libyen et les rebelles mais ses deux visites en Libye n’ont produit aucun résultat.

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Mise en garde de l’ONU après la mise à prix de la tête de Kadhafi

Le Haut Commissariat des Nations unies des droits de l’homme a lancé une mise en garde, vendredi, contre les chasseurs de prime, cherchant à tuer Muammar Kadhafi, en déclarant que "les assassinats ne font pas partie des règles de droit". "La règle de droit est essentielle, elle s’applique à Kadhafi aussi bien qu’à n’importe qui d’autre", a déclaré Rupert Colville, porte-parole de l’ONU, en réponse à une question sur la prime de 1,67 million de dollars pour la capture de Muammar Kadhafi, vivant ou mort. "Clairement, la règle de droit s’applique aux exécutions sommaires, celles-ci ne sont pas admissibles, en temps de paix ou en temps de guerre", a-t-il ajouté.
Les rebelles libyens ont promis mercredi une récompense de 2 millions de dinars (1,67 million de dollars ou 1,2 million d’euros), pour la capture de Kadhafi, vivant ou mort. Le "CNT (Conseil national de transition) soutient cette initiative émanant d’hommes d’affaires qui offrent 2 millions de dollars pour la capture de Kadhafi, vivant ou mort", a déclaré son chef Mustafa Abdel Jalil, à Tripoli. Abdel Jalil a aussi promis l’amnistie "à tous les membres du cercle rapproché (de Kadhafi) qui le tueront ou le captureront".
Selon Rupert Colville, la "meilleure solution" serait la capture de Kadhafi vivant, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émanant de la Cour pénale internationale. Le porte-parole a en outre lancé un appel à tous les "Libyens aux postes de commandes, y compris dans l’armée, à prendre toutes les mesures pour empêcher les crimes ou tout acte de vengeance".

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La Libye plonge dans l’incertitude politique

Le nouveau gouvernement libyen prend ses quartiers à Tripoli. Huit hauts responsables du Conseil national de transition sont arrivés jeudi dans la capitale libyenne pour préparer la transition politique. Créé à la hâte le 27 février dernier en pleine répression brutale de l’opposition par Kadhafi, cet organe considéré comme "un comité de gestion des crises" est sorti de l’anonymat le 10 mars à Paris, lorsque Nicolas Sarkozy est devenu le premier chef d’État occidental à le reconnaître comme unique "représentant légitime" du peuple libyen. Quarante-quatre pays le suivront jusqu’à la chute de Tripoli.
Pourtant, le gouvernement intérimaire pèche par un fonctionnement pour le moins opaque. Sur les 31 membres qui forment son comité exécutif, seuls 13 sont connus de l’Occident, "pour des raisons de sécurité", assure-t-on à Benghazi. Parmi eux, d’anciens dignitaires du régime de Tripoli, des techniciens, un grand nombre d’universitaires ainsi que des représentants de grandes familles. Afin d’éviter toute sur-représentation des populations rebelles de Benghazi, fief de la contestation, par rapport aux autres, chaque ville sous contrôle rebelle se voit octroyer cinq sièges. Un nom sort pourtant du lot. Il s’agit de l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Abdel Jalil, celui-là même qui avait signé en 2006 l’ordre d’exécution des infirmières bulgares.
Envoyé par le colonel à Benghazi en février pour négocier avec les rebelles, Mustapha Abdel Jalil décide, à la surprise générale, d’épouser leur cause pour devenir le chef politique de l’organisation. "Abdel Jalil est apprécié des Libyens en tant qu’ancien ministre compétent pouvant servir de lien entre le passé et le présent", note Antoine Vitkine, documentariste auteur de Kadhafi, notre meilleur ennemi (France 5, 2011). "Mais il est surtout considéré comme très pieux, un atout considérable en Libye." Mais si le CNT a obtenu la reconnaissance et l’aide sans faille de la coalition, il le doit avant tout au travail d’un homme, Mahmoud Jibril, véritable tête pensante de la rébellion.
Ex-chef du Conseil national pour le développement économique du régime de Kadhafi, le numéro deux du CNT a été le grand artisan de la restructuration économique du pays avant sa démission en 2010.
Technocrate libéral et pragmatique, il cumule aujourd’hui les postes officieux de ministre des Affaires étrangères et de chef des Affaires militaires. Ancien professeur d’économie à Pittsburgh, Mahmoud Jibril entretient des relations privilégiées avec les États-Unis. "Il se distingue surtout des autres en étant le moins proche de Kadhafi", insiste Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen et auteur du Manifeste des Arabes (Éditions encre d’Orient). Un autre ancien membre du régime bénéficie d’une grande popularité dans le pays. Ex-bras droit du Guide libyen, puis assigné à résidence depuis plusieurs années, Abdessalem Jalloud vient ainsi de rejoindre le CNT.
L’avenir politique du pays s’appuie aussi sur la "déclaration constitutionnelle" du CNT présentée le 16 août. Ce document prévoit la remise du pouvoir à une assemblée élue dans un délai de huit mois maximum ainsi que l’adoption d’une nouvelle Constitution. Un pari. Un défi. Les insurgés sur le terrain pourraient chercher plus de légitimité.
Déjà, après la mort toujours inexpliquée du général Younès, ancien chef de l’armée rebelle, la prise de Tripoli a été attribuée à son grand rival Abdelhakim Belhadj, islamiste repenti. "S’il n’est pas tué, il est clair que Belhadj va jouer un rôle important dans la Libye de demain", analyse Mathieu Guidère, spécialiste d’al-Qaida au Maghreb islamique et auteur du Choc des révolutions arabes (Éditions Autrement). "Le concept de laïcité n’existe pas dans le pays et la charia y est déjà appliquée. Mais s’il est déjà très rigoriste, le pays n’en deviendra pas pour autant intégriste." D’autant que, comme le souligne Hasni Abidi, "la place de l’islam n’est pour l’instant pas du tout évoquée au sein du CNT et des divergences risquent de surgir au moment de la rédaction de la Constitution". En attendant, le premier objectif des rebelles reste l’arrestation de Muammar Kadhafi.

