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UNESCO : 40 voix sur 58 favorables à un statut de membre à part entière pour la Palestine

jeudi 6 octobre 2011, par La Rédaction

Après New York, c’est à Paris que se joue l’avenir de la Palestine. Tandis que la demande d’adhésion d’un État palestinien est toujours étudiée depuis deux semaines par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’agence culturelle des Nations unies (Unesco) s’est prononcée mercredi en faveur d’un processus de reconnaissance de la Palestine comme État membre à part entière de l’organisation. Une première victoire diplomatique pour Mahmoud Abbas dans une organisation au fonctionnement très proche de celui des Nations unies.

"Toute admission d’un État palestinien par une agence internationale est un pas significatif vers la reconnaissance totale de la Palestine", explique au Point Ghassan Khatib, porte-parole de l’Autorité palestinienne, qui se réjouit de la décision de l’Unesco, qui attribuait jusqu’ici à la Palestine un statut d’observateur. Selon des sources au sein de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture (Unesco), le conseil exécutif de l’agence, le pendant du Conseil de sécurité, a approuvé à une forte majorité, par 40 voix sur 58, une recommandation d’attribuer à la Palestine ce statut de membre à part entière. Quatre pays ont néanmoins voté contre, dont les États-Unis, et 14 se sont abstenus.

L’abstention française

Comme à New York, l’Union européenne n’est pas parvenue à dissiper ses désaccords en son sein sur la question. Alors que l’Allemagne, la Lettonie et la Roumanie ont voté contre la recommandation, la Belgique, le Danemark, la Slovaquie, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie et la Pologne se sont abstenus. "L’Unesco n’est pas l’enceinte appropriée", a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, soulignant que la priorité pour l’heure devait être "la reprise des négociations" avec Israël.

Or à la différence du Conseil de sécurité, la demande risque cette fois d’aboutir, les membres les plus influents de l’Unesco ne disposant pas de veto. Plus rien ne semble donc s’opposer à ce que la Conférence générale, comparable à l’Assemblée générale de l’ONU, confère à la Palestine un statut d’État définitif, par une majorité des deux tiers de ses 193 membres, lors de sa session qui se tiendra du 25 octobre au 10 novembre à Paris.

Pressions américaines

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, d’après le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki, "d’énormes pressions" ont été exercées avant le vote de la demande d’adhésion par les États-Unis et à Israël. Dans un communiqué de l’ambassadeur américain à l’Unesco David Killion, les États-Unis ont appelé "toutes les délégations" à voter "non à cette recommandation". Estimant cette démarche "inappropriée", l’ambassadeur a mis en garde contre le fait que ce dossier "peut potentiellement gravement ébranler la capacité de l’organisation à mener son important mandat".

Tout comme à New York, les Américains ont brandi la menace de sanctions. À Washington, l’influente élue Kay Granger, qui préside la commission de la Chambre des représentants chargée de répartir les fonds pour la politique étrangère américaine, a prévenu qu’elle allait s’"employer à mettre fin au financement" de l’organisation culturelle par les États-Unis. "En agissant unilatéralement par le biais de l’Unesco, qui n’est pourtant qu’une agence culturelle, les Palestiniens tentent d’outrepasser les négociations directes avec Israël, qui sont le seul moyen de trouver une issue au conflit israélo-palestinien", indique au Point.fr Ilan Stein, porte-parole de la diplomatie israélienne. Soit le même argument utilisé contre la demande palestinienne aux Nations unies.

L’héritage arabe menacé ?

Outre une victoire diplomatique, un changement de statut à l’Unesco permettrait également aux Palestiniens de déposer des demandes de reconnaissance au Patrimoine mondial de l’humanité pour des sites dans les territoires palestiniens occupés par Israël. L’Autorité palestinienne compte notamment présenter au Patrimoine mondial les candidatures de Bethléem, lieu de naissance du Christ, Hébron, pour le caveau des Patriarches - la mosquée d’Ibrahim (nom musulman d’Abraham) -, un site révéré à la fois par les juifs et les musulmans, et Jéricho.

"Cette adhésion nous placerait dans une meilleure position pour nous défendre contre les tentatives israéliennes de mettre fin à l’héritage arabe et palestinien dans les territoires occupés", estime Ghassan Khatib. Et le porte-parole de souligner que les mosquées et les sites historiques de Jérusalem-est sont toujours contrôlés par les autorités israéliennes et interdits d’accès aux Palestiniens.

(Jeudi, 06 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

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