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Libye : Sarkozy attendu à Tripoli avec Cameron, Juppé et BHL

jeudi 15 septembre 2011, par La Rédaction

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron prévoient de se rendre jeudi en Libye, alors que le colonel Muammar Kadhafi, toujours combatif, a diffusé un nouveau message mercredi soir. Le président français devait être accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et de l’essayiste Bernard-Henri Lévy, défenseur de la première heure des rebelles libyens. Pour cette visite, évoquée par plusieurs médias français, 160 policiers français ont été envoyés à Tripoli pour une mission de "sécurisation en vue d’un déplacement sur place" de Nicolas Sarkozy, ont indiqué des sources policières.
Interrogé sur la venue du président français, Moustafa Abdeljalil, chef du Conseil national de transition libyen (CNT), a répondu "si Dieu le veut", ajoutant : "Nous disons aux leaders qui viennent demain (jeudi) qu’ils seront en sécurité." Toutefois, il n’a pas prononcé le nom du Premier ministre britannique David Cameron.
Deux vols distincts étaient prévus au départ de France mercredi en fin d’après-midi, avec retour vendredi, et une mission équivalente de ces policiers à Benghazi (est) n’était pas non plus exclue par les sources policières. Sur le terrain, les offensives annoncées depuis plusieurs jours n’ont pas encore eu lieu sur les bastions pro-Kadhafi de Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli), Syrte (360 km à l’est de Tripoli) et Sebha (centre), qui ont montré leur capacité à résister et même à contre-attaquer. Moustafa Abdeljalil a exigé mercredi, en rencontrant à Tripoli des dignitaires de Bani Walid, que les pro-Kadhafi présents dans la ville remettent leurs armes lourdes aux nouvelles autorités libyennes, a indiqué un porte-parole du CNT. Les avions de l’Otan ont cependant poursuivi leurs frappes mardi, essentiellement autour de Syrte et de Waddan, dans l’oasis de Djofra, selon l’Alliance.
En fuite depuis la chute de son QG à Tripoli, le 23 août, après avoir régné 41 ans sur le riche pays pétrolier, le colonel Kadhafi a dénoncé mercredi soir l’Otan, l’accusant de "terrorisme" et de "destructions", selon la chaîne Arraï, basée en Syrie, qui diffuse régulièrement ses messages. "Si Syrte a été isolée du monde pour que ces atrocités puissent être commises contre elle, le monde a l’obligation de ne pas la laisser isolée, a-t-il déclaré. Le terrorisme et la destruction pratiqués par l’Alliance atlantique dans la région de Syrte sont indescriptibles."
Au sein de l’Otan, le porte-parole de l’opération Protecteur unifié a dit ne pas disposer d’informations sur le sort de Muammar Kadhafi, visé par un mandat d’arrêt international émis par la CPI et un avis de recherche international après la diffusion d’une "notice rouge" par Interpol. Seif al-Islam, le fils Kadhafi le plus en vue, reste aussi introuvable, alors que le clan de l’ancien homme fort se disloque : ses fils Hannibal et Mohamed sont réfugiés en Algérie avec leur soeur Aïcha et l’épouse de l’ancien "guide" Safiya, tandis que Seif al-Arab et Khamis seraient morts. Selon une source gouvernementale nigérienne, un autre fils, Saadi Kadhafi (38 ans), entré dans le nord du Niger dimanche, est arrivé mardi à Niamey, où il serait "sous bonne garde" des forces de sécurité nigériennes.
Le Niger, qui a reconnu l’autorité du CNT, a accueilli 32 proches du colonel Kadhafi pour des raisons "humanitaires" et a promis de respecter ses engagements auprès de la justice internationale s’il y avait parmi eux des personnes recherchées. De son côté, l’association Défense-Étrangers en Libye, créée par des Maliens et des Nigériens après le début, en février, de la rébellion libyenne, a annoncé qu’environ 300 personnes, surtout des Touareg maliens et nigériens, étaient détenues et "torturées" par les autorités de transition.
Sur le plan politique, un leader islamiste libyen, cheikh Ali Sallabi, a vivement attaqué le numéro deux des nouvelles autorités, Mahmoud Jibril. "Les prémisses d’un État totalitaire sont palpables par l’action de Mahmoud Jibril qui cherche à donner à ses proches les moyens de contrôler l’État", a déclaré ce chef islamiste, soutenu par le Qatar, qui a joué un rôle important dans le financement et l’armement des combattants anti-Kadhafi. Contacté par téléphone au Qatar, cheikh Sallabi a accusé Mahmoud Jibril de "voler la révolution".
Sur le plan diplomatique, le sous-secrétaire d’État américain pour le Proche-Orient Jeffrey Feltman a affirmé à Tripoli que son pays "respect(ait) la souveraineté de la Libye", à l’issue d’entretiens avec Abdeljalil et Jibril. Il est le plus haut responsable américain à visiter Tripoli depuis la chute de la capitale. Moscou a, pour sa part, estimé que la menace terroriste se renforçait en Libye avec la chute de Kadhafi et, selon des responsables américains de la Défense, al-Qaida cherche à s’y implanter sur la durée, profitant du chaos engendré par la chute de Kadhafi pour établir ses réseaux. De son côté, le gouvernement norvégien a annoncé avoir été autorisé par le comité de sanctions de l’ONU à débloquer au profit du CNT 370 millions de dollars d’avoirs libyens gelés depuis mars en Norvège.

(Jeudi, 15 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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