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L’Algérie justifie sa décision d’accueillir la famille Kadhafi

mardi 30 août 2011, par La Rédaction

L’Algérie a assuré mardi avoir accueilli "pour des raisons strictement humanitaires" trois enfants et l’épouse de l’ex-chef libyen Mouammar Kadhafi, dont la fille Aïcha a accouché dans le sud-est du pays.
Le bébé —une fille— a été baptisé Safia, du nom de sa grand-mère paternelle, présente à ses côtés, ont indiqué des sources sûres à Ennahar, quotidien arabophone.
Aïcha, ses frères Hannibal et Mohamed, Safia, la seconde épouse de Mouammar Kadhafi, sont entrés lundi matin en Algérie, avait annoncé la veille le ministère des Affaires étrangères.
Ennahar avait indiqué lundi qu’ils avaient pénétré le territoire algérien par le poste frontière d’extrême sud Tinkarine d’où ils ont été acheminés par avion à Djanet, à plus de 400 km au nord-ouest, où est hospitalisée Aïcha.
Aïcha, enceinte, "était arrivée à terme et devait accoucher incessamment", a déclaré mardi à l’AFP une source gouvernementale.
"Elle a accouché tôt ce matin. Elle a eu une petite fille. Mère et fille se portent à merveille à l’hôpital", a ajouté ce responsable gouvernemental qui a requis l’anonymat et refusé de fournir davantage de détails, sauf qu’elles se trouvaient "dans le sud" du pays.
Il s’agit des premières nouvelles concrètes fournies sur le clan Kadhafi. Son chef, Mouammar Kadhafi, restait encore introuvable mardi, sept jours après l’entrée des forces du Conseil national de transition (CNT) à Tripoli.
Les combattants rebelles sont déterminées à parachever leur victoire avec la prise en tenaille du dernier bastion de Kadhafi, sa ville natale de Syrte.
Les Kadhafi, leurs conjoints et "beaucoup d’enfants" en Algérie
Selon l’ambassadeur d’Algérie aux Nations Unies, Mourad Benmehidi, les conjoints des Kadhafi et leurs enfants les ont accompagné en Algérie. "Il y a beaucoup d’enfants", a-t-il indiqué au New York Times sans pouvoir chiffrer le nombre de personnes dans le groupe.
La famille Kadhafi, en tout une trentaine de personnes dont des blessés selon le quotidien arabophone algérien, seraient installée dans une résidence officielle strictement gardée des environs de Djanet, ville touristique du Sahel à 2.300 km au sud-est d’Alger.
Dans cette cité que le ministère français des Affaires étrangères déconseille à ses ressortissants sévit Al-Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi) qui y avait suivi puis enlevé plus loin en février dernier une touriste italienne toujours entre ses mains.
Les lignes téléphoniques avec cette région semblaient en dérangement depuis le début de la matinée, rendant impossible de joindre l’hôpital, ni quiconque sur place.
Les membres de la famille Kadhafi "été admis en Algérie pour des raisons strictement humanitaires", a déclaré mardi matin à l’AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Amar Belani. Nous en avons informé le Secrétaire Général des Nations unies, le président du Conseil de sécurité et le président du Conseil exécutif du CNT", a-t-il écrit dans un courriel.
A l’annonce par le ministère des Affaires étrangères algérien lundi de l’arrivée de la famille Kadhafi en Algérie, un membre de l’exécutif du CNT, Mohammed al-Allagy, a réclamé leur retour.
Le porte-parole du gouvernement rebelle Mahmoud Chammam a ensuite indiqué que le CNT avait été informé par Alger de leur arrivée. "L’Algérie a dit qu’elle avait offert un passage (à la famille de Kadhafi) pour aller dans un pays tiers, nous ne pouvons confirmer, mais ils ont dit qu’ils les avaient accueillis pour raisons humanitaires", a-t-il déclaré.
"Nous demandons à tous les pays de comprendre que sauver la famille de Kadhafi n’est pas un acte que nous saluons ni ne comprenons", a-t-il souligné. "Nous voudrions que ces personnes reviennent : nous garantissons un procès juste".

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L’Otan concentre ses opérations dans la région de Syrte

L’Otan a annoncé mardi que l’essentiel de ses opérations militaires en Libye étaient désormais concentrées à la périphérie Est de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi et l’un des derniers bastions de ses partisans.
"Nous nous concentrons sur un corridor (...) (menant) à la périphérie orientale de Syrte", a déclaré à la presse le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l’Alliance atlantique, à Naples.
Mardi, le Conseil national de transition libyen a lancé un ultimatum de quatre jours aux forces restées fidèles au Guide retranchées à Syrte pour se rendre, faute de quoi elles s’exposeraient à la force militaire.
L’Otan a qualifié part ailleurs d’"encourageant" les informations faisant état de pourparlers entre forces pro et anti-Kadhafi.
L’Alliance atlantique a ajouté ne disposer d’aucune information sur le sort de Khamis Kadhafi, l’un des fils du Guide qui commandait l’une des brigades d’élite du régime déchu.

