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Discours d’Obama à l’ONU : les Palestiniens, entre écoeurement et désespoir

jeudi 22 septembre 2011, par La Rédaction

Les Palestiniens, sans être vraiment surpris, exprimaient jeudi leur déception et leur colère après le discours "pro-Israël" du président américain Barack Obama qui a opposé une fin de non-recevoir à un État de Palestine à l’ONU. Un millier de Palestiniens ont manifesté à Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie occupée, pour dénoncer Barack Obama, accusé d’avoir trahi leur cause à l’ONU. Rassemblés près de la Mouqata’a, le siège de la présidence de l’Autorité palestinienne, les manifestants ont arboré des banderoles sur lesquelles était écrit : "Honte à ceux qui se prétendent démocratiques" ou "L’Amérique est la tête du serpent". Une manifestation de protestation a également eu lieu à Naplouse (nord de la Cisjordanie) et, à Gaza, environ 300 femmes ont scandé des slogans anti-Obama devant le QG de l’ONU.

Dans son discours mercredi à la tribune de l’ONU, Barack Obama, déjà largement déconsidéré aux yeux des Palestiniens, a repoussé la demande d’adhésion pleine et entière d’un État de Palestine à l’ONU. "Quand Obama est entré à la Maison-Blanche, ses idées et ses aspirations nous ont donné de l’espoir. Mais il a montré hier au monde entier que l’Amérique sera toujours aux côtés d’Israël et qu’il n’est pas différent de ses prédécesseurs", a estimé Mohammed Zidane, directeur d’école à Ramallah. La centrale syndicale palestinienne a appelé à des manifestations de protestation vendredi partout dans le monde arabe devant les ambassades des États-Unis.

Un responsable du ministère palestinien de l’Information Moutawakil Taha a accusé Obama de se conduire "comme un colon israélien". "Quarante-deux veto américains à l’ONU ont permis à Israël de continuer à imposer l’apartheid dans la région. Le discours d’Obama a démasqué l’Amérique qui prétend soutenir les révolutions arabes", a-t-il commenté. Les trois principaux quotidiens palestiniens de Cisjordanie ont exprimé la même amertume et désillusion, notant que le président américain n’avait fait aucune référence à la colonisation ou aux frontières de juin 1967. "Ses paroles étaient sinistres, plus sombres que du goudron, pour le peuple palestinien, parce que sa priorité est de s’assurer du vote juif et du soutien de l’AIPAC", le principal lobby pro-Israël aux États-Unis, a estimé Adel Abdoul Rahmane, dans Al-Hayat Al-Jadida.

Au Liban, le débat à l’ONU ne suscite que peu d’espoir chez les réfugiés palestiniens, confinés dans des îlots de misère. "Un État palestinien, ça changera quoi pour nous ?" lance Mahmoud Nadwé, réfugié de 17 ans dans les camps de Sabra et Chatila à Beyrouth. "Une reconnaissance de l’État de Palestine, c’est très positif, mais, pour nous, le plus important, c’est le droit au retour", affirme Abou Maher, un des responsables de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui chapeaute le Fatah, mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas.

Dossier le plus sensible du conflit israélo-palestinien, le droit au retour est revendiqué par les Palestiniens qui ont été poussés à l’exode après la création de l’État d’Israël en 1948. Il est garanti par la résolution 194 des Nations unies, et non par le Conseil de sécurité, sans aucune valeur coercitive pour l’État hébreu. Les réfugiés palestiniens seraient aujourd’hui au nombre de 4,3 millions, répartis entre la Jordanie, le Liban, la Syrie, la bande de Gaza et la Cisjordanie, selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Dans les douze camps palestiniens du Liban, le quotidien des habitants se vit dans des dédales de ruelles poussiéreuses où s’élèvent des logements anarchiques collés les uns aux autres, du chômage, et un sentiment d’être réfugié à jamais. "Je sais au fond de moi-même que je ne vivrai jamais en Palestine", lance Mahmoud Hachem, 44 ans. Pourtant, dans chacun des camps, la mobilisation en faveur de l’initiative de Mahmoud Abbas reste de mise. Sur de grandes affiches apparaissent l’immeuble de l’ONU à New York, la photo du président Abbas et celui du leader historique des Palestiniens Yasser Arafat : "Septembre : un droit, une échéance" ou encore "l’État palestinien est un droit auquel nous ne renoncerons pas", lit-on.

Jeudi, près de 200 Palestiniens ont manifesté devant le siège de la délégation européenne à Beyrouth pour appeler l’UE à soutenir le projet d’adhésion. "Je veux retourner en Palestine, même pour vivre sous une tente. 60 ans, ça suffit !" lance Hoda al-Asmar, mère de quatre enfants. À 17 ans, Mahmoud, né à Sabra et Chatila, n’a déjà plus d’illusions. Sauf peut-être une seule. "J’aimerais quand même avoir un passeport palestinien. On ne me taxera plus d’être un réfugié." À New York, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, Richard Falk, a appelé, jeudi, les États membres des Nations unies à reconnaître la Palestine et a exhorté Israël à "écouter la volonté du peuple palestinien".

"Le prochain débat sur l’initiative de la Palestine auprès des Nations unies fournit une occasion importante pour la communauté internationale de répondre à une profonde injustice", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Depuis plus de 44 ans, les Palestiniens de Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza souffrent de l’oppression d’Israël", a-t-il dit, avant de conclure : "Près de 20 ans de négociations directes ont effectivement donné le temps à Israël de saper la solution de deux États."

(Jeudi, 22 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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