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Gaza : le rapport qui envenime la situation au Proche-Orient

vendredi 2 septembre 2011, par La Rédaction

Accès au rapport (En anglais)
www.aloufok.net/Rapportturquie.pdf

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Le rapport des Nations unies sur le raid israélien contre une flottille à destination de Gaza en 2010 juge légal le blocus de l’enclave palestinienne, mais condamne l’assaut israélien. La commission d’enquête estime que la force utilisée par l’armée israélienne lors de l’abordage du Mavi Marmara était "excessive et déraisonnable". L’armée israélienne s’est heurtée à une "résistance organisée et violente de la part d’un groupe de passagers", relève par ailleurs la commission d’enquête dans ses conclusions. Le rapport a été rendu public jeudi par le New York Times à la veille de sa remise au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.
La force du rapport est considérablement amoindrie par le fait que les membres turc et israélien de la commission, composée de quatre hommes, se sont dissociés des conclusions du rapport. Neuf militants turcs pro-palestiniens ont été tués le 31 mai 2010 lors de l’abordage par des commandos de Tsahal du Mavi Marmara dans les eaux internationales au large d’Israël. Cette attaque avait suscité l’indignation de la communauté internationale et jeté un froid entre la Turquie et l’État hébreu. La publication du rapport de la commission d’enquête, présidée par l’ancien Premier ministre néo-zélandais, Jeffrey Palmer, a été reportée à plusieurs reprises pour permettre un rapprochement entre les deux pays.
Mais les deux parties ne sont pas parvenues à dégager un consensus sur le récit des événements, ni à se mettre d’accord sur les conclusions du rapport. Le rapport n’est donc pas un "document qui fait consensus", a dit un responsable des Nations unies. La représentation turque à l’ONU n’a pas réagi dans l’immédiat. Israël, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou a exprimé ses regrets après l’attaque, a refusé de commenter officiellement le rapport avant sa publication vendredi. "L’essentiel, c’est que les actions israéliennes étaient légales. Le rapport dit que le blocus naval est légal et conforme au droit international", a réagi pour sa part un haut responsable israélien qui a requis l’anonymat.
Israël impose un blocus partiel à la bande de Gaza contrôlée depuis juin 2007 par le mouvement islamiste du Hamas. Dans le rapport, le blocus de la bande de Gaza est décrit comme "une mesure de sécurité légitime pour empêcher des armes d’entrer à Gaza par la mer et sa mise en oeuvre est conforme au droit international". La flottille "a agi imprudemment", et de "graves questions [se posent] à propos de l’attitude, de l’identité véritable et des objectifs" des organisateurs, peut-on lire. Pour autant, "la décision d’Israël d’embarquer à bord des bateaux avec une telle force, si loin de la zone du blocus et sans avertissement final juste avant l’assaut était excessive et déraisonnable". Dans une annexe, l’Israélien Joseph Ciechanover dit son désaccord avec ce jugement, expliquant que les soldats israéliens ont agi en état de légitime défense. Le Turc Ozdem Sanberk discute, lui, la légalité du blocus et conteste que la flottille ait mal agi.
L’État d’Israël a annoncé qu’il allait accepter le rapport de l’ONU sur son raid meurtrier contre la flottille internationale pour Gaza en 2010 avec des "réserves ponctuelles", a déclaré, vendredi, un haut responsable en soulignant que le rapport reconnaissait la légalité du blocus naval de Gaza, selon le texte intégral publié jeudi par le New York Times. "Le rapport démontre que le blocus maritime et sa mise en oeuvre sont conformes au droit international", s’est-il félicité. Ce n’est pas le cas de la Turquie qui a indiqué que le rapport des Nations unies était "nul et non avenu", a estimé, vendredi, le président turc Abdullah Gül.
En outre, la Turquie a décidé de mesures fortes à l’encontre de l’État hébreu en expulsant l’ambassadeur d’Israël à Ankara et en annonçant la suspension de tous ses accords militaires avec ce pays, a fait savoir, vendredi, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu. La Turquie avait déclaré au début du mois de septembre qu’elle mettrait en oeuvre son "plan B" de sanctions contre Israël si ce pays s’obstinait à ne pas s’excuser à la suite du raid israélien contre une flottille pour Gaza qui avait coûté la vie à neuf Turcs en 2010. En réponse, l’État hébreu a réaffirmé, vendredi, son refus de présenter des excuses à la Turquie après la présentation du rapport de l’ONU, selon des sources diplomatiques à Jérusalem.
"Israël exprime de nouveau ses regrets pour les pertes en vies humaines, mais ne s’excuse pas pour cette opération. Israël, comme tout autre pays, a le droit légitime de se défendre", a-t-on affirmé de mêmes sources. Les mesures de rétorsion turques ont provoqué la satisfaction du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza. "Le Hamas se réjouit de la décision [de la Turquie] d’expulser l’ambassadeur israélien et considère qu’il s’agit d’une réponse qui va de soi au crime israélien" contre une flottille internationale qui tentait de briser le blocus de l’enclave palestinienne, a déclaré un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

(Vendredi, 02 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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