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Des avions britanniques ont bombardé un QG de Kadhafi à Syrte

Des avions britanniques ont bombardé dans la nuit un important bunker servant de QG dans la ville natale du dirigeant libyen en fuite Mouammar Kadhafi à Syrte, a annoncé vendredi le ministère britannique de la Défense dans un communiqué.
"Aux alentours de minuit (heure de Londres), une formation de Tornado venant de la base britannique de Marham dans le Norfolk (est de l’Angleterre) a tiré des missiles guidés de précision Storm Shadow contre un important bunker-quartier général dans la ville natale de Kadhafi à Syrte", a indiqué le ministère.
Syrte, située à 360 km à l’est de Tripoli, est un bastion du régime, et selon les rebelles, l’un des refuges possibles pour le leader traqué.
Dans la nuit, la page Facebook de la télévision d’Etat libyenne avait annoncé que les rebelles tentaient de progresser vers Syrte qui était bombardée par l’Otan.
L’Otan "bombarde en ce moment la ville de Syrte", avait indiqué la télévision sans plus de précision.
L’aviation britannique a en outre détruit jeudi matin "une des dernières installations de missiles sol-air longue portée du colonel Kadhafi près d’Al Watiyah, non loin de la frontière tunisienne", selon le ministère britannique de la Défense.
Jeudi après-midi, des Tornado et des Eurofighters britanniques ont également détruit un "noeud de commandement et de contrôle qui restait aux mains du régime sur la route au sud de Tripoli, menant à l’aéroport international".

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Combats entre insurgés et forces de Kadhafi à Ras Jdir

Des combats ont éclaté entre des unités fidèles à Mouammar Kadhafi et les insurgés libyens à Ras Jdir, point de passage stratégique vers la Tunisie, a rapporté vendredi un témoin.
L’armée tunisienne a fermé la zone frontalière, par laquelle transitent l’aide humanitaire et d’autres produits de première nécessité destinés à la Libye, ont rapporté les autorités de Tunis.
"Des affrontements éclatent entre un grand nombre d’insurgés et les forces fidèles à Kadhafi pour le contrôle de la frontière", a déclaré un habitant de la région, Fassi Chandol.
"L’armée nous a demandé de rester à l’écart de la zone", a-t-il dit. "La région a été déclarée zone militaire fermée".
Un peu plus tôt, des sources proches des services de sécurité tunisiens avaient fait état de négociations en cours entre des responsables tunisiens et des représentants du régime libyen pour remettre le contrôle du poste-frontière de Ras Jdir aux insurgés, cela afin d’éviter un bain de sang.
"Des responsables des forces armées (tunisiennes) s’efforcent de convaincre les partisans de Kadhafi de livrer le poste-frontière mais il semble qu’ils aient peur et qu’ils veuillent obtenir la garantie qu’ils pourront se rendre en Tunisie", a déclaré un responsable tunisien.
Les insurgés libyens espèrent contrôler ce poste-frontière car il leur permettrait d’acheminer des vivres, de l’eau et d’autres produits de première nécessité à partir de la Tunisie.

