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Syrie : l’Arabie saoudite pour un transfert du pouvoir "de gré ou de force"

vendredi 24 février 2012, par La Rédaction

Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal a estimé vendredi que la solution à la crise en Syrie était un transfert du pouvoir "de gré ou de force", comparant le pouvoir du président Bachar el-Assad à un "régime d’occupation". S’exprimant devant les représentants de la soixantaine de pays réunis à Tunis, il a estimé que les mesures prises par la communauté internationale devraient être à la "hauteur de la tragédie en Syrie", soulignant que les aides humanitaires ne "suffisent pas".
"Mon pays ne peut pas participer à une action qui n’aboutirait pas à la protection du peuple syrien de manière rapide et efficace", a-t-il dit. "Est-il humain de livrer une aide alimentaire, des médicaments et des couvertures à des civils et ensuite les laisser faire face à une machine de guerre impitoyable ?" a demandé le ministre. "Ce qui se passe en Syrie est une tragédie dangereuse (...) le régime syrien a perdu toute légitimité et est devenu un régime d’occupation. Il ne peut plus arguer de questions de souveraineté et de conventions internationales pour empêcher la communauté internationale de protéger son peuple qui est la cible de massacres quotidiens", a-t-il ajouté. Par conséquent, "il n’y a pas d’autre solution pour la crise qu’un transfert du pouvoir de gré ou de force", selon lui.
Il a appelé les soixante pays participant à la réunion des "Amis de la Syrie" à ne pas se contenter d’"annonces symboliques", alors que le régime Assad ne cesse depuis onze mois de réprimer une révolte populaire au prix de milliers de morts.

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À Tunis, la Ligue arabe réclame un cessez-le-feu en Syrie
La Ligue arabe a réclamé vendredi l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu appelant à un cessez-le-feu en Syrie, tandis que le Qatar plaidait pour la constitution d’une "force arabe" et que l’Arabie saoudite soutenait l’idée d’armer les insurgés.
Les ministres des Affaires étrangères d’une cinquantaine de pays membres du groupe des "Amis de la Syrie" étaient réunis à Tunis pour tenter de trouver une solution à la crise syrienne qui dure depuis près d’un an et de remédier à la crise humanitaire qui s’est aggravée ces dernières semaines.
"Cette conférence devrait prendre des décisions pratiques et donner la priorité à une résolution urgente du Conseil de sécurité sur un cessez-le-feu", a déclaré Nabil Elarabi, secrétaire général de la Ligue arabe.
La dernière tentative visant à impliquer le Conseil de sécurité dans la crise syrienne a tourné court le 4 février, lorsque la Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution qui aurait appuyé un plan de l’organisation panarabe. Cet échec a conduit à la création des "Amis de la Syrie", dont la conférence de Tunis était la première réunion.
Le Qatar, par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie, a plaidé pour la mise en place d’une force arabe capable de rétablir la paix dans le pays. "Il faut créer une force arabe et ouvrir des couloirs humanitaires pour apporter la sécurité au peuple syrien", a déclaré cheikh Hamad bin Jassim al Thani, lors de son discours.
Des sources au sein de l’opposition syrienne ont indiqué que les pays occidentaux et d’autres puissances fermaient les yeux sur des achats d’armes réalisés à l’étranger par des exilés syriens pour le compte de l’Armée syrienne libre (ASL).
"Nous acheminons des armes défensives et offensives. Elles viennent de partout, même de pays occidentaux, et ce n’est pas difficile de leur faire passer les frontières", a dit une de ces sources.
Mais les opposants syriens regroupés dans le Conseil national syrien (CNS) souhaitent que leurs soutiens à l’étranger arment les combattants de l’Armée syrienne libre.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al Fayçal, a jugé qu’armer les opposants était "une excellente idée parce qu’ils doivent se protéger", a-t-il dit lors d’un entretien bilatéral avec Hillary Clinton.
Pour l’heure, les capitales occidentales n’envisagent pas de franchir le pas de peur de précipiter la Syrie dans une guerre civile ouverte, même si la Maison blanche n’a pas écarté en début de semaine "des mesures additionnelles".
La Turquie, elle aussi en pointe dans la tentative d’un règlement de la crise syrienne, a appelé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, à renforcer l’embargo sur les armes visant le régime syrien, pour mettre un terme aux "atrocités".
Sur le plan des pressions économiques, l’Union européenne a décidé de renforcer ses sanctions et gèlera les avoirs de la Banque centrale de Syrie à partir de lundi prochain, a annoncé Alain Juppé.
"Face aux crimes contre l’humanité qu’il (le régime) commet, il est du devoir de la communauté internationale de renforcer la pression sur le régime syrien. C’est tout le sens de notre réunion d’aujourd’hui (vendredi)", a ajouté le ministre français des Affaires étrangères.
Hillary Clinton, promettant que Bachar al Assad paiera un "prix élevé", a appelé à un embargo le plus large possible sur le pétrole syrien.
Au plan humanitaire, les participants à la réunion demandent de pouvoir accéder aux villes de Homs, Deraa, Zabadani et aux "autres zones assiégées" et appellent à "un arrêt immédiat de toute violence". Ils promettent en outre la fourniture dans un délai de 48 heures de l’assistance humanitaire nécessaire si la Syrie "cesse ses assauts contre les civils et autorise un accès".
La secrétaire d’Etat américaine a souligné que le gouvernement syrien et ses alliés auraient "encore plus de sang sur les mains" si Damas n’autorise pas l’acheminement d’une aide humanitaire vers les populations civiles en danger.
La Croix-Rouge internationale (CICR) a indiqué à Genève ne pas avoir reçu de réponse à sa demande de trêve adressée aux autorités syriennes pour permettre l’acheminement d’une aide et l’évacuation des blessés mais a fait savoir vendredi en fin d’après-midi qu’elle négociait dans Homs avec des représentants des autorités et des rebelles. La Croix-Rouge veut pouvoir procéder à des évacuations médicales "sans exception".
Selon Alain Juppé, l’évacuation de journalistes blessés cette semaine à Homs, notamment la Française Edith Bouvier, se préparerait. "Le gouverneur de Homs travaille avec la Croix-Rouge pour faire en sorte que (l’évacuation) soit possible dans les meilleurs délais", a-t-il dit.
Signe de la pression croissante exercée sur Damas, la Turquie a annoncé qu’elle accueillerait la prochaine conférence des "Amis de la Syrie".
Sur le terrain, l’armée syrienne n’a pas relâché la pression qu’elle exerce sur la ville de Homs. Des tirs d’artillerie visant le quartier de Bab Amro ont fait cinq morts vendredi, selon des militants.