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Le CNT adresse un ultimatum pour samedi aux derniers fiefs du régime

Le chef des rebelles libyens a adressé mardi un ultimatum expirant samedi aux partisans de Mouammar Kadhafi dans les derniers fiefs du régime, dont Syrte, pour qu’ils se rendent, faute de quoi ils s’exposeraient à des opérations militaires.
Le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil a affirmé que des négociation étaient en cours avec des dignitaires de ces villes, notamment Syrte, pour essayer d’obtenir leur reddition sans combat.
"Cette fenêtre d’opportunité expirera à la fin (vendredi en Libye) de l’Aïd el-Fitr. A partir de samedi, si une issue pacifique n’est toujours pas en vue sur le terrain, nous pourrons faire la différence militairement", a déclaré M. Abdeljalil lors d’une conférence de presse à Benghazi.

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Une entreprise française aidait Kadhafi à surveiller Internet

Une filiale du groupe informatique français Bull, Amesys, a aidé le régime libyen de Mouammar Kadhafi à espionner ses opposants, affirme mardi le Wall Street Journal. Amesys, société d’ingénierie spécialisée dans les systèmes sécuritaires et rachetée par Bull en 2010, a équipé en 2009 le centre de surveillance d’Internet de Tripoli avec "un important paquet de (technologie) de contrôle", selon des personnes proches du dossier, citées par le quotidien américain.
Début 2011, des dirigeants libyens ont de nouveau approché Amesys pour augmenter les capacités du pouvoir en matière de filtrage d’Internet, ainsi que d’autres sociétés, comme une filiale du constructeur aéronautique américain Boeing, Narus, spécialisée dans les logiciels de protection contre les attaques internet, indique le journal économique.
L’équipementier chinois en télécommunications ZTE a également vendu sa technologie au régime libyen pour des opérations de surveillance, selon lui.

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La conférence des amis de la Libye se réunit jeudi à Paris

Une soixantaine de délégations sont attendues jeudi à Paris à la Conférence des amis de la Libye afin d’accompagner les autorités de transition libyennes qui contrôlent désormais la quasi-totalité du pays, dans leur marche souhaitée vers la démocratie. Cette conférence, à l’initiative de la France, sera coprésidée par le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron, alliés de la première heure des insurgés libyens. "Nous avons décidé en plein accord avec David Cameron de convoquer une grande conférence internationale pour aider la Libye libre de demain, pour bien montrer que nous passons à l’avenir", avait déclaré Nicolas Sarkozy jeudi, à l’issue d’une rencontre avec le numéro deux de la rébellion Mahmoud Jibril.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a annoncé sa participation et devrait discuter avec le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdel Jalil de sa proposition d’aide pour organiser une force de police et collecter les armes de petit calibre dont le pays regorge après six mois de combats. Pour Alain Juppé, chef de la diplomatie française, le CNT devra aussi "préciser sa feuille de route politique et formuler ses demandes" afin de bâtir un État de droit, après 42 ans de dictature du colonel Muammar Kadhafi, "42 ans de coma", selon l’expression d’un imam à Tripoli. Mahmoud Jibril et Moustapha Abdel Jalil ont tous deux été invités à Paris. Leurs demandes devraient concerner prioritairement les secteurs de l’éducation, de la santé, de la sécurité.
Pour payer les salaires des fonctionnaires et remettre sur pied l’armée et la police, Mahmoud Jibril a appelé au déblocage des avoirs libyens gelés dans le cadre des résolutions de l’ONU de fin février et mars. Un appel réitéré ce week-end par la Ligue arabe. Jusqu’ici 1,5 milliard de dollars d’avoirs libyens gelés dans les banques américaines ont été débloqués devant le Comité des sanctions de l’ONU où d’autres initiatives, de la Grande-Bretagne et de la France, sont en cours. Selon des sources diplomatiques, la Chine s’est opposée à une demande britannique en ce sens et la France a, à son tour, fait une demande pour libérer 5 milliards d’euros gelés. La rébellion a estimé à 5 milliards de dollars ses besoins d’aide d’urgence.
La France a souhaité une large participation à la Conférence des amis de la Libye, au-delà du groupe de contact (une trentaine de pays et organisations internationales) créé en mars pour coordonner la réponse internationale à la crise libyenne. Le Premier ministre canadien Stephen Harper, dont le pays est membre du groupe de contact, a annoncé sa participation, de même que la chancelière allemande Angela Merkel. Pour l’Allemagne, qui s’était abstenue lors du vote de la résolution 1973 autorisant le recours à la force et ayant refusé de participer aux opérations de l’Otan, la page est tournée. "Nous nous retrouvons au coude à coude pour aider les Libyens à construire la Libye de demain", a déclaré lundi à Berlin Alain Juppé. La plupart des participants devraient être représentés par leur ministre des Affaires étrangères : les États-Unis enverront la secrétaire d’État Hillary Clinton ; la Turquie, Ahmet Davutoglu.
Le Qatar et les Émirats arabes unis, seuls pays arabes à avoir participé aux opérations de la coalition, seront représentés, "mais aussi tous les pays arabes qui le souhaitent", a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. "Les pays voisins de la Libye, et en particulier l’Égypte, auront évidemment un rôle majeur à jouer pour accompagner la nouvelle Libye", a souligné le porte-parole du Quai d’Orsay Bernard Valero. La Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil, critiques de l’intervention de l’Otan, ont aussi été invités. Quant à l’Union africaine, divisée, elle n’a pas reconnu le CNT.

(Mardi, 30 août 2011 - Avec les agences de presse)

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