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Au moins 80 patients décèdent dans un hôpital de Tripoli

Les médecins de la Croix-Rouge s’activent pour évacuer les 17 derniers patients vivants, dans la puanteur épouvantable de quelque 80 cadavres. Dans un hôpital de Tripoli occupé six jours par les snipers de Kadhafi, les blessés sont morts, faute de soins. Ce quartier populaire d’Abou Salim, situé dans le sud de Tripoli et réputé pro-Kadhafi, a été le théâtre depuis mardi de violents combats à l’arme légère et lourde entre rebelles et forces loyalistes.
Les pro-Kadhafi ont tenu l’hôpital de samedi à jeudi, tenant à distance toute personne qui tentait de s’approcher, blessés et personnel soignant, jusqu’à ce que les rebelles reprennent le contrôle du quartier, ont indiqué des médecins. Au fil des jours, les patients sont morts les uns après les autres faute de soins. Vendredi matin, le grand hôpital fantôme, presque vide, la façade constellée d’impacts de balles, ressemble à un décor de film d’horreur. Une vingtaine de cadavres pourrissent en tas sur la pelouse devant le bâtiment de trois étages. Un autre gît sur un brancard ensanglanté, gonflé de gaz de décomposition, à l’entrée des urgences.
Là, un convoi de la Croix-Rouge est venu charger les 17 survivants. "Les blessés seront emmenés dans l’hôpital central de Tripoli" qui fonctionne encore, explique une infirmière de l’organisation. Allongé sur une civière dans une ambulance, un garçon de 10 ans, une balle dans le dos, est entouré par ses parents en larmes. "Mon fils a été blessé devant Bab al-Aziziya", le vaste complexe d’où Muammar Kadhafi dirigeait la Libye, "mais je ne savais pas ce qui lui était arrivé. C’est la première fois en cinq jours que je le vois, je l’ai retrouvé ce matin", sanglote Zine Mohammed al-Zadma. "On ne savait pas où il était, on ne pouvait pas entrer dans l’hôpital, il y avait des morts partout... Enfin, on l’a retrouvé", renchérit la mère, tout aussi bouleversée.
À l’intérieur, d’autres patients blessés par balle, accidentés ou malades attendent de partir depuis des jours en se couvrant le nez de tissus.
L’odeur est de pire en pire, colle à la bouche dans la chaleur - la climatisation ne fonctionne plus. Au bout d’un couloir jonché de débris, de boîtes de médicaments, de tissus ensanglantés, de bouteilles d’eau vides, une chambre à coucher avec quelque 25 morts sur des lits, le sol couvert d’une épaisse couche de fluides corporels divers. Quelques autres sont visibles dans un couloir voisin. Au sous-sol, la morgue présente un spectacle pire encore. Les compartiments réfrigérés, les couloirs, les salles sont pleines de corps posés çà et là. L’atmosphère est trouble, comme enfumée par les gaz de décomposition.
Selon Mohammed Younes, étudiant en médecine dentaire reconverti en infirmier, de nombreux autres cadavres ont déjà été évacués. "Nous n’avions pas le choix, ils sont morts par centaines ces derniers jours", confie-t-il, atterré. "C’est un désastre. Il n’y a plus de médicaments dans l’hôpital, plus de personnel médical. Tous sont partis par peur des snipers", ajoute l’étudiant. Abdel Abdelrahman, un infirmier, est resté enfermé dans le bâtiment depuis samedi, avec un autre infirmier et un seul médecin.
Il a vu mourir sous ses yeux un nombre de patients - civils, soldats loyalistes ou combattants rebelles - qu’il n’arrive pas à estimer, par manque de médicaments, d’équipements (oxygène, bandages...), d’électricité, et tout simplement de soins. Impossible de s’occuper correctement de tout le monde à trois. "Depuis le 20 juillet, il y avait des snipers partout dans l’hôpital, qui tiraient sur tous ceux qui s’approchaient. On a été libérés hier soir", explique-t-il, le regard au-delà de l’épuisement. Lorsqu’on lui demande comment il se sent aujourd’hui, il ne répond pas.

(Vendredi, 26 août 2011 - Avec les agences de presse)

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