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En Syrie, la répression continue, la Russie négocie

lundi 29 août 2011, par La Rédaction

Six personnes ont été tuées lundi en Syrie, où la Russie, principal soutien de Damas, a envoyé un émissaire après s’être opposée au Conseil de sécurité de l’ONU à des sanctions contre le régime en place. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), a recensé cinq victimes de la répression à Sarmin, une localité situé près d’Edleb (nord-ouest) dans une opération de perquisition menée par les forces de sécurité et l’armée syrienne. Selon le président de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, cinq personnes dont un enfant ont été tuées et 60 autres ont été blessées par des tirs lors de cette opération. Une des victimes a succombé lorsque le toit de sa maison s’est effondré sur lui à la suite de tirs à l’arme lourde. Un sixième homme a été abattu à Qara, près de Damas, par la sécurité syrienne qui perquisitionnait sa maison, selon un communiqué du Comité de coordination, qui anime la contestation en Syrie.
En outre, des chars, des véhicules de transport de troupes et des véhicules militaires ont pénétré lundi matin dans la localité de Hit, à deux kilomètres de la frontière nord du Liban, selon l’OSDH. Ces interventions de l’armée et des forces de sécurité contredisent les propos tenus par Bachar el-Assad le 17 août quand il avait affirmé au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon que les opérations militaires contre les opposants "avaient cessé" dans son pays, selon un porte-parole de l’ONU. Sur sa page Facebook, "Syrian Revolution 2011" a appelé à manifester après la prière de l’Aïd, demain ou après-demain.
Confronté depuis le 15 mars à une contestation sans précédent de son régime, Bachar el-Assad a reçu lundi un émissaire russe, au moment où Moscou, allié du régime syrien, a engagé un bras de fer avec les Occidentaux au sujet des sanctions contre Damas. Bachar el-Assad a reçu le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, qui lui a transmis un message du président Dmitri Medvedev portant sur "la position constante de la Russie" au sujet de la crise en Syrie, a indiqué une source officielle syrienne. Depuis Moscou le Kremlin n’a pas voulu donner plus de précision sur le message. Dans un communiqué le Kremlin a toutefois ajouté qu’au cours des discussions entre les deux hommes, la Russie "a mis l’accent sur la nécessité d’un arrêt immédiat des violences d’où qu’elles viennent et la prise de mesures concrètes pour mettre en oeuvre les réformes annoncées" par les autorités syriennes.
La Russie s’est opposée aux Occidentaux vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU, en présentant un projet de résolution sur la Syrie éliminant les sanctions contre Damas contrairement au projet européen, qui prévoit des sanctions. Moscou, qui se contente d’appeler le président Assad à accélérer les réformes, a laissé entendre qu’elle pourrait mettre son veto à toute résolution de sanctions qui serait mise au vote.
Le projet européen, présenté par la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Portugal et soutenu par les États-Unis, appelle à un gel des avoirs financiers du président Assad et de son entourage et à un embargo sur les armes. La Russie a affirmé que le moment n’était pas venu d’imposer des mesures punitives à Damas en réponse à la répression du mouvement d’opposition qui, selon l’ONU, a déjà coûté la vie à plus de 2 200 personnes pour la plupart des civils.
Autre allié traditionnel de la Syrie, l’Iran a démenti tout rôle en Syrie et dénoncé les sanctions de l’Union européenne contre l’unité Qods (forces spéciales des Gardiens de la révolution), accusée d’avoir aidé le régime syrien à réprimer les manifestations de protestation. "Nous démentons tout rôle dans les affaires intérieures de ce pays", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, dans un communiqué. "La prétention de l’Union européenne à lier, sans aucune preuve, l’unité Qods des Gardiens de la révolution avec les événements en Syrie est sans fondement et vise à faire diversion", poursuit le communiqué. "Comme nous l’avons répété à de nombreuses reprises, le gouvernement et le peuple syrien sont politiquement matures pour régler leurs problèmes et la République islamique d’Iran respecte la souveraineté des autres pays", a ajouté Ramin Mehmaparast. L’Iran, proche allié de Damas, accuse les pays occidentaux et certains pays arabes d’attiser et d’exploiter le mouvement de contestation en Syrie.

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Répression en Syrie - Vers un embargo du pétrole syrien par l’UE ?

L’Union européenne est prête à décréter un embargo sur les importations de pétrole syrien en raison de la poursuite de la répression violente de la contestation dans le pays par le régime, ont indiqué lundi des sources diplomatiques européennes. "Il y a un consensus politique sur un embargo européen sur les importations de produits pétroliers syriens", a affirmé un de ces diplomates s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, à l’issue d’une réunion d’experts de l’UE sur le sujet à Bruxelles. Cette réunion d’experts n’a montré "aucune objection" d’un des 27 pays à un tel embargo pétrolier, a précisé un autre diplomate européen.
La décision devrait devenir effective d’ici la fin de la semaine après sa confirmation par les gouvernements des 27 pays européens. L’Europe achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente entre un quart et un tiers des recettes du pays. Des discussions se poursuivent par contre entre Européens sur la nécessité ou non d’un embargo complémentaire sur les investissements dans le secteur pétrolier syrien.

(Lundi, 29 août 2011 - Avec les agences de presse)

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