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Bouteflika : "La réalisation de l’unité maghrébine est un impératif vital et pressant"

samedi 18 février 2012, par La Rédaction

La construction du Maghreb à l’ère des ensembles régionaux et internationaux est un "impératif vital et pressant", a estimé samedi le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, dans un message aux dirigeants des pays membres de l’Union du Maghreb arabe (UMA). "La réalisation de l’unité maghrébine à l’ère des ensembles régionaux et internationaux est un impératif vital et pressant en vue de permettre à nos peuples frères de relever les défis, au sein d’un ensemble soudé et uni", a affirmé Abdelaziz Bouteflika.
Le président algérien a transmis ce message à ses homologues tunisien Moncef Marzouki et mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, au président du Conseil national de transition libyen Mustapha Abdel Jalil et au roi du Maroc Mohammed VI, à l’occasion du 23e anniversaire de la création de l’UMA, le 17 février 1989 à Marrakech, dans le sud du Maroc.
Abdelaziz Bouteflika a réitéré "le souci et la volonté de l’Algérie d’oeuvrer, de concert avec (eux), à la préservation de cet acquis et au développement de ses structures, étant un facteur de développement et un cadre de complémentarité et de concertation politique". "Nous sommes tenus dans notre démarche d’oeuvrer sur la base d’une approche réaliste et progressive qui prenne en compte les intérêts de nos pays et les ambitions de nos peuples", a-t-il ajouté. "L’occasion est sans aucun doute propice à l’actualisation de notre réflexion sur la construction de l’édifice maghrébin, bâti sur une complémentarité économique qui repose sur l’adoption de politiques communes dans tous les domaines", a encore souligné le président algérien.
Les chefs de la diplomatie des pays du Maghreb étaient réunis samedi à Rabat pour "redynamiser" l’UMA, une organisation restée lettre morte depuis sa création.

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Après le Printemps arabe, l’Union du Maghreb cherche un second souffle
Stimulés par le vent de changement qui souffle sur la région, les chefs de la diplomatie des pays du Maghreb sont réunis samedi à Rabat pour redynamiser l’UMA (Union du Maghreb arabe : Maroc, Algérie, Mauritanie, Tunisie, Libye), une organisation restée lettre morte près d’un quart de siècle après sa création. Les ministres doivent notamment examiner l’avenir de cette organisation, destinée à devenir un vaste marché de libre-échange et à préparer un sommet que la Tunisie souhaite tenir chez elle cette année. Le traité constitutif de l’UMA a été signé le 17 février 1989 à Marrakech, dans le sud du Maroc, mais son dernier sommet remonte à 1996.
Au fil des années, une cinquantaine de conventions ont été signées entre les États membres sans pour autant atteindre les objectifs de ce groupement régional. Les relations difficiles entre les anciens dirigeants de cette région ont longtemps constitué une entrave à l’UMA. Mais le Printemps arabe a insufflé un nouvel esprit. "J’espère que 2012 sera l’année de l’UMA", a déclaré le président tunisien Moncef Marzouki lors d’une tournée, la semaine dernière, dans la région. "Nous allons oeuvrer cette année à rétablir la cohésion avec nos frères algériens, marocains, libyens et mauritaniens, dans le but de ressusciter le grand rêve de l’Union maghrébine, gelé depuis des années", a-t-il souligné lors de sa visite à Rabat.
Le roi Mohammed VI du Maroc a dit également souhaiter la création d’un "nouvel ordre maghrébin qui tienne compte des changements intervenus en Libye et en Tunisie". Le contexte s’y prête et les concertations se sont accélérées ces derniers temps entre les pays du Maghreb pour rapprocher les points de vue et baliser le terrain. D’ores et déjà, Rabat et Alger ont entamé un rapprochement, sans pour autant aboutir à un accord sur l’ouverture de leurs frontières terrestres, fermées depuis 1994, ni sur le contentieux autour du Sahara occidental. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été occupé en 1975 par Rabat comme partie intégrante de son territoire, alors qu’Alger soutient le front indépendantiste sahraoui Polisario. L’ONU mène actuellement des négociations pour parvenir à une solution internationale.
"Quand vous avez un problème que vous ne pouvez surmonter, il faut le contourner et le mettre entre parenthèses", a plaidé le président tunisien à propos de ce conflit vieux de 35 ans. Ce point de vue semble accepté par Alger et Rabat, qui souhaitent mettre leur potentiel humain et économique en commun afin de réaliser avec leurs voisins une meilleure croissance. Il en va de même du rapprochement entre la Tunisie et la Libye, malgré les tensions à leurs frontières provoquées par l’insécurité de l’après-Kadhafi. Symboliquement, Moncef Marzouki a effectué sa première visite officielle à l’étranger à Tripoli, après sa nomination à la tête de l’État en décembre.
Dans ce vaste ensemble qui s’étend sur une superficie de plus de six millions de kilomètres carrés, avec une population de quelque cent millions d’habitants et un patrimoine en commun, chaque pays a des attentes par rapport aux autres alors que le commerce (hors pétrole) intrarégional reste insignifiant. Les échanges commerciaux intermaghrébins représentaient en 2010 moins de 2 % de l’ensemble de leurs échanges extérieurs, un des taux régionaux les plus bas du monde. Toutefois, l’Algérie couvre à 100 % les besoins en énergie de la Tunisie.
Face aux attentes légitimes, les écueils restent néanmoins très importants sur la voie d’un nouveau Maghreb. Les nouveaux gouvernements installés à Tripoli et à Tunis connaissent les difficultés de l’après-révolution sur fond d’insécurité. Ce sujet devrait être discuté à Rabat, selon le chef de la diplomatie tunisienne Rafik Abdessalam. Désormais, dans ce nouvel ensemble, tant en Tunisie qu’au Maroc, les gouvernements appartiennent à la mouvance islamiste alors que, dans la Libye post-Kadhafi, l’islam politique est une force montante.

(18 février 2012 - Avec les agences de presse)

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