Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Palestine > Candidature d’un État palestinien à l’ONU, trois scénarios possibles

Candidature d’un État palestinien à l’ONU, trois scénarios possibles

mercredi 21 septembre 2011, par La Rédaction

S’il y a une seule certitude à propos de la 66e assemblée générale des Nations unies, c’est bien qu’elle n’aboutira à aucun État palestinien. En effet, les Américains affirment déjà depuis plusieurs mois qu’ils opposeront leur veto à toute demande d’adhésion palestinienne au Conseil de sécurité de l’ONU. Or c’est précisément ce veto américain qui est devenu au fil des jours le véritable enjeu de la session onusienne. Car il est en tout point opposé au discours tenu par Obama il y a deux ans au Caire qui avait suscité un énorme espoir dans le monde arabe.
En effet, le président américain avait affirmé qu’il souhaitait assister en septembre 2011 à l’avènement à l’ONU d’un État palestinien.
C’est justement pour éviter à Barack Obama un revirement si spectaculaire que d’intenses tractations ont actuellement lieu à New York, pour dissuader le président de l’Autorité palestinienne de présenter un tel projet. Pour l’administration Obama, comme pour le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens sont le seul cadre possible pour atteindre l’objectif de "deux États vivant dans la paix et la sécurité". Or celles-ci sont au point mort depuis le refus israélien il y a un an de prolonger un moratoire sur la colonisation en Cisjordanie et Jérusalem-Est. Mahmoud Abbas en fait la condition sine qua non pour revenir à la table des négociations, et renoncer, pour l’heure, à son initiative unilatérale à l’ONU.
Les États-Unis ne sont pas les seuls à tout tenter pour ne pas être plongés dans l’embarras. Affaiblie par les divisions internes sur la question, l’Union européenne peine à trouver une position commune.
Selon William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, dont le pays dispose d’un droit de veto au même titre que la France, l’Union européenne n’a pas divulgué sa position, "afin d’exercer le maximum de pression" pour une reprise des négociations. Présent à New York, Nicolas Sarkozy semble miser sur une déclaration du "Quartette" (États-Unis, Russie, ONU et Union européenne) sur le Proche-Orient pour relancer le processus de paix sans passer pour l’instant par la case reconnaissance de l’État palestinien par l’ONU.
Concrètement, voici les trois scénarios possibles : lors de son discours prononcé vendredi devant l’Assemblée générale de l’ONU, Mahmoud Abbas officialise la demande d’adhésion pleine et entière d’un État palestinien sur les frontières de 1967 (Gaza et la Cisjordanie débarrassée des colonies israéliennes) avec Jérusalem-Est pour capitale, qui sera soumise à un vote au Conseil de sécurité de l’ONU. Celui-ci est composé de cinq membres permanents disposant chacun d’un droit de veto (la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et la Grande-Bretagne), et de dix membres non permanents, dépourvus de veto, mais dont la voix compte lors du vote de résolutions (Bosnie, Gabon, Liban, Nigeria, Brésil, Allemagne, Inde, Colombie, Portugal, Afrique du Sud). Si le projet palestinien recueille neuf voix ou plus, les États-Unis se verront dans l’obligation d’y opposer leur veto. S’il en recueille moins, l’opposition américaine ne sera pas nécessaire. Mais ce scénario permettra de faire "tomber les masques" au sein même du Conseil de sécurité.
Seconde hypothèse, les Palestiniens, qui disposent actuellement d’un statut d’"entité non membre" participant à titre d’observateur aux travaux de l’ONU, demandent à l’ONU un statut d’"État non membre", à l’instar du Vatican, qui requiert un simple vote à la majorité de l’Assemblée générale. Là-dessus, ils peuvent compter sur une majorité d’au moins 125 pays en leur faveur, sur les 193 membres que compte l’organisation. Surtout, un tel vote permettrait à la Palestine d’adhérer à de nombreuses organisations ou traités internationaux, tels que la Cour pénale internationale (CPI), la Cour internationale de justice ou la quatrième convention de Genève sur la protection des civils.
Concrètement, avec ce nouveau statut, les Palestiniens pourraient poursuivre Israël devant la justice internationale, une perspective qui inquiète déjà. "Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, nous a demandé, si nous accédions au statut d’État non membre, de ne pas aller devant la CPI" pour poursuivre Israël, a ainsi indiqué le négociateur palestinien Nabil Chaath.
Dernière possibilité, le succès des tractations de dernière minute menées entre les États-Unis, Israël, l’Union européenne, et l’Autorité palestinienne. Elles pourraient déboucher sur des garanties internationales précises sur le gel de la colonisation, permettant la reprise du processus de paix, dont le but ultime demeure la création d’un État palestinien. Mais un tel recul de la part de Mahmoud Abbas serait mal vécu par les Palestiniens. Il discréditerait considérablement son parti, le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, en faveur du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle Gaza et mise sur l’échec de l’initiative palestinienne. Un tel scénario n’est pourtant pas impossible étant donné les sanctions qui pourraient s’abattre s’il persistait dans son entreprise : le Congrès américain a évoqué le gel de l’aide de Washington aux Palestiniens, tandis que Israël menace de ne plus verser les taxes douanières à l’Autorité palestinienne, ou même d’annexer les colonies en Cisjordanie. Une éventualité qui a amené le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Stoere à réagir : "Ce serait un cas exceptionnel dans la communauté internationale si des démarches au sein de la famille des nations, l’ONU, devaient conduire à quelque chose s’apparentant à des sanctions à la suite de délibérations au Conseil de sécurité ou à l’Assemblée générale".