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Confusion sur l’attitude de la délégation saoudienne à Tunis
La confusion régnait vendredi sur l’attitude de la délégation saoudienne à la conférence des "Amis de la Syrie" à Tunis, la chaîne Al Arabia rapportant qu’elle était partie pour une divergence de vue, avant qu’un de ses membres n’indique à Reuters que ce départ était lié à des discussions bilatérales.
Selon la chaîne panarabe, la délégation saoudienne a quitté la conférence en regrettant que l’accent n’ait été mis que sur l’aide humanitaire.
Al Arabia ajoute que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al Fayçal, a déploré "l’inaction" de la conférence et a estimé que se concentrer sur la question de l’aide humanitaire à la Syrie était "insuffisant".
Un responsable saoudien a toutefois indiqué un peu plus tard à Tunis que la délégation avait quitté la conférence "pour mener des discussions bilatérales", sans préciser leur nature.

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L’évacuation des journalistes blessés à Homs se préparerait
La France tente d’obtenir avec les autorités syriennes et le Croix-Rouge l’évacuation des journalistes, dont la Française Edith Bouvier, blessés mercredi dans la ville syrienne de Homs, a dit vendredi Alain Juppé.
"J’ai demandé aux autorités syriennes que notre ambassadeur puisse se rendre (à Homs). Cette demande n’a pas été acceptée mais le gouverneur de Homs travaille avec la Croix-Rouge pour faire en sorte que (l’évacuation) soit possible dans les meilleurs délais", a dit le ministre français des Affaires étrangères.
Alain Juppé s’exprimait à Tunis, en marge d’une conférence des "Amis de la Syrie" rassemblant pays occidentaux et membres de la Ligue arabe pour demander aux autorités syriennes un accès humanitaire immédiat à plusieurs villes.
Edith Bouvier, qui travaillait pour le Figaro, a demandé à être rapatriée au plus vite pour pouvoir être opérée, dans une vidéo mise en ligne jeudi sur Youtube.
"J’ai la jambe cassée au niveau du fémur dans le sens de la longueur et dans le sens horizontal également. J’ai besoin au plus vite d’être opérée", déclare la jeune femme. "J’ai besoin au plus vite de la mise en place d’un cessez-le-feu, d’une voiture médicalisée ou en tout cas en bon état qui me conduise jusqu’au Liban"

(24 février 2012 - Avec les agences de presse)

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