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Libye : Nouveau revers des forces du CNT à Bani Walid

dimanche 18 septembre 2011, par La Rédaction

Les forces du conseil intérimaire au pouvoir en Libye se sont repliées dans le plus grand désordre dimanche après un nouvel assaut avorté contre le bastion kadhafiste de Bani Walid, où elles se sont heurtées à une vive résistance.

Les troupes du Conseil national de transition (CNT) ont également lancé de nouvelles attaques sur Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi et l’une des dernières poches de résistance loyalistes avec l’oasis de Sabha.

Depuis plusieurs jours, les combattants du CNT s’efforcent de prendre Bani Walid, à 150 km au sud-est de Tripoli, puis se retirent sous le feu des défenseurs de la ville.

Après l’offensive ratée de dimanche, les récriminations se sont multipliées dans les rangs des anciens rebelles face au manque d’organisation et aux errements tactiques du commandement.

"Les fantassins courent en tous sens", a déclaré Zakaria Touham, membre d’une unité basée à Tripoli. "Nos chefs nous ont dit que des unités d’artillerie lourde étaient déjà devant, mais quand nous avons progressé vers Bani Walid, nous n’avons vu personne."

"Les forces de Kadhafi nous frappaient durement à coups de roquettes et de mortiers, alors nous nous sommes repliés."

Un journaliste de Reuters a vu les combattants reculer de deux kilomètres après avoir pénétré dans la localité.

Les anti-kadhafistes de Bani Walid accusent leurs camarades venus d’autres villes du pays de refuser toute coordination. Ceux-ci répliquent que certains combattants locaux sont des traîtres et transmettent des informations aux loyalistes.

"Les commandants de la tribu Warfalla nous disent une chose puis les commandants des autres villes nous disent autre chose. On ne comprend rien", déplore un combattant, Mohamed Saleh.

"Alors, on entre puis on se retire sans aucune raison. C’est impossible de prendre la ville de cette façon. Cela continuera jusqu’à ce qu’ils envoient des troupes plus expérimentées qui savent se servir de leurs armes."

Certains combattants ont choisi de désobéir ouvertement aux ordres.

Un officier de Bani Walid a ainsi été interpellé bruyamment par des hommes venus de Tripoli alors qu’il tenait de les empêcher de tirer en l’air pour célébrer la prise d’un mortier aux forces kadhafistes.

"Tu n’es pas le chef. Ne nous dis pas ce qu’on doit faire", lui a lancé un des soldats.

Les combattants du CNT ont aidé quelques familles à évacuer la ville à bord de leurs pick-up.

"Les deux dernières semaines ont été atroces mais la nuit dernière a été particulièrement horrible", a raconté Zamzam al Taher, une mère de quatre enfants, âgée de 38 ans. "On était pris au piège là-bas, sans voiture et sans nourriture. Il y avait des snipers partout."

Parallèlement, les anciens rebelles, appuyés par des avions de l’Otan, ont repris leur lente progression vers Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, au lendemain de leur conquête d’Heraoua, une localité située à 60 km à l’est.

Ils ont tiré dimanche des roquettes de l’entrée sud de Syrte et échangé des tirs nourris avec les troupes loyales à Mouammar Kadhafi retranchés dans un centre de conférences.

"La situation est extrêmement dangereuse", a déclaré un soldat du CNT, Mohamed Abdoullah, en bordure de la ville natale du "guide de la révolution".

"Il y a énormément de snipers et tous les types d’armes imaginables", a-t-il dit.

Dans un hôpital de campagne installé dans une station-service à la périphérie ouest de Syrte, un médecin a déclaré que seize combattants anti-Kadhafi et un ambulancier avaient péri dans les affrontements de samedi. Il dit avoir également admis 62 blessés.

De nombreuses voitures de civils ou de 4x4 quittaient la ville en sens inverse. Les habitants en fuite parlaient de pénuries d’eau et d’électricité et de combats de rue.

"La situation est très mauvaise. Les gens vivent dans la terreur", a déclaré Taher al Menseli, un habitant de 33 ans dont les forces du CNT fouillaient le véhicule à un point de contrôle.

"Les partisans de Kadhafi essaient de persuader la population que les révolutionnaires sont des criminels et qu’il faut les tuer. Même si on n’y croit pas, il faut apparaître convaincu", a-t-il expliqué.

Plus au sud, les forces anti-kadhafistes ont dit avoir capturé la petite localité de Birak au cours de leur avancée vers Sabha, à 700 km au sud de Tripoli.

Depuis la chute de la capitale le 23 août, le mystère demeure sur la localisation de Mouammar Kadhafi. Son porte-parole Moussa Ibrahim a assuré samedi que le "guide de la révolution" se trouvait en Libye et dirigeait la "résistance".

Près de quatre semaines après la chute de la capitale, le conseil intérimaire au pouvoir en Libye n’est toujours pas en mesure de déclarer le pays "libéré" et de lancer le processus de transition démocratique promis par les nouvelles autorités.

