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Bahreïn : poursuite des affrontements autour de Manama

lundi 13 février 2012, par La Rédaction

Des affrontements ont opposé, lundi 13 février avant l’aube, des manifestants à la police dans les villages chiites situés aux alentours de Manama, la capitale. A la veille de l’anniversaire du soulèvement contre la monarchie, les protestations se sont multipliées. Des heurts ont opposé, dans la nuit et jusqu’à l’aube, des manifestants à la police qui les a dispersés à l’aide de tirs de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Plusieurs personnes ont été blessées mais ont été traitées dans les domiciles, de peur d’être arrêtées dans les hôpitaux gouvernementaux.
Des militants ont appelé à des marches lundi et mardi vers la place de la Perle à Manama, sur laquelle des manifestants avaient observé un sit-in du 14 février à la mi-mars 2011 avant d’en être violemment chassés par les autorités, qui y avaient rasé le monument central.
Le mouvement de contestation est animé par des chiites, majoritaires à Bahreïn, qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une famille royale sunnite. Il a été maté par la force, faisant trente-cinq morts, selon une commission d’enquête indépendante, et n’a permis aucun changement politique, les autorités se refusant à toute concession.
Durant l’année écoulée, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans les régions chiites souvent réprimées. Cité par l’agence officielle BNA, le chef de la sécurité générale, le général Tarek Al-Hassan, a mis en garde contre "les appels provocateurs sur les réseaux sociaux à des manifestations ou des activités illégales, menaçant la sécurité et l’ordre public".
Les policiers ont été déployés en force sur les principaux axes de la capitale, notamment ceux conduisant à la place de la Perle à Manama, symbole du soulèvement. Dimanche soir, ils avaient déjà dispersé à coups de grenades lacrymogènes des centaines de manifestants qui ont tenté de s’approcher de cette place.
Le roi Hamad de Bahreïn insiste sur la désunion de l’opposition et explique que c’est la menace d’une ingérence iranienne qui a motivé son appel à des troupes de pays étrangers pour mater le mouvement de contestation de l’hiver dernier. "Dans un certain sens, il n’y a pas d’’opposition’ à Bahreïn, car ce terme sous-entend un bloc uni autour de mêmes valeurs", lit-on dans des extraits d’une interview accordée par le souverain au magazine allemand Der Spiegel.

(13 février 2012 - Avec les agences de presse)

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