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Mort de Danielle Mitterrand

mardi 22 novembre 2011, par La Rédaction

Une grande dame vient de s’éteindre. La solidarité perd un précieux atout.
Elle était généreuse, combative et attentive à toutes les justes causes.
Nous perdons une amie.”

( Al Faraby )

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La dernière interview de Danielle Mitterrad sur  :

www.aloufok.net/danielle.htm

Rassemblement parisien d’hommage à Danielle Mitterrand
jeudi 24 novembre à 13h00
au pont des Arts (Paris)

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Sur ARTE

En hommage à Danielle Mitterrand, ARTE rediffuse ce mercredi 23 novembre 2011 à 21h35 le documentaire « Danielle Mitterrand, l’insoumise », un portrait intime et un hommage réalisé par Thierry Machado.
Le réalisateur Thierry Machado a suivi pendant un an Danielle Mitterrand sans contrainte. On la découvre dans les lieux qui lui sont chers (la maison familiale de Cluny, la rue de Bièvre, Château-Chinon, Latché), pendant la dernière campagne électorale pour les élections présidentielles, ainsi qu’au Brésil chez les Indiens Ashaninka. Femme d’engagement, elle parcourt inlassablement le monde au nom de sa fondation France Libertés. Femme de résistance, elle se confie sans fard, évoquant les étapes importantes de sa vie et le couple qu’elle formait avec François Mitterrand.

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Danielle Mitterrand, ancienne Première dame de France et toujours militante, est morte à Paris à l’âge de 87 ans, 15 ans après le décès de son époux, le seul président socialiste de la Ve République, François Mitterrand.
Le décès de la présidente de la fondation France Libertés a été constaté à 02H00 dans l’hôpital parisien Georges-Pompidou (XVe arrondissement), où elle avait été admise vendredi dans un état sérieux, puis placée sous coma artificiel dimanche.
Classée plus à gauche que François Mitterrand, celle qui refusait le rôle de "potiche" sera restée mariée 51 ans à cette grande figure politique, disparue le 8 janvier 1996.
François Hollande, qui ambitionne de devenir en mai 2012 le deuxième socialiste à l’Elysée, a salué "une grande dame, engagée très jeune dans la Résistance, qui avait mis son courage et son immense énergie au service de la cause qui valait pour elle, celle des libertés".
Par tweet, sa compagne, Valérie Trierweiler, a rendu hommage à une "grande conscience humaniste", confiant l’avoir rencontrée pour la dernière fois "cet été à Latche au milieu des siens".
Allusion à la maison landaise où se retrouvait la tribu Mitterrand, entre pins et océan Atlantique.
C’est jeune résistante que Danielle Mitterrand avait rencontré à Cluny (Saône-et-Loire), dans la maison familiale où s’était réfugié son père, celui qui était alors le capitaine Morland -son pseudonyme de résistant- recherché par la Gestapo.
Elle l’épouse le 27 octobre 1944, deux jours avant de souffler ses vingt bougies.
Soutien constant de ce séducteur patenté -il a eu une fille hors mariage, Mazarine, qu’elle avait étreinte tendrement lors des obsèques du défunt président-, elle lui donnera trois fils, dont le premier mourra tout bébé.
Mère de Jean-Christophe (né en 1946) et Gilbert (1949), celle qui était souvent appelée Tatie Danielle, par ricochet au surnom Tonton donné au chef de l’Etat, était grand-mère et arrière-grand-mère.
A l’Elysée, elle a été une Première dame discrète, mince et souriante, vifs yeux clairs et rieurs, élégance simple et classique, loin de toute extravagance "glamour".
Mais c’est dans la défense ardente de causes tous azimuts qu’elle se déployait avec le plus d’ardeur : soutien aux peuples kurde et tibétain, à Cuba, au sous-commandant Marcos (Mexique), partage équitable de l’eau ou dénonciation de l’esclavagisme.
Celle qui voulait être Antigone proclamait "un objectif clair : un monde plus juste".
C’est en 1986, pendant le premier septennat de son époux, qu’elle avait créé France Libertés, fondation qui a fêté en octobre son 25e anniversaire.
Née le 29 octobre 1924 à Verdun (Meuse), Danielle Gouze était la fille d’un directeur d’école -révoqué en 1940 par Vichy pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège- et d’une institutrice, tous deux militants de la SFIO. Elle rejoint le maquis à 17 ans comme infirmière bénévole et sera l’une des plus jeunes médaillées de la Résistance.
Elle était la soeur de Christine Gouze-Raynal, grande productrice de cinéma ("Vie Privée" de Louis Malle par exemple) et épouse, décédée en 2002, du comédien Roger Hanin.
Amatrice de reliure, Danielle Mitterrand a écrit plusieurs livres, dont son best-seller "En toutes libertés" (1996).
Elle habitait toujours rue de Bièvre, près de la Seine, dans la maison parisienne du couple Mitterrand, au coeur du Quartier latin.
Ces dernières années, elle s’était éloignée du PS, jugeant en 2007 que ses dirigeants n’avaient "pas la fibre socialiste".

