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L’Otan détaille le raid qui a précipité la fin de Kadhafi

vendredi 21 octobre 2011, par La Rédaction

L’Otan ignorait que Mouammar Kadhafi se trouvait dans l’un des véhicules du convoi dont l’aviation alliée a bloqué jeudi matin la progression près de Syrte, précipitant la fin de l’ex-dirigeant libyen, déclaré l’Alliance atlantique dans un communiqué diffusé vendredi.
Le récit détaillé de l’opération aérienne suggère que le convoi tentant de fuir la ville natale de l’ex-"Guide" de la révolution libyenne était plus important que ne le laissaient entendre les premières informations.
L’aviation de l’Otan, précise le communiqué, a touché 11 véhicules du convoi que formaient au total quelque 75 véhicules.
L’Otan ne précise pas quels pays ont participé à la frappe. Mais le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a précisé dès jeudi soir qu’un avion français avait stoppé la progression du convoi. Selon une source à l’Otan, un drone américain a également participé à l’attaque.
"Ces véhicules armés quittaient Syrte à grande vitesse et tentaient de forcer leur passage dans les faubourgs de la ville", poursuit l’Otan.
La colonne transportait une "quantité significative" d’armes et de munitions, constituant de fait "une menace significative pour la population civile locale", poursuit l’Otan. "Le convoi a été pris sous le feu par un avion de l’Otan afin de réduire cette menace."
Après une première frappe, un seul véhicule a été détruit, stoppant temporairement la progression du convoi. Des véhicules se sont alors dispersés, changeant régulièrement de directions.
"Un groupe d’une vingtaine de véhicules a continué à vive allure en direction du sud, juste à l’ouest de Syrte, et posait toujours une menace significative", poursuit l’Otan.
Un autre aéronef de l’Otan est alors entré en action. Au total, une dizaine de véhicules ont été détruits ou endommagés.
Au moment de l’intervention, l’Otan assure qu’elle ignorait la présence de Mouammar Kadhafi dans cette colonne - et réaffirme au passage que cibler des individus ne fait pas partie de sa doctrine militaire.
"Nous avons appris par la suite de sources publiques et auprès du renseignement allié que Kadhafi se trouvait dans ce convoi et que notre frappe a contribué à sa capture", poursuit le communiqué.
D’après un responsable militaire libyen, le colonel Kadhafi a été blessé dans la frappe de l’Otan. Mais il était encore en vie lorsque des combattants du Conseil national de transition (CNT) sont intervenus.

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Moscou s’interroge sur le rôle de l’Otan
La mort de l’ex-leader libyen Muammar Kadhafi soulève à Moscou "nombre de questions", et notamment la légalité de la frappe de l’Otan contre son convoi, a déclaré vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "La décision (de la communauté internationale) était qu’il avait perdu sa légitimité et qu’il devait partir. La manière dont il est mort soulève nombre de questions", a-t-il dit, à l’antenne de trois radios russes. "Nous nous intéressons notamment aux actes de l’Otan du point de vue de la législation internationale", a-t-il ajouté.
Sergueï Lavrov a rappelé que les frappes aériennes contre la Libye étaient autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU uniquement pour faire respecter une zone d’exclusion aérienne mise en place et pour protéger les civils. "Il n’y a aucun rapport entre la zone d’exclusion aérienne et une attaque contre un objectif au sol, en l’occurrence le convoi" de Muammar Kadhafi, a-t-il dit. "D’autant qu’il ne pouvait être question de protéger des civils, vu que ce convoi n’attaquait personne, on peut même dire qu’il était en fuite", a-t-il ajouté.
"Ce n’est pas par hasard que les services du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ont déclaré aujourd’hui qu’il fallait mener une enquête sur les circonstances de sa mort, et j’ai la conviction qu’il faut mener une telle enquête", a encore déclaré le ministre russe.
L’Otan a affirmé vendredi qu’elle ignorait que Muammar Kadhafi se trouvait dans le convoi qu’elle a pris pour cible la veille à Syrte et n’avoir appris que plus tard qu’elle avait de la sorte "probablement contribué" à sa capture.
L’ex-leader libyen, âgé de 69 ans en fuite depuis la chute de Tripoli fin août, a été capturé vivant jeudi dans sa région d’origine, près de la ville de Syrte (360 kilomètres à l’est de Tripoli) et a été tué par balle peu après dans des circonstances encore floues. Sergueï Lavrov a rappelé à ce sujet que les conventions de Genève prévoient que les prisonniers de guerre ne peuvent être exécutés. "Lorsqu’un participant à un conflit est capturé, il faut lui prêter assistance médicale s’il est blessé, il est catégoriquement interdit de le tuer. Kadhafi a été capturé étant blessé, et ensuite, on lui a ôté la vie", a souligné le chef de la diplomatie russe.

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"On peut dire que l’opération militaire est terminée" selon Juppé
La France estime que l’opération militaire de l’Otan en Libye peut être considérée comme "terminée" après la mort de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.
"Je pense qu’on peut dire que l’opération militaire est terminée, que l’ensemble du territoire libyen est sous le contrôle du Conseil national de transition (CNT) et que, sous réserve de quelques mesures transitoires dans la semaine qui vient, l’opération de l’Otan est arrivée à son terme", a déclaré M. Juppé interrogé par la radio Europe 1.
Le ministre avait déclaré jeudi soir que l’opération de l’Otan en Libye serait achevée à partir du moment où le CNT proclamerait la libération du territoire libyen. A Tripoli, le chef de l’exécutif du CNT, Mahmoud Jibril, a annoncé que cela serait fait au plus tard vendredi.
"L’opération doit aujourd’hui s’achever puisque l’objectif qui était le nôtre, c’est-à-dire accompagner les forces du Conseil national de transition dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint", a poursuivi M. Juppé interrogé à Paris alors qu’il se trouve en visite en Inde.
"Notre but n’était pa de tuer Kadhafi. Quand je dis nous, je parle de la coalition, de la France dans l’Otan. Notre but était de le forcer à abandonner le pouvoir. Il appartenait ensuite au Conseil national de transition de le capturer et de le juger", a dit le ministre.
"C’est lui (Kadhafi) qui a choisi d’une certaine façon sa propre fin", a déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, lors d’un point-presse.
"La France a toujours souhaité que Kadhafi puisse être jugé et réponde de ses crimes devant la justice. Kadhafi a choisi de s’enfermer dans une logique de violence et de haine et d’hostilité à la démocratie. C’est donc de cette façon-là qu’il a fini", a affirmé Romain Nadal.
La France a été le fer de lance de l’opération menée par l’Alliance atlantique pour protéger les civils libyens de la répression de Mouammar Kadhafi en proie à une insurrection sans précédent après 42 ans de pouvoir.

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Safia Kadhafi veut que la lumière soit faite sur la mort de son époux
Safia Kadhafi, la veuve de l’ex-dirigeant libyen, a réclamé une enquête des Nations unies sur les circonstances de la mort de Muammar Kadhafi, rapporte vendredi la chaîne de télévision syrienne Arraï. Safia Kadhafi, qui s’est réfugiée en Algérie, demande aussi que la vérité soit faite sur la mort de Moatassem, un des fils du colonel libyen, tué lui aussi jeudi près de Syrte.
Sur un bandeau déroulant diffusé à l’antenne, Arraï précise que la veuve de Muammar Kadhafi est fière du courage de son mari et de ses enfants qui, ajoute la chaîne, ont résisté à 40 pays et à leurs agents pendant six mois. Elle les considère comme des martyrs.

(Vendredi, 21 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

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