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Les Africains, les mal-aimés de la révolution libyenne

vendredi 9 septembre 2011, par La Rédaction

"On ne veut plus des Africains et de l’Union africaine, cette supercherie de Mouammar Kadhafi", crient des fidèles après la prière du vendredi sur la grande Place des martyrs à Tripoli.
Le ressentiment contre les Africains n’a jamais été aussi fort en Libye que depuis le début de la révolte en février contre l’ancien maître absolu du pays, qui avait fait du rapprochement avec l’Afrique l’un des piliers de sa politique étrangère ces dernières années.
Pour le commun des Libyens, les Africains sub-sahariens ont participé de manière significative à la défense du régime déchu, qui a recruté parmi eux nombre de mercenaires.
"Les Africains ont commis 40% des tueries dont ont souffert les Libyens depuis la révolution du 17 février, et avant cela ils vivaient sur le dos du peuple libyen", affirme Faten Mohammed el-Annabi, une étudiante de 21 ans.
"J’ai un seul voeu : qu’ils disparaissent à jamais de notre pays parce qu’ils ont été achetés pour tuer et chasser les Libyens", ajoute-t-elle.
Mouammar Kadhafi, se disant "déçu" des Arabes qui n’entendaient pas ses appels à l’unité, s’était tourné vers l’Afrique, poussant à la création de l’Union africaine. Il avait multiplié les tournées et les investissements en Afrique, allant jusqu’à s’autoproclamer "roi des rois d’Afrique".
Les Libyens, qui comptent une minorité de Noirs, ont eu au début de la décennie une réaction viscérale à cette politique africaine, en pourchassant et parfois même en tuant des Africains venus travailler en nombre dans le pays.
Ils accusaient cette population de tous les maux : propagation du sida, insécurité, vol du travail des Libyens...
Depuis le début de la révolte mi-février, tout Noir était vu comme comme un "mercenaire en puissance", ont expliqué à l’AFP des combattants de Zenten, dans les montagnes au sud-ouest de Tripoli, qui disaient les contrôler à deux fois sur les barrages.
Ouvriers travaillant sur place depuis des années ou candidats à l’émigration en Europe coincés par les combats ou la désorganisation de la filière clandestine qui organisait leurs équipées maritimes, des milliers d’Africains se sont retrouvés bloqués en Libye.
Au printemps, des milliers d’entre eux ont dû patienter des semaines, parfois sous les bombes, sur le port de Misrata, ville alors tenue par les rebelles mais assiégée par les pro-Kadhafi à 200 km à l’est de Tripoli, avant d’être évacués par bateau par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Aujourd’hui, un millier de Nigérians, Ghanéens, Maliens, Gambiens, Somaliens ou Soudanais s’entassent à leur tour dans le petit port de Sidi Bilal, sur une base militaire abandonnée près de Tripoli, dans des conditions "épouvantables", selon Médecins sans frontières (MSF).
Et selon l’OIM, environ 1.200 immigrés, en majorité des Tchadiens, sont bloqués à Sebha (sud), "terrifiés à l’idée d’être pris au piège des combats entre forces loyales à Kadhafi et les troupes rebelles".
Fin août, Amnesty International s’était alarmée de la situation des Noirs : "Les personnes soupçonnées d’avoir combattu pour le colonel Mouammar Kadhafi, en particulier les Libyens noirs et les Africains sub-sahariens, sont en situation de grand risque, (menacées) de mauvais traitements par les forces anti-Kadhafi".
Le N.2 des nouvelles autorités libyennes, Mahmoud Jibril, a rappelé jeudi devant la presse que le devoir des Libyens était de "protéger les travailleurs étrangers". Mais ces propos sonnent comme un prêche dans le désert dans un pays qui montre des signes d’intolérance particulièrement forts.

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De violents affrontements près de Bani Walid