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Hommages à "une grande dame engagée"
François Hollande a rendu hommage, mardi, à Danielle Mitterrand, décédée dans la nuit, en saluant "une grande dame, engagée très jeune dans la Résistance, qui avait mis son courage et son immense énergie au service de la cause qui valait pour elle, celle des libertés". "Autour de François Mitterrand, avec le Parti socialiste, elle a fait partie de ces militantes qui ont préparé la victoire de mai 1981", a poursuivi le candidat socialiste à la présidentielle.
"Puis, avec sa fondation, elle a utilisé, tout au long des deux septennats de François Mitterrand sa grande influence morale pour venir en soutien aux déshérités partout dans le monde, comme pour défendre les droits de l’homme dans les endroits les plus oubliés de la planète", a ajouté François Hollande. "Elle a terminé sa vie en militante sur la grande question de l’accès à l’eau et, jusqu’à son dernier souffle, elle a porté des projets permettant le partage de cette ressource vitale." Il a exprimé également à Danielle Mitterrand "toute (sa) reconnaissance pour son action, toute (son) admiration pour cette grande personnalité". "J’adresse à sa famille, à Gilbert, Jean-Christophe, à ses petits-enfants, toute mon amitié et ma solidarité au moment où ils perdent cette mère et grand-mère dont ils peuvent être si fiers", a conclu François Hollande.

"Un parcours exemplaire"
Le président Nicolas Sarkozy a salué, mardi, "son parcours exemplaire", "une femme qui n’abdiqua jamais ses valeurs et poursuivit jusqu’au bout de ses forces les combats qu’elle jugeait justes". Dans un communiqué rendu public par ses services, le chef de l’État souligne que, "toute sa vie, elle a accompagné, dans les épreuves comme dans les victoires historiques, le parcours politique hors du commun de son mari, le président François Mitterrand". "Mais jamais ni l’épreuve ni la victoire ne la firent dévier du chemin qu’elle s’était tracé : faire entendre la voix de ceux que personne ne voulait entendre", poursuit Nicolas Sarkozy.
"À côté d’un destin exceptionnel, elle sut faire preuve d’une indépendance d’esprit, d’une volonté et d’une dignité exceptionnelle", écrit le président de la République, pour qui, "à sa juste place", Danielle Mitterrand "a donc su, aussi, servir la France que nous aimons". Le chef de l’État présente "ses plus sincères et ses plus profondes condoléances à ses enfants, à ses petits-enfants et à l’ensemble de sa famille".

"Une femme qui n’a jamais renoncé à défendre les causes auxquelles elle croyait"
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a, quant à elle, indiqué sur Twitter "penser très fort à Danielle Mitterrand, résistante et femme libre". Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à l’Élysée, dans un communiqué : "J’apprends avec émotion la disparition de cette grande dame, exemple de rectitude et de générosité. Ma pensée va à ses fils, Jean-Christophe et Gilbert, ainsi qu’à tous les siens."

Jean-Marc Ayrault, au nom du groupe PS à l’Assemblée, qu’il préside, déclarait mardi matin dans un communiqué : "Toute sa vie, elle a été une combattante qui a porté l’esprit de résistance à l’oppression et à l’injustice. Danielle Mitterrand, c’était le courage de la jeune infirmière engagée à 17 ans dans les maquis de la Résistance. C’était la droiture de la militante des droits de l’homme qui, à la tête de la fondation France Libertés et parfois au péril de sa vie, n’a cessé de militer pour la liberté des peuples opprimés ou pour le partage équitable de l’eau. C’était aussi la simplicité d’une femme qui a accompagné tous les combats de François Mitterrand, qui a connu à ses côtés les honneurs de l’État, mais qui n’a jamais renoncé à défendre les causes auxquelles elle croyait."

