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Libye : élection d’une constituante d’ici 8 mois, présidentielle et législatives dans 20 mois

vendredi 2 septembre 2011, par La Rédaction

Une assemblée constituante sera élue dans environ huit mois et des élections présidentielle et législatives seront organisées d’ici 20 mois en Libye, a affirmé vendredi le représentant en Grande-Bretagne du Conseil national de transition (CNT,) Guma al-Gamaty.
"Nous avons établi un plan de route précis avec une période de transition de 20 mois", a déclaré M. Gamaty à la radio BBC, en révélant les détails du calendrier électoral du CNT.
"Durant huit mois, le CNT dirigera la Libye avant qu’une assemblée élue par le peuple" ne prenne les commandes du pays pour rédiger une constitution, et "au bout d’un an (...), des élections seront organisées", a-t-il ajouté.
"Donc, nous avons huit mois et un an avant des élections finales à la fois parlementaires et présidentielle. Et avec un peu de chance, après environ 20 mois, le peuple libyen aura élu les dirigeants qu’il souhaite", a encore dit ce responsable du CNT, l’organe politique de la rébellion libyenne.
Pour M. Gamaty, "le processus de transition a débuté", même si des combats se poursuivent entre les rebelles et des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en fuite. "Dans la mesure où Tripoli est stabilisé et sûr - ce qui est quasiment le cas maintenant - et que la plupart des autres villes du pays le sont aussi, les Libyens peuvent entamer le processus de transition", a estimé M. Gamaty.
Le colonel Kadhafi "se cache, il est isolé", a-t-il affirmé, ajoutant qu’il s’agit "seulement d’une question de temps avant qu’il ne soit arrêté, à moins qu’il ne soit tué s’il résiste".

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15 milliards de dollars contre la promesse de la démocratie

