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Irak : 22 pèlerins chiites tués sur le chemin de la Syrie

mardi 13 septembre 2011, par La Rédaction

Des insurgés ont assassiné 22 chiites qui se rendaient en pèlerinage d’Irak en Syrie après les avoir séparés des femmes et des enfants, a affirmé mardi un haut responsable de la ville sainte irakienne de Kerbala, d’où la plupart des victimes étaient originaires.
"Lundi soir, des hommes armés, vêtus d’habits militaires et d’uniformes de police, ont dressé un barrage, fait descendre les hommes avant de les abattre et de s’enfuir. Tous les corps se trouvent aujourd’hui à la morgue de Kerbala", a déclaré ce haut responsable.
"Seize sont originaires de Kerbala, 4 de Bassora, un de Nassiriya et un corps non identifié", a affirmé le porte-parole du département de la Santé de la province de Kerbala Jamal Mehdi.
Selon la compagnie de bus Helou, il s’agit du chauffeur syrien Yasser Zein al-Abdine. Les funérailles doivent avoir lieu mardi après-midi, selon le conseil provincial.
Chaque après-midi, un bus quitte Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad, avec des pèlerins chiites pour se rendre en Syrie. Il traverse une zone désertique dans la province sunnite d’Al-Anbar avant de gagner la frontière irako-syrienne.
L’embuscade a eu lieu à Noukhaïb, à 200 km à l’ouest de Kerbala, sur une route secondaire menant à la frontière.
"Il était 21H00 (18H00 GMT) environ lorsque nous avons été arrêtés à un point de contrôle. Des hommes en uniforme de l’armée sont montés dans le bus et nous ont affirmé qu’ils avaient été attaqués et nous ont demandé de leur remettre nos téléphones portables, ce que nous avons fait", a affirmé Oum Thaër, une des survivantes, à la morgue de Kerbala.
"Ils ont ensuite demandé, toujours très poliment, aux hommes de descendre pour une fouille, et ils ont obtempéré. Puis nous avons entendu des tirs et quelques femmes qui étaient descendues du bus ont commencé à hurler en voyant les corps ensanglantés", a ajouté cette femme qui a perdu son mari.
A ce moment, deux camions sont arrivés à vive allure et ne se sont pas arrêtés au barrage. "Les terroristes ont compris qu’ils allaient prévenir les services de sécurité et se sont enfuis. Quelque temps après, l’armée et la police sont arrivées", a-t-elle dit.
La province sunnite d’Al-Anbar, dans l’ouest du pays, a été un fief d’Al-Qaïda après l’arrivée des troupes américaines en 2003. De nombreux Irakiens et étrangers qui empruntaient la route pour rejoindre la Jordanie ou la Syrie y ont été tués.
Depuis 2007, les milices tribales ont réussi à frapper durement les insurgés dans la région, sans toutefois les éliminer totalement.

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L’Irak est riche en pétrole mais manque cruellement de logements

Bassem Oudeh partage avec huit membres de sa famille depuis des années deux pièces exiguës dans un ancien bâtiment gouvernemental décrépit au coeur de Bagdad, faute d’un appartement décent.
Ces conditions de vie misérables dans d’anciens bureaux du ministère de la Défense de l’époque de Saddam Hussein dans le quartier de Masbah ne sont pas propres à cette famille. L’Irak manque cruellement de logements.
Chauffeur de taxi de 43 ans, Bassem dit avoir été contraint d’abandonner en 2004 le quartier pauvre de Sadr City après que sa maison fut détruite durant les combats entre l’armée américaine et les miliciens de Moqtada Sadr.
En 2005, il a payé 1.400 dollars à un intermédiaire pour occuper une pièce qu’il a transformée en deux chambres à coucher grâce à une cloison de fortune. Il vit dans cet "appartement" doté d’une cuisinette avec sa femme, ses trois filles et son fils, son frère et ses parents âgés.
La famille dort sur des matelas qu’elle empile dans la journée et pour s’évader de la promiscuité du lieu, un poster représentant un paysage de montagnes enneigées est collé sur un mur.
"Je me réveille le matin avec une douleur dans le cou car je n’ai pas assez de place pour dormir", confie Bassem qui se plaint aussi de l’absence d’intimité avec sa femme.
"Je voudrais que mes enfants puissent étudier et bénéficier d’un meilleur avenir ? Quel est leur avenir s’ils restent ici ? Je n’ai qu’une requête à faire à l’Etat : trouvez moi une place pour vivre", explique-t-il.
Le problème n’est pas seulement la surpopulation : les occupants doivent acheter l’électricité à des générateurs collectifs et possèdent des petites pompes qui leur fournissent un peu d’eau. A l’intérieur, la peinture s’écaille, et ils doivent payer régulièrement pour vider les égouts qui dégagent une odeur putride.
Pour Dyfed Aubrey, expert auprès du Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-Habitat), "l’accroissement de la population, le surpeuplement, l’urbanisation et le problème des personnes déplacées contribuent à la dégradation des conditions d’habitation".
"57% de la population urbaine vivent dans des conditions qui s’apparentent à des bidonvilles et 37% des logements sont surpeuplés. L’infrastructure actuelle ne peut pas répondre à la demande croissante", dit-il dans un courriel à l’AFP.
L’habitat est la première des priorités en matière d’investissements étrangers, assure le président de la Commission des investissements Sami al-Araji. Mais "les projets prendront des années avant d’être terminés".
Si, selon Dyfed Aubrey, l’Irak a besoin de deux millions de logements en 2016, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’en construire un million.
Mais sans une aide financière importante du gouvernement, ces nouveaux appartements seront hors de portée pour des gens aussi pauvres que ceux qui vivent dans ce bâtiment de Masbah.
Sergent à la retraite, Abdel Sadeh Jaber, 60 ans, habite dans une seule pièce avec ses deux femmes, son fils et sa fille.
"Après la chute du régime (en 2003), ce bâtiment du ministère de la Défense était vide. Je m’y suis installé", explique-t-il.
"Ma pension mensuelle est de 250.000 dinars (213 dollars). Outre l’exiguïté, nous souffrons du manque d’eau potable, d’électricité et de l’évacuation des eaux usées", confie l’ex-militaire.
Khaled Kouzi Chiaa, 47 ans, qui vit dans une chambre avec sa femme et ses deux fils, assure ne pas avoir les moyens d’habiter ailleurs.
"Je suis ouvrier du bâtiment et mes revenus ne me permettent pas de louer une maison", dit-il. La pièce où il vit est encombrée d’un canapé bleu et de plusieurs armoires.
"C’est vraiment dur. Je n’ai même pas la place pour inviter un ami. Mon rêve est d’avoir un chez-moi pour vivre avec ma famille", confie-t-il.
Comme chez Oudeh, il a collé un poster représentant son rêve : un jardin avec une fontaine et une tonnelle fleurie.

(Mardi, 13 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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"Saga d'été"
 
Ce recueil, de cinquante quatre pages, regroupe tous les textes et photos publiés sur "Al-Oufok", site du -Mouvement démocratique arabe-, dans le cadre de sa rubrique estivale (juillet, août 2011) intitulée "Cartes postales...", sous la signature d’Al Faraby.
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