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Syrie : des milliers de personnes aux funérailles des victimes de l’attentat

samedi 7 janvier 2012, par La Rédaction

Des milliers de personnes ont participé samedi aux funérailles des 26 victimes de l’attentat perpétré la veille à Damas, une attaque "terroriste" selon le régime qui promet d’agir d’"une main de fer".
Les funérailles, retransmises par la télévision d’Etat, ont débuté après la prière de la mi-journée à la Mosquée Hassan à Midane, quartier historique du centre de la capitale où un kamikaze s’est fait exploser vendredi, faisant 26 morts et 63 blessés.
Le mufti de Damas Bachir Eid, entouré de dignitaires religieux, a prononcé un discours dans la mosquée, où la prière aux morts a été récitée en présence notamment de plusieurs ministres et responsables du régime du président Bachar al-Assad.
A l’extérieur, des milliers de personnes arboraient des drapeaux syriens et des portraits du président Assad, scandant : "Par notre âme et notre sang nous nous sacrifierons pour toi Bachar".
Les cercueils enveloppés de drapeaux étaient portés à bout de bras par la foule qui dénonçait des attentats "terroristes criminels".
Le journal du parti Baas au pouvoir a publié des photos des morts et de restes humains jonchant le sol, estimant que l’attentat visait à réduire le rôle "incontournable" de Damas dans la région.
"Les commanditaires et les auteurs de l’attentat cherchent à réduire la Syrie à un élément marginal dans des conflits où elle constituait jusqu’à présent un acteur incontournable", estime le journal.
"Le terrorisme s’extirpe et ne se soigne pas, son éradication est devenue inévitable", affirme pour sa part le quotidien officiel As-Saoura, qui pointe un doigt accusateur vers les islamistes.
"Ils ont commis des crimes à outrance dans le passé et aujourd’hui ils les dévoilent ouvertement en signe de défi", poursuit le journal, faisant allusion aux attentats sanglants commis dans les années 1980 par les Frères musulmans syriens, alors en guerre contre le régime baassiste.
Le ministère de l’Intérieur a prévenu vendredi que les autorités allaient "frapper d’une main de fer tous ceux qui veulent nuire à la patrie".
L’attentat suicide, survenu deux semaines après une attaque similaire, a été imputé par les autorités à des "terroristes", tandis que des opposants l’ont attribué au régime.
Les Frères musulmans syriens, qui avaient annoncé avoir renoncé à la violence, ont accusé vendredi le régime, appelant à une enquête internationale.
"Nous faisons porter au régime, à ses services de sécurité et à ses gangs l’entière responsabilité de ce crime", a indiqué leur porte-parole, Zouheir Salem, dans un communiqué qui a appelé à une enquête internationale "avant que les criminels ne cachent les preuves de leur crime", a-t-il poursuivi.
Les Frères musulmans avaient accusé également le régime d’avoir "orchestré" les attentats à la voiture piégée menées le 23 décembre contre des bâtiments de la Sécurité à Damas.
"L’attentat (...) porte clairement l’empreinte du régime", a accusé de son côté le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, dont les Frères musulmans.
"De telles pratiques prouvent une fois de plus que la mission des observateurs de la Ligue arabe et le plan de la Ligue arabe nécessitent le soutien politique et légal de la communauté internationale", a indiqué le CNS dans un communiqué.
A Washington, le Département d’Etat a condamné "résolument" l’attentat, alors que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit "profondément préoccupé par la situation qui empire en Syrie, où plus de 5.000 personnes ont péri depuis mars par la répression, selon une estimation des Nations unies.
Le Hezbollah libanais, allié de Damas, a accusé les Etats-Unis d’être derrière l’attentat.
A Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a "condamné avec force" l’attentat, accusant "les ennemis de la Syrie qui pensent seulement à la guerre civile, à disloquer le pays et à le soumettre aux exigences de l’axe américano-sioniste".
L’opposition a qualifié d’"échec" la mission des observateurs de la Ligue arabe chargés de veiller à l’application du plan de sortie de crise, et appelé l’ONU à intervenir, estimant que la politique "molle" de la Ligue à l’égard du régime avait conduit "à une hausse des morts dans la répression".
Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe Adnane Issa a toutefois assuré à l’AFP qu’"aucun projet de retrait des observateurs n’est à l’ordre du jour de la réunion du comité ministériel" prévue dimanche au Caire pour entendre le rapport du chef des observateurs.
Actuellement, 153 observateurs se trouvent en Syrie, et 10 observateurs jordaniens sont attendus samedi, selon M. Issa.
Sur le terrain, la répression des protestataires a fait quatre nouvelles victimes samedi à Homs, un haut lieu de la contestation dans le centre de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

(07 janvier 2012 - Avec les agences de presse)

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