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La démission du ministre égyptien des Finances rejetée

mardi 11 octobre 2011, par La Rédaction

Le ministre égyptien des Finances, Hazem el Beblaoui, a remis sa démission mardi en signe de protestation contre la répression sanglante d’une manifestation de chrétiens coptes dimanche, mais le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir l’a refusée.
Un porte-parole gouvernemental a par ailleurs démenti que le Premier ministre Essam Charaf, ait remis la démission de son gouvernement, comme l’a rapporté la chaîne de télévision Al Djazira. L’équipe gouvernementale poursuit son travail, a dit Mohamed Hegazy. Une source proche des militaires a également démenti la démission du gouvernement.
Hazem el Beblaoui, nommé par le CSFA à la suite de manifestations en juillet, négociait avec les pays arabes du Golfe une aide financière pour soutenir le budget de l’Etat égyptien, qui a considérablement augmenté en conséquence des troubles politiques du début de l’année.
"Je n’ai pas retiré ma démission. Le Conseil suprême l’a rejetée (...) et je suis maintenant dans une situation délicate (...) Je suis confus", a—t-il déclaré à Reuters.
"J’ai pris cette décision à cause de la situation à Maspero, pas à cause de la situation économique", a-t-il ajouté, évoquant le quartier du Caire où les troubles ont éclaté.
La manifestation copte de dimanche a donné lieu à des heurts avec l’armée et des véhicules militaires ont foncé sur les manifestants qui dénonçaient la démolition partielle d’une église dans le Sud. Au total, 25 personnes ont été tuées et près de 300 blessées.
Ces violences sont les plus meurtrières en Egypte depuis le renversement d’Hosni Moubarak en février par un soulèvement populaire. Les Coptes, qui représentent environ 10% des 80 millions d’Egyptiens, accusent l’armée, qui dirige le pays en attendant des élections, d’en être la principale responsable.
Des élections législatives sont prévues en plusieurs étapes à partir du 28 novembre et jusqu’en mars. Une nouvelle Constitution devra ensuite être rédigée avant la tenue d’une élection présidentielle dont on ignore la date. Ces délais conduisent certains en Egypte à soupçonner l’armée de vouloir conserver le pouvoir plus longtemps que nécessaire.

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Le blogueur copte égyptien Michael Nabil va être rejugé

Le blogueur copte égyptien Michael Nabil, qui observe une grève de la faim depuis le 23 août pour protester contre sa condamnation à trois ans de prison par la justice militaire, va être rejugé. Un tribunal a annulé, mardi 11 octobre, le verdict à son encontre et ordonné un nouveau procès, a rapporté l’agence officielle d’information MENA.

"Après cette décision (...), Michael Nabil sera rejugé par un autre jury", a annoncé la cour d’appel militaire, qui a précisé que ce nouveau procès aurait lieu dans les prochains jours. Arrêté en mars à son domicile du Caire, Michael Nabil a déjà passé cinq mois en prison sur les trois années de détention ferme que prévoit le verdict.

Le jeune homme avait été condamné en avril par un tribunal militaire pour avoir "insulté" l’armée sur son blog, lors du premier procès d’un blogueur depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak. Il avait écrit que l’armée avait d’abord tenté de réprimer la révolte qui a abouti au renversement de l’ancien raïs le 11 février.

Amnesty international avait appelé les autorités égyptiennes à le libérer sans délai, affirmant que sa santé s’était "fortement détériorée depuis que les autorités pénitentiaires lui ont retiré des médicaments vitaux pour son cœur". "Il est profondément inquiétant que le traitement par l’Egypte des dissidents ne semble avoir que peu changé depuis l’époque du président Moubarak", avait déploré Amnesty. Selon ses proches, les autorités l’empêchaient de se soigner alors qu’il souffre de problèmes rénaux, d’anémie et de la gale.

Les groupes de défense des droits de l’homme estiment que le cas de ce blogueur met en lumière l’approche répressive du conseil militaire au pouvoir vis-à-vis de ses contempteurs. Le Conseil suprême des forces armées dirige l’Egypte depuis la chute le 11 février de M. Moubarak, chassé par un mouvement de contestation populaire. Depuis, l’armée est vivement critiquée pour avoir traduit des milliers de civils devant des tribunaux militaires pour des chefs d’agression ou de viol, mais aussi d’insultes envers les généraux au pouvoir.

(Mardi, 11 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

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