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Egypte : le pouvoir accablé de critiques après les violences meurtrières

mardi 11 octobre 2011, par La Rédaction

Un vice-Premier ministre égyptien a présenté sa démission mardi après les affrontements meurtriers de dimanche entre manifestants coptes et forces de l’ordre au Caire, qui provoquent de vives critiques contre l’armée et le gouvernement.
Hazem Beblawi, vice Premier-ministre et ministre des Finances, a expliqué sa décision par le fait que les affrontements, qui ont fait 25 morts dont au moins 17 manifestants coptes, ont "ébranlé la sécurité de la société".
"Il n’y a peut-être pas de responsabilité directe du gouvernement dans cela, mais la responsabilité est la sienne au final", a-t-il déclaré, en ajoutant que la situation "extrêmement difficile" du pays nécessitait "une vision et un travail nouveaux et différents".
Les affrontements sont survenus lors d’une manifestation de protestation contre l’incendie d’une église en Haute-Egypte. Les Coptes, ou chrétiens d’Egypte, représentent de 6 à 10% de la population du pays et dénoncent régulièrement des discriminations.
Ces événements, les plus meurtriers depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février, ont relancé les craintes pour la sécurité de cette minorité et pour l’avenir de la transition menée sous la houlette de l’armée, qui a pris le pouvoir et nommé un gouvernement chargé des affaires courantes.
Au-delà de la polémique sur la responsabilité initiale des affrontements, l’armée, jusqu’à présent saluée pour sa retenue lors des manifestations, ainsi que le gouvernement, doivent faire face à de vives critiques.
Certains journaux et partis politiques estimaient mardi que le Premier ministre lui-même, Essam Charaf, souvent critiqué pour son manque d’autorité, devait partir.
"L’Etat a perdu sa stature, le régime est au bord de l’effondrement, et le gouvernement Charaf a perdu son crédit. Tout ce qui reste à faire pour le Premier ministre, c’est de partir", écrivait un influent quotidien indépendant, al-Masri al-Youm, dans un éditorial en première page.
"Après ce qu’il s’est passé, M. Charaf doit quitter son poste", estimait aussi le journal al-Wafd, organe du parti libéral du même nom.
"Ces événements nous ont ramenés en arrière (...) au lieu d’aller de l’avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines", avait lui-même reconnu M. Charaf quelques heures après les affrontements.
Quant à l’armée, "elle a perdu toute crédibilité en tant que +protectrice des citoyens+, et plus personne ne peut lui faire confiance dans ce rôle", a écrit un célèbre blogueur égyptien, Mahmoud Salem, sur son site.
Ces troubles sont survenus à quelques semaines du début des premières élections législatives depuis la chute de M. Moubarak, prévu le 28 novembre.
Au-delà du scrutin, ces événements ont relancé les appels à un transfert rapide du pouvoir aux civils, prévu à l’issue d’une élection présidentielle attendue en 2012 mais dont la date n’a pas été fixée.
"Nous vivons un moment qui divise l’Egypte. L’armée doit retourner dans ses casernes pour le bien du pays, sinon il va s’enflammer", a déclaré à l’AFP Emad Gad, du centre d’études politiques al-Ahram.
"Nous devons nous concentrer sur un rapide transfert du pouvoir à une autorité civile. Le partenariat entre un gouvernement civil et un conseil militaire est dépassé", a estimé le politicien libéral Amr Hamzawi lors d’une conférence au Caire.
Du président américain Barack Obama au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, en passant par de nombreux autres dirigeants étrangers, le pouvoir égyptien fait face depuis lundi à un déluge de déclarations inquiètes.
Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme a appelé mardi les autorités du pays à s’assurer que l’enquête qu’elles ont promises soit menée de manière impartiale et indépendante.

(Mardi, 11 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

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