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Israël attend le retour de Gilad Shalit, s’interroge sur le "prix à payer"

mercredi 12 octobre 2011, par La Rédaction

Israël attendait impatiemment mercredi le prochain "retour à la maison" de Gilad Shalitt au lendemain de l’ accord historique conclu avec le Hamas qui prévoit la libération d’un millier de détenus palestiniens en échange du jeune soldat.
Les Israéliens se réjouissaient de revoir "dans les prochains jours" le tankiste de 25 ans, après plus de cinq ans de "cruelle" captivité à Gaza, à l’image de ses supporteurs du même âge qui ont chanté et dansé pendant la nuit autour de la tente de la famille Shalit, devant la résidence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem.
L’échange doit se dérouler en deux phases : 450 détenus seront libérés "dans une semaine" et 550 autres "dans deux mois", a indiqué mardi soir le chef du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaal.
Le chef du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Beth, a précisé que sur les 450, 163 détenus de Cisjordanie seraient expulsés vers la bande de Gaza et 40 vers des pays étrangers, alors que le Hamas refusait toute mesure de bannissement.
Pourtant, certains commentateurs exprimaient leurs réserves sur "le prix à payer" pour le retour de Gilad Shalit, libéré "contre des centaines d’assassins", comme le relevait le journal national-religieux Makor Rishon en résumant : "Une bonne nouvelle pour la famille, une mauvaise pour l’Etat".
"Le prix est excessif. Les risques sont grands et c’est un précédent déplaisant mais un Etat qui pendant cinq ans est incapable de sauver un de ses soldats de la captivité par d’autres moyens n’a pas d’autre choix que de payer le prix", estimait Nahum Barnéa, un des éditorialistes les plus influents, dans le tabloïd à grand tirage Yediot Aharonot.
Sur le plan politique, Benjamin Netanyahu, à qui les critiques reprochent un caractère irrésolu, sort grandi de l’épreuve, applaudi pour "avoir pris la bonne décision".
Même le Haaretz, quotidien d’opposition, salue "la décision la plus difficile de sa vie". "Depuis 30 mois qu’il est au pouvoir, il n’a pas lancé de guerre, il n’a pas fait la paix, il n’a pas trouvé de solutions pour apaiser le mouvement de contestation sociale, mais il restera dans l’Histoire comme le Premier ministre qui a ramené Gilad Shalit à la maison", écrit Yossi Verter, un des plus virulents critiques de la politique de M. Netanyahu.
Mais d’autres commentateurs sont beaucoup plus réservés : "Le Hamas a montré aux Palestiniens que la voie du terrorisme est la meilleure. Chaque jeune Palestinien saura qu’on peut tuer des juifs et se retrouver libre en vertu d’un marchandage. Et tout cela avant même de faire le décompte des futures victimes"", regrette sombrement le Maariv.
Un éditorialiste du même journal dénonce carrément une "capitulation".
Israël et le Hamas ont révélé mardi avoir conclu un accord sous médiation égyptienne pour échanger le sergent franco-israélien, détenu par le Hamas depuis juin 2006, contre 1.027 détenus palestiniens, dont 27 femmes.
Le gouvernement israélien, réuni en séance d’urgence, a entériné dans la nuit de mardi à mercredi cet accord par 26 voix contre trois. Les faucons nationalistes Avigdor Lieberman (Affaires étrangères), Ouzi Landau (Infrastructures) et Moshé Yaalon (Affaires stratégiques) se sont opposés à l’accord.
Gilad Shalit, qui a aussi la nationalité française, a été enlevé en juin 2006 par un commando de trois groupes armés palestiniens, dont la branche militaire du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. Il est depuis détenu au secret.
Le Hamas voulait l’échanger contre un millier de Palestiniens, mais les négociations achoppaient sur l’identité des détenus concernés et le lieu de leur libération, le gouvernement israélien se refusant à relâcher en Cisjordanie des Palestiniens impliqués dans des attentats.
Des centaines de Palestiniens détenus par Israël —sur un total de plus de 6.000— participent depuis le 27 septembre à une grève de la faim pour protester contre l’isolement carcéral.

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Sarkozy "se réjouit très vivement" et félicite Netanyahu pour ce "succès majeur"

Nicolas Sarkozy "se réjouit très vivement de l’annonce d’un accord qui doit conduire à la libération de Gilad Shalit", le soldat franco-israélien otage du Hamas à Gaza depuis plus de cinq ans, et a félicité Benjamin Netanyahu pour "ce succès majeur", selon l’Elysée.
Le chef de l’Etat s’est entretenu mardi soir avec le Premier ministre israélien, ainsi qu’avec Noam Shalit, le père du jeune homme, à qui il a fait part de "sa joie à la perspective d’une libération prochaine de Gilad", a ajouté l’Elysée dans un communiqué.
M. Sarkozy "s’est entretenu dans la soirée avec le Premier ministre Netanyahu, qu’il a félicité pour ce succès majeur. Il s’est entretenu également avec Noam Shalit qu’il avait personnellement tenu informé des efforts menés en faveur de son fils", a poursuivi la présidence.
"Le chef de l’Etat a fait part à M. Shalit de sa joie à la perspective d’une libération prochaine de Gilad", a ajouté l’Elysée.
Selon la présidence française, "le président de la République remercie tous ceux qui ont contribué à cet accord, notamment l’Egypte pour le rôle essentiel qu’elle a joué".
"Depuis le 25 juin 2006, la France n’a cessé d’agir, en coopération avec les autorités israéliennes et celles d’autres pays, pour que Gilad Shalit, ressortissant franco-israélien, soit libéré. Le président de la République espère qu’après plus de cinq ans d’attente, Gilad retrouvera très rapidement sa famille et la liberté", a affirmé également l’Elysée.
Mercredi matin, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a salué le "courage" des autorités israéliennes. "Il en fallait pour libérer un millier de prisonniers" palestiniens, a-t-il ajouté sur France Info.
Mardi soir, la famille du jeune homme avait indiqué à l’AFP que M. Sarkozy avait appelé Noam Shalit pour "partager son espoir" d’une libération de son fils Gilad. Le président avait également assuré au père du jeune homme qu’il était en "contact permanent" avec M. Netanyahu sur ce dossier.
"Noam lui a dit qu’il était très heureux mais qu’il restait prudent car ce n’est pas encore fait", a-t-on ajouté de même source.
Israël et le Hamas ont annoncé mardi soir un accord conclu sous médiation égyptienne pour échanger le jeune homme contre 1.027 détenus palestiniens, dont 27 femmes.
Nicolas Sarkozy a reçu à plusieurs reprises les parents de Gilad Shalit. Le 25 juin dernier, cinq ans jour pour jour après son enlèvement, il avait écrit au jeune homme pour lui assurer que "la France ne l’abandonnerait pas".

(Mercredi, 12 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

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