L’ONU et les grandes puissance ont tracé jeudi à Paris une feuille de route aux nouvelles autorités de Tripoli, débloquant immédiatement 15 milliards de dollars contre la promesse de la démocratie, de la stabilité et de la réconciliation.
Dans le même temps, les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Otan ont annoncé que les opérations militaires internationales se poursuivraient tant que Mouammar Kadhafi demeurerait une menace. Dans un message diffusé par une télévision syrienne, l’ex-homme fort de la Libye a exclu jeudi toute reddition et appelé ses partisans à la résistance.
"Une quinzaine de milliards de dollars sont immédiatement dégelés", a déclaré le président français Nicolas Sarkzoy à la presse, à l’issue d’une conférence des amis de la Libye organisée à Paris.
"L’argent détourné par M. Kadhafi et ses proches doit revenir aux Libyens. Nous nous sommes tous engagés à débloquer l’argent de la Libye d’hier pour financer le développement de la Libye aujourd’hui", a-t-il ajouté à propos d’un pactole estimé à plus de 50 milliards de dollars.
A ce jour, des enveloppes de 1,5 milliard de dollars ou d’euros chacune ont été libérées des comptes américains, britanniques et français, et plusieurs pays ont annoncé leur intention de "dégeler" des fonds libyens.
Quarante-deux ans, jour pour jour, après la prise du pouvoir par Mouammar Kadhafi, et six mois après le sommet de Paris qui a lancé l’intervention militaire internationale contre le "guide" libyen, une soixantaine de pays et organisations s’étaient retrouvés jeudi en fin d’après-midi pour ce sommet de deux heures.
Mais l’aide financière et le soutien politique ont une contrepartie. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a demandé aux dirigeants de la "Libye nouvelle" de "combattre l’extrémisme", alors que des doutes sont apparus sur certains dirigeants rebelles, jugés proche des islamistes ou d’Al-Qaïda.
"Les nouvelles autorités libyennes vont devoir continuer à lutter contre l’extrémisme violent et travailler avec nous pour s’assurer que les stocks d’armes de Kadhafi ne deviennent pas une menace pour les voisins de la Libye et le monde", a-t-elle demandé lors de cette conférence des "amis de la Libye".
"J’ai un message pour le peuple libyen : nous avons parié sur vous et la communauté internationale a parié sur vous. Tout est entre vos mains pour réaliser ce que nous avons promis : la stabilité, la paix et la réconciliation", a répondu un peu plus tard devant la presse le président du Conseil national de transition (CNT, rébellion libyenne), Moustapha Abdeljalil.
"L’islam encourage au pardon. Il encourage à la réconciliation", a-t-il ajouté. "L’Etat de droit doit être respecté", a-t-il encore affirmé.
"Les participants vont demander au CNT d’engager un processus de réconciliation et de pardon pour que les erreurs faites dans d’autres pays dans le passé nous servent de lumière", a abondé Nicolas Sarkozy.
Sur le terrain, les rebelles confortaient leurs positions en attendant de s’attaquer à Syrte, dernière grande ville tenue par les fidèles de Mouammar Kadhafi, qui reste introuvable. Ils ont prolongé d’une semaine leur ultimatum et leur ont laissé jusqu’au 10 septembre pour se rendre.
Mais l’ex-homme fort de Libye a appelé ses partisans à "poursuivre la résistance". "Nous ne nous rendrons pas (...). Nous allons poursuivre le combat", a-t-il lancé.
Cherchant à favoriser le plus large consensus autour du CNT, l’instance dirigeante de la rébellion libyenne, Nicolas Sarkozy avait convié à Paris, avec le Premier ministre britannique David Cameron, les soutiens des rebelles comme les anciens alliés de Mouammar Kadhafi.
Tous ont pris acte de la chute du régime de Kadhafi, mais certains, hostiles à l’intervention militaire, rechignaient jusqu’alors à entériner la victoire du CNT. Le sommet de Paris a précipité les choses.
La Russie a reconnu jeudi matin le CNT comme "autorité au pouvoir".
Pékin, qui s’était comme Moscou abstenu lors du vote au Conseil de sécurité de la résolution 1973 qui a permis l’intervention internationale en mars, a dit attacher "de l’importance à la position et au rôle considérable du CNT pour résoudre la crise".Et le voisin algérien, qui a accueilli sur son sol des enfants et l’épouse de Mouammar Kadhafi, a promis une reconnaissance du CNT dès qu’il aura formé "un nouveau gouvernement représentatif de toutes les régions du pays".
Etaient présents des membres de la coalition, comme l’Italien Silvio Berlusconi et l’Américaine Hillary Clinton. Mais aussi les patrons de la Ligue arabe Nabil al-Arabi et de l’ONU Ban Ki-moon, ainsi que l’Allemande Angela Merkel et des représentants chinois, russe ou algérien. Seule l’Afrique du Sud boude la conférence.
Mais outre les mises en garde, américaines notamment, l’ONU veut avoir un droit de regard sur la transition en cours en Libye et Ban Ki-moon s’est prononcé pour l’envoi rapide d’une mission dans le pays.
"J’ai l’intention de travailler étroitement avec le Conseil de sécurité pour mandater une mission de l’ONU, qui devra débuter ses opérations dans un délai le plus court possible", a-t-il dit.
L’heure est désormais à la reconstruction, mais aussi au partage du gâteau pétrolier libyen, dont les pays moteurs de la coalition espèrent une large part.
Dès jeudi, l’Union européenne a levé ses sanctions à l’encontre de 28 "entités économiques" libyennes —des ports ainsi que des sociétés du secteur énergétique et bancaire— pour aider au redémarrage de l’économie.

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Kadhafi veut lancer une guérilla

