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Koweït : réunions de crise après la prise d’assaut du Parlement

jeudi 17 novembre 2011, par La Rédaction

Les dirigeants koweïtiens tenaient des réunions de crise jeudi, après que des milliers de manifestants ont brièvement envahi le Parlement la veille pour réclamer la démission du Premier ministre, une première dans cette monarchie du Golfe.

L’émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, présidait une réunion extraordinaire du gouvernement, ont rapporté les médias locaux alors que la capitale était calme jeudi.

L’émir a le pouvoir de dissoudre le Parlement et le gouvernement.

Le Parlement a pour sa part annulé une séance prévue jeudi en raison des dégâts causés au siège de l’Assemblée par les manifestants mercredi soir.

Accompagnés de députés de l’opposition, les manifestants avaient forcé les portes du bâtiment et pénétré dans la salle principale du Parlement où ils ont entonné l’hymne national, avant d’en ressortir quelques minutes plus tard.

Les manifestants avaient d’abord tenté de se diriger vers la résidence du Premier ministre en scandant "le peuple veut le départ du Premier ministre" avant d’être bloqués par les forces de l’ordre.

Selon des témoins, cinq personnes ont été blessées et ont reçu des soins sur place.

La manifestation a été organisée à l’appel de l’opposition pour réclamer le limogeage du Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah, un neveu de l’émir, et la dissolution du Parlement.

Le bloc de l’opposition devait également tenir une réunion jeudi pour "évaluer la situation après les événements de mercredi", selon le député de l’opposition Daifallah Buramia.

"Il s’agit d’un premier pas vers un coup d’Etat", a pour sa part dénoncé le parlementaire pro-gouvernemental Faiçal al-Duweisan critiquant les manifestants ayant envahi le Parlement.

Mais pour le député d’opposition Moubarak al-Waalan, "les jeunes militants ont usé de leur droit légitime (...) face à la corruption généralisée et aux atteintes à la Constitution".

Un scandale de corruption agite le Koweït depuis plusieurs semaines. Selon la presse, des députés pro-gouvernementaux ont reçu des centaines de millions de dollars de pots-de-vin.

La révélation de ce scandale a entraîné une forte mobilisation de l’opposition contre le gouvernement de cheikh Nasser, accusé d’être responsable d’une corruption généralisée et d’une détérioration des services.

En décembre, les forces de sécurité de ce riche Etat pétrolier avaient déjà violemment réprimé une manifestation organisée par des militants et des députés. D’autres protestations ont eu lieu régulièrement depuis mars.

Une vingtaine de députés de l’opposition avaient boycotté mercredi la séance parlementaire en signe de protestation contre le rejet la veille par les députés pro-gouvernementaux d’une proposition permettant d’interroger le Premier ministre sur les soupçons de pots-de-vins et de transferts illégaux à l’étranger au travers des ambassades du Koweït.

Un nouveau texte en ce sens a été déposé par trois députés de l’opposition.

Cheikh Nasser, 71 ans, désigné Premier ministre en février 2006, a survécu à plusieurs votes de défiance au Parlement, dissous à trois reprises durant la même période.

Troisième producteur de l’Opep, le Koweït tire 94% de ses revenus du pétrole.

(Jeudi, 17 novembre 2011 - Avec les agences de presse)

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