***

Ban Ki-moon appelle à mettre fin à l’impasse au Proche-Orient

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé de ses voeux mercredi un effort international pour mettre fin à "l’impasse" au Proche-Orient, sur fond de tensions autour de la décision des Palestiniens de demander l’admission d’un Etat de Palestine à l’ONU.
Dans son discours d’ouverture de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, M. Ban a promis que pour leur part, les Nations unies s’efforceraient "sans relâche" de faire avancer le processus de paix israélo-palestinien.
"Au Proche-Orient, nous devons sortir de l’impasse", a lancé le chef de l’ONU aux chefs d’Etat et de gouvernement présents, parmi lesquels se trouvaient les présidents américain Barack Obama et palestinien Mahmoud Abbas.
"Nous sommes d’accord depuis longtemps sur le fait que les Palestiniens méritent d’avoir un Etat. Israël a besoin de sécurité. Tous les deux veulent la paix", a-t-il ajouté.
"Nous promettons de déployer des efforts sans relâche pour aider à parvenir à cette paix grâce à un accord négocié", a dit M. Ban.
M. Abbas a annoncé son intention de demander l’admission à l’ONU d’un Etat de Palestine après son discours prévu vendredi devant l’Assemblée générale. Israël est vigoureusement opposé à cette démarche et son plus proche allié, les Etats-Unis, ont promis d’y opposer leur veto au Conseil de sécurité.
Israël et les Etats-Unis affirment que la création d’un Etat palestinien ne peut résulter que de négociations directes entre les deux parties.
Les principales puissances sont engagées depuis plusieurs jours dans une activité diplomatique intense pour tenter d’éviter une confrontation au Conseil de sécurité.

***

Netanyahu est arrivé à New York

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est arrivé mercredi à New York pour rencontrer le président américain Barack Obama et défendre la "vérité" d’Israël à la tribune de l’ONU face à la demande d’adhésion d’un Etat palestinien.
"Le Premier ministre a atterri", a indiqué à l’AFP un responsable israélien qui l’attendait à l’aéroport.
"Nous pensons que la tentative palestinienne à l’ONU est une erreur et qu’elle ne fera avancer ni la paix ni la mise en place d’un vrai Etat palestinien", a indiqué à l’AFP le porte-parole de M. Netanyahu, Mark Regev, au moment où la délégation israélienne arrivait à l’aéroport.
"Malheureusement, la volonté palestinienne à l’ONU pourrait nuire aux chances de parvenir à une solution négociée entre Israël et les Palestiniens".
"Nous espérons que les Palestiniens vont changer de voie, et la proposition du Premier ministre Netanyahu d’entamer des discussions directes de paix tient toujours. Il est prêt à rencontrer le président palestinien (Mahmoud) Abbas", a ajouté le porte-parole.
Avant son départ, M. Netanyahu avait de nouveau appelé les Palestiniens à reprendre des négociations de paix, plutôt que de solliciter l’admission en tant qu’Etat aux Nations unies. "La voie de la paix passe par le dialogue et non par des déclarations unilatérales", avait répété M. Netanyahu devant les députés et élus locaux de son parti Likoud, la principale formation de la droite israélienne.
Le Premier ministre israélien doit rencontrer dès son arrivée à New York Barack Obama —qui est également hostile à la démarche palestinienne—, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-moon, et le président français, Nicolas Sarkozy.
M. Netanyahu, qui doit rester cinq jours aux Etats-Unis, prendra la parole devant l’Assemblée générale de l’ONU vendredi, le même jour que le président palestinien.
En revanche, aucun entretien n’est prévu à ce stade entre MM. Netanyahu et Abbas.

(Mercredi, 21 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

Pour vous inscrire à notre liste de diffusion "Assawra"
faites la demande à l’adresse : inscription@assawra.info

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2
 

***

« Saga d’été »
Ce recueil, de cinquante quatre pages, regroupe tous les textes et photographies publiés sur "Al-Oufok", site du -Mouvement démocratique arabe-,
dans le cadre de sa rubrique estivale (juillet, août 2011) intitulée "Cartes postales...", sous la signature d'Al Faraby.
 
Présentation et commandes à l'adresse:
http://www.aloufok.net/spip.php?article5242