Mouammar Kadhafi a affirmé vouloir lancer "une guérilla" pour combattre les rebelles, excluant totalement de se rendre, dans deux messages sonores diffusés en l’espace de quelques heures jeudi par la chaîne de télévision Arrai.
"Préparez-vous à une guerre de gangs et de guérilla, à la guerre urbaine, et à une résistance populaire dans chaque ville (...) pour vaincre l’ennemi partout", a-t-il dit dans un message diffusé en soirée et où sa voix semblait calme et posée par rapport à ses discours habituellement enflammés.
"L’objectif est de tuer l’ennemi là où il se trouve, qu’il soit libyen ou étranger", a ajouté Mouammar Kadhafi, qui persiste dans son attitude de défi alors qu’il est traqué par les rebelles depuis la chute de son QG à Bab al-Aziziya à Tripoli le 23 août.
Ces deux enregistrements surviennent à la date anniversaire du coup d’Etat qui a porté M. Kadhafi au pouvoir le 1er septembre 1969 et le jour d’une réunion à Paris de l’ONU et des grandes puissances qui ont tracé une feuille de route à la rébellion, débloquant immédiatement 15 milliards de dollars contre la promesse de la démocratie et de la réconciliation.
Dans le même temps, Paris, Londres et l’Otan ont dit que les opérations militaires internationales se poursuivraient tant que Mouammar Kadhafi demeurerait une menace.
"J’appelle les Libyens, hommes et femmes, à se préparer à la résistance, à une longue guerre qui nous a été imposée", a lancé Mouammar Kadhafi. Il a accusé les pays participant aux opérations de l’Otan de "vouloir coloniser la Libye et mettre la main sur ses ressources pétrolières et hydrauliques".
"Le colonialisme veut que les Libyens s’entretuent, veut la soumission des Libyens, mais nous ne nous soumettrons jamais, nous préférons mourir", a-t-il poursuivi.
"Nous ne permettrons jamais que nos puits et nos ports soient sous leur contrôle, et notre résistance va s’amplifier", a-t-il dit, en affirmant que les "tribus qui sont toutes armées vont combattre à nos côtés".
"Aucune région n’acceptera d’être soumise à vos avions", a encore dit M. Kadhafi en allusion à l’Otan qui a aidé la rébellion dans le conflit, en lançant des frappes aériennes sur les positions des forces fidèles au régime.
"La lutte continue, nous sommes prêts à une guerre longue, longue, longue jusqu’à ce que nous vous vainquions", a-t-il lancé. "Ne vous attendez pas à ce que l’on quitte notre terre (...) et sans aucun doute nous sortirons vainqueurs de cette guerre, de cet acte diabolique".
Dans un message diffusé dans l’après-midi par la même télévision basée à Damas, M. Kadhafi a affirmé qu’il ne se rendrait pas. "Nous ne nous rendrons pas. Nous ne sommes pas des femmes et nous allons poursuivre le combat. S’ils veulent une longue bataille, qu’elle soit longue. Si la Libye brûle (...) Qu’elle brûle".
Il a affirmé que les rebelles ne pourraient pas prendre le contrôle des derniers de ses bastions. "Qui peut soumettre Bani Walid (sud), Syrte (est) ou Tarhouna ? Ces villes abritent des tribus armées et personne ne peut gouverner la Libye sans leur consentement".
Il s’agit du sixième message sonore de l’ex-dirigeant libyen depuis l’assaut donné le 20 août par les rebelles à la capitale Tripoli qu’ils contrôlent.
A Tripoli, Ahmed Darrat, en charge de l’Intérieur dans l’exécutif du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion, a estimé que le discours de Kadhafi est "désespéré et misérable".
Le 24 août, les rebelles ont annoncé une récompense de près de 1,7 million de dollars pour la tête de Mouammar Kadhafi, mort ou vif.
Jeudi, le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoga, a déclaré qu’il pourrait se trouver à Bani Walid, au sud-est de Tripoli. Les rebelles ont également cité Syrte, région d’origine du colonel libyen toujours aux mains des pro-Kadhafi, parmi les possibles refuges de l’ex-leader.
Le 1er septembre 1969, le "Mouvement des officiers unionistes libres", dirigé par Mouammar Kadhafi, avait déposé le roi Idriss et installé un Conseil de commandement de la Révolution.

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L’Union africaine satisfaite des annonces de Paris

L’Union africaine juge encourageantes les promesses faites jeudi à Paris par le Conseil national de transition (CNT) libyen et va discuter de sa reconnaissance officielle, a dit un haut responsable. "Nous avons été rassurés aujourd’hui par les engagements de M. Jibril [Premier ministre du CNT, NDLR] quant à la protection des travailleurs africains, la réconciliation et la création d’un gouvernement d’unité nationale", a dit Noureddine Mezni, porte-parole de Jean Ping, président de la commission de l’Union africaine.
Les dirigeants du CNT, Mustapha Abdel Jalil et Mahmoud Jibril, se sont engagés à mener une politique de réconciliation et à faire respecter l’État de droit. "Il y avait des inquiétudes parmi les États membres au sujet des travailleurs africains en Libye et de la création d’un gouvernement d’unité [...]. Nous allons maintenant rapporter à nos membres ce qui a été dit aujourd’hui", a-t-il dit, jeudi, à l’issue de la conférence de Paris.
Des dizaines de milliers de travailleurs étrangers ont fui la Libye depuis le début de la révolte contre Muammar Kadhafi il y a six mois. Mais nombre de travailleurs immigrés sont restés coincés dans les villes en état de siège, dans des conditions sanitaires dramatiques. Plusieurs pays d’Afrique n’ont pas encore reconnu le conseil intérimaire au pouvoir en Libye, parmi lesquels l’Afrique du Sud qui a boycotté la conférence de jeudi.

(Vendredi, 02 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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