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Les Palestiniens de Cisjordanie s’apprêtent à célébrer la demande à l’ONU

vendredi 23 septembre 2011, par La Rédaction

Les Palestiniens de Cisjordanie se préparaient à célébrer la demande d’adhésion historique d’un Etat de Palestine que va présenter vendredi à l’ONU le président Mahmoud Abbas malgré d’intenses pressions depuis des mois pour l’en dissuader.
Dans les villes autonomes de Cisjordanie, à Ramallah, la capitale politique, Hébron (sud), Naplouse et Jénine (nord), des écrans géants ont été installés pour la retransmission du discours du président de l’Autorité palestinienne et chef de l’OLP à 16H30 GMT à la tribune des Nations unies.
M. Abbas doit remettre à 15H35 GMT la demande d’adhésion à part entière de la Palestine comme Etat membre au secrétaire général Ban Ki-moon qui la transmettra ensuite pour examen au Conseil de sécurité, comme le prévoit la procédure de l’ONU.
Les quotidiens palestiniens partagent quasiment tous la même une : "Le président présente une requête pour que le monde reconnaisse l’Etat de Palestine". La télévision palestinienne couvre les événement en direct, sans interruption, avec force interviews, débats et spots publicitaires.
Depuis des jours, les rues de Ramallah sont festonnées de rouge, noir, blanc et vert, les couleurs du drapeau national palestinien.
Le logo de la campagne "Palestine 194" (l’ONU compte 193 Etats) est partout, sur des banderoles, des posters, des fanions et des autocollants.
Les organisateurs ont appelé à des rassemblements non violents dans toute la Cisjordanie à partir de 18H00 locales (15H00 GMT).
Près de la Mouqataa, le siège de la présidence de l’Autorité palestinienne, flottent les drapeaux des 128 pays qui ont reconnu jusqu’à maintenant l’Etat palestinien dans les lignes du 4 juin 1967, c’est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.
C’est dans l’enceinte de la Mouqataa qu’a été érigée la tombe de Yasser Arafat, le chef historique du mouvement national palestinien.
En revanche, dans la bande de Gaza, seul un groupe d’avocats devait manifester au moment du discours du président Abbas. Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans cette enclave, et le Fatah de M. Abbas ont décidé d’un commun accord de renoncer aux manifestations publiques pour ne pas envenimer leurs divisions.
Côté israélien, les autorités ont déployé quelque 22.000 policiers le long de la "ligne verte", qui sépare Israël de la Cisjordanie, près des localités arabes israéliennes ainsi qu’à Jérusalem-Est annexée tandis que des renforts militaires ont pris position en Cisjordanie occupée.
La communauté arabe israélienne, qui est constituée des descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948, n’a organisé aucun rassemblement.
A Jérusalem, la police a interdit l’accès de l’esplanade des Mosquées dans la Vieille ville, aux fidèles masculins de moins de 50 ans. Seuls ceux ayant dépassé cet âge et disposant d’une carte de résident délivrée par les autorités israéliennes, ce qui exclut les Palestiniens résidant en Cisjordanie, peuvent se rendre sur l’esplanade.
A New York, la communauté internationale a poursuivi ses consultations dans l’urgence tard jeudi soir et l’administration américaine restait mobilisée jusqu’à la dernière minute pour détourner M. Abbas de son projet, mais la requête palestinienne paraît désormais inéluctable.
Après le dépôt de la demande d’adhésion, "le président Abbas rentrera pour étudier les options des Palestiniens lors d’une réunion avec la direction palestinienne, notamment l’initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy", a indiqué à l’AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.
Israël a d’ores et déjà opposé une fin de non recevoir à la proposition du président français qui a préconisé un statut "d’Etat observateur" à l’ONU aux Palestiniens en guise de compromis.

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La colère des colonies de Cisjordanie

Dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, l’unanimité est quasiment obtenue : les pays qui, à l’ONU, vont voter la reconnaissance formelle de l’État palestinien commettent une "grave erreur". Certains ajoutent : "C’est tout simplement une récompense au terrorisme."
D’autres, comme le dirigeant du mouvement des implantations Naftali Bennett, accusent les médias étrangers de privilégier la "narration palestinienne". En d’autres termes d’être pro-arabes et anti-israéliens. Mais de là à répondre aux appels à manifester lancés par les colons les plus radicaux, il n’y a qu’un pas que, pour l’instant, la plupart d’entre eux n’ont pas franchi.
Pour preuve, les trois marches de protestation organisées mercredi dernier près de Hébron, devant Beit-el, colonie au nord de Ramallah, et dans l’enclave d’Itamar, non loin de Naplouse. Elles n’ont rassemblé que quelques centaines de manifestants et n’ont donné lieu à aucune violence. Une exception : près de Naplouse, où 200 militants venus de la colonie d’Itamar ont d’abord défilé en agitant des drapeaux israéliens et en scandant des slogans en hébreu, "pour leur montrer que c’est (eux) les vrais propriétaires de la terre d’Israël", puis ont fini par s’en prendre, à coups de pierre ou de barre de fer, aux habitants d’un village palestinien voisin. Postés en alerte non loin de là, des soldats israéliens sont intervenus et les choses sont rentrées dans l’ordre. Quelques Palestiniens ont été blessés.
À ce stade, le calme règne donc du côté des implantations juives. Mais jusqu’à quand ? C’est la grande question qui préoccupe tous les responsables de la sécurité israélienne. En effet, depuis plusieurs semaines, des militants juifs extrémistes ont mis en application la théorie du "Tag Mehir" ("le prix à payer" en français). Cela signifie qu’à chaque décision gouvernementale considérée comme hostile aux implantations, par exemple l’ordre d’évacuer des "avant-postes", officiellement non autorisés par le gouvernement, des ultras exercent des représailles contre des mosquées ou des champs d’oliviers appartenant à des Palestiniens.
Ces derniers temps, ils ont même commencé à s’en prendre à des installations militaires israéliennes. Il y a une quinzaine de jours, une base de Tsahal située non loin de Naplouse a été entièrement brûlée. Ils font aussi campagne contre des militaires de haut rang. Comme le commandant de la division déployée en Cisjordanie, le général Noam Tivon. Un petit groupe de jeunes est venu manifester sous ses fenêtres en brandissant des pancartes sur lesquelles était inscrit "Tivon, t’es un sous-homme". Très inquiet, un haut responsable du Shin Beth, la sécurité intérieure, n’hésite pas à affirmer : " Certes, il s’agit d’une minorité, mais qui agit, à tout point de vue, comme une organisation terroriste."
Alors, l’étincelle qui mettra le feu aux poudres viendra-t-elle de là ? Ou bien le dérapage aura-t-il lieu lors d’une manifestation palestinienne réprimée par l’armée israélienne ? Voire à la suite d’un attentat du Hamas ? Tout est possible, même si, pour l’instant, Israéliens comme Palestiniens ne semblent pas vouloir le retour de la violence.

(Vendredi, 23 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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« Saga d’été »
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