Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Liban > Le préfet Yves Bonnet réclame la libération de Georges Ibrahim (...)

Le préfet Yves Bonnet réclame la libération de Georges Ibrahim Abdallah

lundi 9 janvier 2012, par La Rédaction

Ancien patron de la DST et ancien député UDF, le préfet Yves Bonnet réclame la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique de France, détenu à Lannemezan. Il dénonce une « vengeance d’état ». Interview.

Vous étiez le patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, en 1984. Que lui reproche-t-on, à l’époque ?
En fait, lorsque nous l’arrêtons, nous ne savons pas qui il est. Mais en garde à vue, il profère des menaces et met en avant son appartenance au service de sécurité de l’OLP. Manque de chance, j’entretiens des relations amicales avec Abou Iyad, n° 2 de l’OLP et je sollicite les Israéliens de l’autre côté. C’est alors que nous l’identifions comme chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, un groupe marxiste pro-palestinien, responsable d’attentats et ayant tué trois personnes en France. Mais nous n’avons rien de sérieux contre lui, juste une histoire de faux papiers, de détention d’armes et d’explosifs…

Que se passe-t-il alors ?
Au Liban, les FARL sont un groupe résolu, impossible à infiltrer, reposant sur une vingtaine de personnes issues de trois familles de Koubeyat, un village près de Tripoli. Georges Ibrahim Abdallah arrêté, en mars 1985, elles s’emparent de Gilles Sidney Peyroles, directeur du centre culturel français de Tripoli et le fils de l’écrivain Gilles Perrault. On se retrouve donc avec une sale histoire d’enlèvement sur les bras. J’étais au siège de la CIA, à Langley et Paris me demande de rentrer d’urgence. Il faut négocier un échange. Jusque-là, Georges Ibrahim Abdallah est accusé de délits, il n’a pas de crime sur le dos. Les Algériens s’engagent et servent d’intermédiaires, je donne mon accord pour l’échange sans que Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur ne s’y oppose. Gilles Peyroles est libéré. Mais malheureusement pour Georges Ibrahim Abdallah, dans le même temps, on trouve dans une planque des FARL l’arme qui a servi à tuer MM. Charles Ray et Yacov Barsimentov et là, le dossier change de dimension, la justice ignorant les tractations et l’accord que j’avais passé avec l’Algérie. Pour Georges Ibrahim Abdallah, on me dit « son compte est bon. » Je me sens très mal parce que j’ai donné ma parole à mes amis algériens qui se sont énormément mouillés dans le dossier et je suis lâché par les politiques.

Condamné dans un premier temps à 4 ans de prison pour la détention d’armes et de faux papiers, Georges Ibrahim Abdallah est ensuite condamné à perpétuité. Cela fait 28 ans qu’il est prisonnier et à plusieurs reprises, vous avez réclamé sa libération. Officieusement, d’abord, officiellement désormais. Pourquoi ?
J’ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée et on a voulu faire croire qu’à l’époque, Bonnet avait négocié tout seul. Je trouve cela ignoble car cela revenait à me mettre directement dans le collimateur des FARL. Aujourd’hui, presque 30 ans après les faits, je trouve anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison. Je considère qu’il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d’accord, c’est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n’ont jamais été punis. Et aujourd’hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu’elle a libéré Maurice Papon ? J’aimerais rappeler aussi qu’on a remis en liberté l’assassin de Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l’Iran, avait décapité l’ancien Premier ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est plus mal traité qu’un serial killer alors qu’il a commis des actes politiques.

S’agit-il alors d’une vengeance d’état, contre Georges Ibrahim Abdallah ?
Je pense que oui et c’est absolument lamentable, d’autant plus qu’il a déjà eu un avis favorable de libération localement. C’est Paris qui refuse par rapport à ses alliés. Je demande à ce que la justice m’entende dans ce dossier.

(La Dépêche du 07 janvier 2012)

**

Prison à perpétuité

1982, la guerre du Liban fait rage. Le 18 janvier, l’attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France, le lieutenant-colonel Ray, est tué à Paris par les Fractions armées révolutionnaires libanaises. Le 3 avril, Yacov Barsimentov, diplomate israélien en poste à Paris, est aussi victime d’un attentat des FARL. Puis le consul américain, à Strasbourg.
Pour les FARL, qui se revendiquent comme une organisation de résistance, Ray et Barsimentov sont deux officiers de renseignement d’armées d’occupation au Liban. Logique de guerre inacceptable pour la France pour qui il s’agit d’actes terroristes commis sur son territoire.
Le 26 janvier 1987, considéré comme le chef présumé des FARL, Georges Ibrahim Abdallah est condamné à perpétuité, mais sans peine de sûreté, pour « complicité d’assassinats ». En 2004, la Cour d’appel de Pau avait accepté la demande de libération conditionnelle de ce « prisonnier modèle ».