De violents affrontements se déroulaient vendredi après-midi tout près de Bani Walid, l’un des derniers bastions fidèles à l’ancien dirigeant Muammar Kadhafi, au sud-est de Tripoli, a annoncé un commandant des forces du nouveau régime revenant du front. "Des combats acharnés entre nos forces et les pro-Kadhafi se déroulent dans des secteurs tout proches de Bani Walid", a déclaré le commandant Abdallah al-Khzami, à quelques heures de l’expiration, samedi, d’un ultimatum lancé par le nouveau pouvoir aux pro-Kadhafi pour qu’ils déposent les armes.
L’Otan a détruit plus tôt dans la journée deux missiles Scud entreposés dans un hangar situé à proximité de Bani Walid, a annoncé l’Alliance atlantique. La présence de ces missiles balistiques à courte portée a été révélée par les services de renseignements de l’Otan "au cours des dernières 24 heures", a expliqué le colonel canadien Roland Lavoie, porte-parole de l’opération. "À environ 6 heures locales, un avion de l’Otan a pris pour cible l’entrepôt où étaient dissimulés les missiles. Le tir a réussi et les missiles ont été détruits", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Les missiles de type Scud de l’arsenal de Kadhafi "sont des armes très imprécises qui ne sont pas destinées à viser une cible spécifique", présentant ainsi "une menace sérieuse contre les civils en Libye", selon le porte-parole. Les forces de l’Otan ont effectué plus de 22 000 sorties aériennes, dont 8 250 offensives, depuis le 31 mars, début de leur participation au conflit libyen.

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Tony Blair ne regrette pas la main tendue à Kadhafi en 2004

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair ne regrette pas d’avoir tendu la main en 2004 à Mouammar Kadhafi, alors isolé sur la scène internationale.
Deux semaines après l’entrée des forces du nouveau pouvoir libyen à Tripoli, Tony Blair, hôte du 10 Downing Street de 1997 à 2007, revient dans une interview à Reuters sur ses relations avec l’ancien "Guide de la révolution" au début des années 2000.
Prié de dire s’il regrettait d’avoir mis un terme à des années d’hostilité britannique à l’égard de Kadhafi, Tony Blair, désormais envoyé spécial du Quartet sur le Proche-Orient, a répondu : "Non. Je dis toujours que c’est très simple. La politique extérieure de la Libye n’est plus la même".
En se rendant à Tripoli en mars 2004, Tony Blair avait scellé d’une poignée de main historique avec Mouammar Kadhafi le retour sur la scène internationale du régime paria.
La décision de mettre fin à la mise au ban du colonel libyen avait été prise par Londres après l’annonce par Tripoli de l’abandon des programmes d’armements non-conventionnels.
Dans un geste de bonne volonté, la Libye avait par la suite accepté de verser des dédommagements pour l’attentat à la bombe à bord d’un Boeing de la Pan Am, qui a fait 270 morts le 21 décembre 1988 au-dessus de Lockerbie, en Écosse.
"Le problème c’est qu’à la fin les responsables libyens n’étaient pas préparés à procéder à une réforme interne (...) Ils constituaient moins une menace pour le monde extérieur mais en représentaient une pour leur propre peuple, et là lorsque le soulèvement s’est produit, il y avait un choix à faire", a expliqué Tony Blair.
"Je me souviens avoir parlé au colonel Kadhafi au début du soulèvement populaire et lui dire que c’était le moment de se rendre compte qu’il fallait partir", a-t-il ajouté.
Selon son plus proche collaborateur, Tony Blair a appelé Mouammar Kadhafi en février pour l’exhorter à quitter le pouvoir mais le dirigeant libyen est resté sourd à ses appels.
Des documents découverts dans le bureau abandonné de l’ex-chef du renseignement libyen montrent que les services secrets américains et britanniques ont pris une part active à la répression de la dissidence, avant le soulèvement de février, a rapporté Human Rights Watch (HRW).
Tony Blair était retourné en Libye en 2007. On l’avait vu tout sourire aux côtés de Kadhafi avant de s’entretenir avec lui dans un tente dressée dans le désert près de sa ville natale, Syrte. Lors de cette visite, la compagnie pétrolière britannique BP avait signé un contrat d’exploration de gaz naturel.
Tout au long des 42 années de règne sans partage de Mouammar Kadhafi, Londres et Tripoli ont entretenu des relations tendues émaillées d’incidents.
En 1984, une policière britannique avait été tuée à Londres d’une balle tirée de l’ambassade de Libye lors d’une manifestation hostile à Kadhafi.
En 2009, deux ans après le départ du pouvoir de Blair, Abdel Basset al Megrahi, l’agent libyen condamné par la justice écossaise dans l’affaire de Lockerbie, bénéficiait d’une mesure de libération anticipée pour des raisons de santé.
Fin août, la chaîne de télévision américaine CNN a rapporté que Megrahi avait été retrouvé à Tripoli. Le Conseil national de transition (CNT), formé par les anciens rebelles libyens, a annoncé qu’il n’extraderait pas l’ancien agent secret.

(Vendredi, 09 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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