Ségolène Royal, ex-candidate à l’Élysée, a déclaré, mardi, avoir appris "avec tristesse la disparition de Danielle Mitterrand, une grande dame" qui résistait contre "toutes les formes d’oppression". "C’est une grande dame qui s’éteint, une militante inlassable des droits humains, une passionnée de la défense des grandes causes comme l’accès à l’eau potable, une résistante dès la première heure contre toutes les formes d’oppression", écrit la présidente de Poitou-Charentes dans un communiqué. "La vie lui a réservé des épreuves qu’elle a surmontées avec dignité et courage", ajoute Ségolène Royal.

"La force, la noblesse et la générosité des êtres que l’on pensait éternels"
Martine Aubry, première secrétaire du PS, assure que "la France perd une conscience qui savait lui parler en face". Elle "avait la force, la noblesse et la générosité des êtres que l’on pensait éternels", écrit la maire de Lille dans un communiqué. "Sa disparition est un choc immense. Malgré une grande faiblesse physique, elle s’est battue sans relâche pour les causes qu’elle avait faites siennes. Totalement. Intensément. Danielle Mitterrand ne savait pas faire autrement." "De la Résistance à l’action humanitaire, de la défense des libertés au droit à l’accès à l’eau, son itinéraire ne fait qu’un avec les combats de la gauche", "son nom restera à jamais associé à François Mitterrand, qu’elle a accompagné pendant plus de cinq décennies", ajoute Martine Aubry.
"Dans la mémoire des Français et pour les livres d’histoire, elle est à ses côtés. Mais sa volonté militante ne la rendait pas moins indépendante, des modes comme des discours convenus. Ce caractère lui a fait gagner une place singulière dans le coeur des femmes et des hommes de gauche", poursuit-elle. "La France perd une conscience qui savait lui parler en face. Sa lucidité - lucidité prémonitoire sur les excès de la financiarisation ou les dérives de l’Europe - était précieuse. Sa parole intransigeante de refus des compromissions nous manquera", ajoute Martine Aubry.

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Danielle Mitterrand sera enterrée samedi à Cluny
Danielle Mitterrand, veuve de l’ancien chef de l’État décédée dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 87 ans, devrait être enterrée samedi à Cluny, en Saône-et-Loire, selon des sources concordantes. Danielle Mitterrand "sera probablement enterrée samedi à Cluny", a indiqué, mardi, le directeur de sa fondation France Libertés, Emmanuel Poilane. Cette information a été confirmée par un proche de la famille.
Le père de Danielle Mitterrand (née Gouze), directeur d’école, avait trouvé refuge à Cluny après avoir été révoqué en 1940 par le gouvernement de Vichy pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège. C’est également à Cluny que Danielle Mitterrand rencontrera le capitaine Morland, alias François Mitterrand, recherché par la Gestapo.
"C’est une grande dame qui s’en va" (Emmanuel Poilane)
"C’est une grande dame qui s’en va, qui portait des valeurs de vie depuis toujours. Elle était toujours portée vers l’avenir et aujourd’hui, elle voudrait qu’on porte ses valeurs de résistance, d’indignation pour faire en sorte que le monde change et soit plus juste", a déclaré Emmanuel Poilane, devant le domicile familial des Mitterrand rue de Bièvre, dans le 5e arrondissement de Paris. Selon lui, la dépouille de Danielle Mitterrand ne transitera pas par l’appartement de la rue de Bièvre.
Jean-Christophe Mitterrand, son fils aîné, aperçu mardi matin devant le domicile familial parisien, n’a pas souhaité s’exprimer. Deux roses rouges et une rose blanche étaient coincées dans la porte cochère de l’immeuble.
Décédé en janvier 1996, moins d’un an après son départ de l’Élysée, François Mitterrand a été inhumé dans sa ville natale de Jarnac, en Charente.

(Mardi, 22 novembre 2011 - Avec les agences de presse)

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