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Syrie - L’ONU juge "urgent" de protéger les civils

vendredi 26 août 2011, par La Rédaction

Une mission humanitaire de l’ONU en Syrie a affirmé qu’il était "urgent de protéger les civils" contre l’usage excessif de la force, a indiqué, vendredi, le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq. Cette mission était la première à être admise dans le pays depuis que le président Bachar el-Assad a lancé en mars une répression meurtrière contre les manifestations de l’opposition. "La mission a conclu que bien qu’il n’y ait pas de crise humanitaire à l’échelle nationale, il y a une nécessité urgente de protéger les civils contre l’utilisation excessive de la force", a déclaré Farhan Haq lors d’un point de presse.
Les experts de l’ONU ont pu se rendre dans plusieurs villes qui avaient été le théâtre d’affrontements, mais étaient toujours accompagnés de représentants du gouvernement. "La présence constante de responsables gouvernementaux a limité la capacité de la mission d’apprécier la situation complètement et de manière indépendante", a ajouté le porte-parole. "Mais les personnes à qui elle a pu parler dans les régions où des troubles s’étaient produits ou étaient en cours ont affirmé qu’elles se sentaient extrêmement intimidées et constamment menacées", a-t-il précisé.
"L’ONU continuera à dialoguer avec les autorités syriennes et réitère son appel urgent aux forces de sécurité à s’abstenir de recourir à une force excessive contre les civils", a conclu Farhan Haq. La mission de l’ONU, qui a passé cinq jours en Syrie pour "évaluer les besoins humanitaires éventuels de la population", remettra son rapport au secrétaire général, Ban Ki-moon. Ce dernier a lancé plusieurs appels à Bachar el-Assad pour qu’il mette fin aux violences et entreprenne des réformes. Selon l’ONU et des activistes syriens, au moins 2 200 civils ont été tués dans la répression menée par le gouvernement.

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Syrie : quatre morts, le Qatar qualifie la répression de "stérile"

Trois manifestants et un détenu de 56 ans sont morts et 25 personnes ont été blessées en Syrie lors de défilés qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes pour le dernier vendredi du ramadan, une répression qualifiée de "stérile" par le Qatar.
"Deux fidèles qui sortaient manifester après la prière de la mosquée Ali ben Abi Taleb, ont été tués par les balles des shabiha (miliciens pro-régime) à Deir Ezzor", une ville à 460 km au nord-est de Damas, a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Un manifestant "a perdu la vie et trois autres ont été blessés durant un rassemblement contre le pouvoir après la prière à la sortie de la mosquée Mohammadi à Nawa", dans le sud du pays, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, à Maaret Annoman, à 250 km au nord de Damas, un homme de 56 ans est mort vendredi en détention mais le corps est toujours aux mains des forces de securité, a indiqué sa famille à l’OSDH.
D’autres militants des droits de l’Homme ont fait état de cinq blessés à Deir Ezzor, trois à Homs (centre) dont un père et sa fille de quatre ans qui se trouvaient devant chez eux, six à Al Qusair (près de Homs), un à Qouriya (près de Deir Ezzor), cinq à Douma, un à Daraya et un autre à Kisweh, trois localités de la banlieue de Damas.
Selon l’agence officielle Sana, trois membres des forces de sécurité ont été blessés par balles lors d’une attaque par des hommes armés et cagoulés, dont deux ont été tués.
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays contre le régime du président Bachar al-Assad, scandant "Bachar, nous ne t’aimons pas même si tu transformes la nuit en jour" et "Nous sommes les hommes de la liberté", selon des militants.
Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme, libéré cette semaine après dix jours de détention, a mentionné des manifestations à Alep (nord) et à Ain al-Arab, une ville à majorité kurde à 150 km plus à l’est, ainsi que dans plusieurs localités des environs de Deraa (sud), berceau de la contestation entamée mi-mars contre les autorités.
Selon M. Rihaoui, des manifestants ont reçu des coups de bâtons à Midane, un quartier de Damas, et des défilés ont eu lieu en dépit de tirs et d’une très forte présence sécuritaire dans la banlieue de la capitale.
Comme chaque vendredi depuis le début du mouvement, la page Facebook "Syrian revolution 2011" avait appelé à des rassemblements, placés cette semaine sous le thème du "Vendredi de la patience et de la persévérance".
A Homs, ville industrielle devenue une place forte de la contestation, des milliers de personnes ont défilé dans plusieurs quartiers, selon l’OSDH.
Des manifestations ont aussi eu lieu à Bou Kamal, à la frontière irakienne, et à Qamishli, dans le nord-est où se trouve une population d’origine kurde, selon Omar Idibi, porte-parole de la Coordination des comités locaux.
Le corps d’un camionneur turc tué jeudi dans des violences près de Homs devait être rapatrié vendredi en Turquie pour y être inhumé, a annoncé l’association des transporteurs turcs (UND). Mecit Akdogan, 50 ans, s’était retrouvé au milieu d’accrochages entre opposants et partisans du régime.
Selon l’ONU, le bilan de la répression s’élève à plus de 2.200 morts depuis mars et l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar Jaafari, a assuré le 11 août que 500 membres des forces de l’ordre avaient été tués par des manifestants depuis le début de la contestation.
L’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, a qualifié la répression de "stérile" et appelé les autorités à faire rapidement d’importantes réformes.
"Tout le monde sait que la solution sécuritaire est stérile et le peuple syrien ne semble pas prêt à abandonner ses revendications, après le prix qu’il a déjà payé", a déclaré l’émir à son retour d’une courte visite en Iran où il a rencontré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un allié de Bachar al-Assad.
"Nous avons essayé d’encourager nos frères en Syrie pour qu’ils fassent de vraies réformes (...). Le peuple syrien va dans la rue dans le cadre d’un réel soulèvement civil pour demander du changement, la justice et la liberté", a ajouté l’émir.
Jeudi, M. Ahmadinejad avait appelé les pays de la région à "régler leurs problèmes (...) sans l’intervention des Occidentaux".
Dans le même temps, le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Adib Malayeh, a déclaré dans un entretien à l’AFP que l’économie syrienne était affaiblie par la contestation en cours et les sévères sanctions européennes et américaines.
La police a ouvert une enquête pour retrouver les agresseurs d’un célèbre caricaturiste, Ali Ferzat, qui avait été enlevé et tabassé jeudi, a rapporté vendredi Sana.
Selon l’artiste âgé de 60 ans, quatre hommes l’ont enlevé alors qu’il rentrait chez lui jeudi à l’aube, lui ont brisé deux doigts ainsi qu’un bras.

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Syrie : la police enquête pour trouver les agresseurs de Ali Ferzat

La police syrienne a ouvert une enquête pour retrouver les agresseurs d’un célèbre caricaturiste, Ali Ferzat, qui avait été enlevé et frappé notamment aux mains, a indiqué vendredi l’agence officielle syrienne Sana.
"Les autorités compétentes au ministère de l’Intérieur recherchent les coupables afin de les présenter à la justice", a précisé l’agence.
Selon l’artiste âgé de 60 ans, quatre hommes l’ont enlevé alors qu’il rentrait chez lui jeudi vers 04H30 (01H30 GMT), lui ont brisé deux doigts de la main gauche, brisé le bras droit et abîmé l’oeil gauche.
Plusieurs sources de l’opposition ont accusé des membres des services de sécurité masqués et des miliciens pro-régime d’être responsables de cette agression.
L’administration américaine a dénoncé jeudi l’attaque "écoeurante et déplorable".

(Vendredi, 26 août 2011 - Avec les agences de presse)

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