***

بونيه : اعتقال جورج عبدالله مسألة انتقام دولة

روى الرئيس الأسبق لجهاز الاستخبارات الفرنسية ايف بونيه، في حديث لصحيفة « لا ديبيش » الفرنسية، السبت 7 كانون الثاني، كيف تم اعتقال المناضل اللبناني جورج ابراهيم عبدالله، في العام 1984 في مدينة ليون الفرنسية، بتهمة اغتيال دبلوماسيين أميركي وإسرائيلي، مجدداً دعوته إلى تحرير القائد السابق لـ« الفصائل المسلحة الثورية اللبنانية ».
ووصف بونيه، وهو مؤسس « المركز الدولي للبحوث والدراسات حول الإرهاب »، والذي شارك في المطاردة التي أدّت إلى اعتقال عبدالله، القضية بأنها قضية « انتقام دولة ».
وقال بونيه، انه عند اعتقال عبدالله في 1984، « لم نكن نعلم من هو، ولكن كنا نعلم انه يشكل تهديدا. ولقلة حظه، تربطني علاقة صداقة بالرجل الثاني في منظمة التحرير الفلسطينية أبو أياد، كما أتواصل مع الإسرائيليين. وهكذا عرفنا انه قائد الفصائل المسلحة الثورية اللبنانية، الماركسية الموالية للفلسطينيين، وانه مسؤول عن هجمات، وانه قتل ثلاثة أشخاص في فرنسا. ولكن لم يكن لدينا أدلّة مهمة ضدّه، فقط أوراق مزوّرة وضبطنا أسلحة ومتفجرات ».
وبعد استعراض نبذة عن نشأة عبدالله في قرية القبيات في شمال لبنان، التي انبثقت منها « الفصائل المسلحة »، روى بونيه كيف أسرت هذه المنظمة، التي « يستحيل اختراقها »، مدير المركز الثقافي الفرنسي في طرابلس (لبنان) جيل بيرولز، عقب اعتقالنا عبدالله، « لنجد أنفسنا أمام قصة اختطاف وسخة ». كان بونيه في مقر وكالة الاستخبارات المركزية « سي أي آيه » في لانغلي، حين استدعته باريس « على نحو طارئ ». إذاً، « علينا أن نفاوض ».
وتابع بونيه، « حتى حينه، كان عبدالله متهما بارتكاب جنح فقط، ولا جريمة تثقل كاهله ». وبعد وساطة قام بها الجزائريون، « وافقتُ على صفقة التبادل، من دون أن يعترض وزير الداخلية بيار جوكس ». تم تحرير بيرولز، ولكن « للأسف، خلال تلك الفترة (التفاوض)، وجدنا في مخبأ للمنظمة، السلاح الذي قُتل به الملحق العسكري الأميركي في باريس شارل راي والسكرتير الثالث في السفارة الإسرائيلية في باريس ياكوب بارسيمنتوف ».
هكذا، « اختلفت أبعاد القضية، وتجاهل القضاء الاتفاق الذي أبرمتُه مع الجزائر »، كما قال بونيه، مضيفاً « أشعر بالسوء كثيراً لأنني منحتُ كلمتي لأصدقائي الجزائريين، الذين بذلوا جهدهم في الملف، بينما قذفتني السياسات ».
كان الحكم ضد عبدالله يقضي بسجنه أربع سنوات لحيازة السلاح والأوراق المزوّرة، ثم صدرت بحقه « تباعاً » المزيد من الأحكام. واليوم « مضت 28 عاماً، وهو لا يزال معتقلاً »، ليصبح « أقدم أسير سياسي في فرنسا »، متروكاً « للنسيان، كما لو أنهم يريدون أن يقضي، في سجنه »، كما نقلت صحيفة « ليبيراسيون » الفرنسية عن أحد الأعضاء في لجنة دعم المناضل اللبناني.
هذا الأمر يشكّل « مصدراً لتأنيب ضميري »، قال بونيه، فـ« فرنسا نكثت بكلمتها، وحاولت إظهار الأمر وكأنني فاوضت بمفردي، وانا أجد هذا غير نبيل »، واصفاً استمرار اعتقال المناضل اللبناني بأنه « فضيحة »، معتبراً انه « من حق عبدالله وصف عمليات الفصائل بأنها مقاومة »، وهو « أمر قد نختلف عليه او نتفق، ولكن علينا أن نتذكّر السياق التاريخي لتلك العمليات : مجازر صبرا وشاتيلا، التي لم يُعاقَب مرتكبوها قط ». واليوم « لا تزال فرنسا تعتقل عبدالله، بينما أطلقت سراح موريس بابون، وحررت قاتل شهبور بختيار؟ ».
وبابون مسؤول فرنسي رفيع المستوى، أدين في العام 1998 بتهمة التواطؤ في ارتكاب « جرائم ضد الانسانية »، لترحيله ما يربو على 1600 يهودي خلال الحرب العالمية الثانية، كما شارك في أعمال « تعذيب » خلال الحرب الجزائرية (1954ـ1962)، وغيرها من الجرائم.
أما بختيار، فكان آخر رئيس وزراء تحت حكم الشاه في إيران، قبل ان يغادر إلى منفاه في فرنسا بعد الثورة الإسلامية، في 1979، حيث اغتيل ذبحاً. واتهم ثلاثة أشخاص من الحرس الثوري بالجريمة. ولم يُعتقل إلا واحد منهم، هو علي فاكيلي راد، وقد حكم عليه بالسجن المؤبد، قبل أن يطُلق سراحه في 2010، في صفقة تبادل لتحرير كلوتيد ريس، التي اعتقلت في إيران.
استنكر بونيه « كيف يتم تحرير هذا الرجل (علي فاكيلي راد) الذي ارتكب هذه الجريمة الوحشية، بعد أقل من 20 عاماً على الجريمة، بينما يعامل جورج ابراهيم عبدالله كقاتل متسلسل لارتكابه أعمالاً سياسية ! ».
وختم بونيه حديثه مع « لا ديبيش »، بالقول « اعتقد ان المسألة مسألة انتقام دولة. باريس ترفض تحريره نيابة عن حلفائها. وهذا مثير للرثاء ».

Repérage des citations dans la presse libanaise
http://www.citations-explorer.com/

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2