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La Libye devra attendre son nouveau gouvernement

Les nouveaux dirigeants libyens n’ont pas réussi à se mettre d’accord dimanche sur la composition du gouvernement de transition, dont l’annonce a été reportée sine die, tandis que leurs forces tentaient de surmonter la résistance des pro-Kadhafi dans leurs bastions. L’annonce prévue dimanche du nouveau gouvernement "a été reportée sine die pour parachever les consultations", a déclaré en fin d’après-midi le numéro deux du Conseil national de transition (CNT), Mahmoud Jibril, lors d’une conférence de presse à Benghazi (est).

"Il y a accord sur l’attribution de nombreux portefeuilles. D’autres font encore l’objet de discussions mais nous espérons en finir le plus tôt possible", a-t-il ajouté. Ce gouvernement sera chargé de gérer la transition en attendant des élections et la rédaction d’une nouvelle Constitution. Il sera aidé dans sa tâche par l’ONU, dont le Conseil de sécurité a annoncé la levée partielle du gel des avoirs libyens et l’envoi d’une mission de trois mois en Libye.

Selon un responsable du CNT, une réunion a lieu entre le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, le chef de l’exécutif, Mahmoud Jibril, et les autres membres de l’exécutif. Mahmoud Jibril devrait rester à son poste et le gouvernement devrait compter 34 ministres, dont probablement deux femmes. Mais ce même responsable avait fait état dimanche dans la journée de "divergences" sur la composition du gouvernement. Reconnu par l’ONU comme représentant du peuple libyen, le CNT a annoncé le 2 septembre qu’il comptait diriger le pays jusqu’à l’élection dans huit mois d’une Assemblée constituante, avant des élections générales un an plus tard.

Le délai de huit mois ne devrait cependant débuter que lorsque les nouvelles autorités, qui disent contrôler actuellement 90 % du territoire libyen, auront déclaré la "libération" totale du pays. Or, les combattants fidèles à Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant en fuite depuis près d’un mois, opposent depuis trois jours une résistance farouche dans leurs bastions de Syrte (360 km à l’est de Tripoli) et de Bani Walid (170 km au sud-est de la capitale).

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Tony Blair a discrètement rencontré Kadhafi en 2008 et 2009

Le porte-parole de Tony Blair a reconnu dimanche que l’ancien Premier ministre britannique s’était rendu en Libye pour rencontrer Mouammar Kadhafi quelques mois avant la libération anticipée de l’agent libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie.

Il a toutefois assuré que ces visites n’avaient rien de secret et ne cachaient aucun arrangement répréhensible.

Le Sunday Telegraph dit avoir découvert des lettres et des courriels montrant que Blair, qui a quitté le pouvoir en 2007 après dix années à la tête du gouvernement britannique, a rendu visite à Kadhafi en juin 2008 et en avril 2009. Il a emprunté une fois un jet appartenant au "guide de la révolution" et a été accompagné d’un milliardaire américain, Tim Collins.
Le journal dominical précisé que Tony Blair n’a jamais mentionné ces visites sur ses sites internet.

Ces voyages sont intervenus avant la libération d’Abdel Basset al Megrahi, l’agent des services secrets condamné pour l’attentat à la bombe à bord d’un Boeing de la Pan Am qui a fait 270 morts en décembre 1988 au-dessus de la localité écossaise de Lockerbie.

Condamné en janvier 2001 à une peine minimale de 27 ans de prison, Megrahi a bénéficié en août 2009 d’une libération anticipée pour raisons de santé, les médecins ayant diagnostiqué un cancer en phase terminale ne lui donannt que quelques mois à vivre. L’ancien agent a été retrouvé fin août à Tripoli. Les nouvelles autorités ont exclu de l’extrader.
A l’époque des voyages de Tony Blair, la Libye menaçait de rompre ses liens d’affaires avec la Grande-Bretagne si Megrahi n’était pas libéré, souligne le Sunday Telegraph.

"Le sujet des conversations durant ces visites occasionnelles de M. Blair étaient principalement l’Afrique", a déclaré le porte-parole de l’ancien Premier ministre.

"Bien sûr les Libyens, comme ils l’ont toujours fait, ont soulevé la question de Megrahi. M. Blair a expliqué, comme il l’a toujours fait, en tant que Premier ministre et ensuite, que la décision n’appartenait pas au gouvernement britannique mais à l’exécutif écossais."

Le successeur de Tony Blair, Gordon Brown, a toujours dit que Londres n’était pas impliquée dans la décision de libérer Megrahi.

"Ces nouvelles rencontres entre M. Blair et Kadhafi sont troublantes et l’on devrait rendre publics les détails du contenu de ces conversations", a estimé Pam Dix, dont le frère a été tué dans l’attentat.

"Je suis stupéfaite que Tony Blair ait continué à tenir ce genre de réunions alors qu’il n’était plus au pouvoir."

La présence du financier Tim Collins, un ami de Tony Blair, lors d’un voyage, ne signifie pas que des contrats ont été évoqués, a encore assuré le porte-parole de Tony Blair.

"Tony Blair n’a jamais eu aucun rôle, formel ou informel, payé ou non payé, avec le fonds d’investissement libyen ou le gouvernement libyen et n’a aucune relation commerciale avec une quelconque entreprise ou entité libyenne", a indiqué ce dernier.

(Dimanche, 18 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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« Saga d’été »
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dans le cadre de sa rubrique estivale (juillet, août 2011) intitulée "Cartes postales...", sous la signature d'Al Faraby.
 
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