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Syrie : la Chine "ne peut accepter" les critiques d’Hillary Clinton

lundi 27 février 2012, par La Rédaction

Pékin a jugé lundi inacceptables les propos de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton qui a appelé la communauté internationale à pousser la Chine et la Russie à "changer de position" sur la Syrie où ces deux pays "se mettent en travers des aspirations du peuple".
"Nous ne pouvons pas accepter cela (...) le monde extérieur ne devrait pas imposer son supposé plan de solution de la crise au peuple syrien", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaire étrangères, Hong Lei, lors d’un point de presse régulier.
Hillary Clinton a appelé vendredi à Tunis la communauté internationale à pousser la Chine et la Russie, qui ont bloqué début février une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression en Syrie, à "changer de position".
Moscou et Pékin "doivent comprendre qu’ils ne se mettent pas seulement en travers des aspirations du peuple syrien, mais également du Printemps arabe", a dit Mme Clinton devant la presse à l’issue de la Conférence internationale sur la Syrie dans la capitale tunisienne.
"Il est plutôt désolant de voir deux membres (permanents) du Conseil de sécurité user de leur veto quand des gens sont assassinés", a-t-elle ajouté en référence à la Chine et la Russie, soutiens traditionnels du régime de Bachar al-Assad.
"Nous devons faire changer les gouvernements chinois et russe de position", a-t-elle dit.
Le porte-parole chinois a rappelé lundi que "la Chine a appelé le gouvernement syrien et toutes les parties en Syrie à arrêter immédiatement, et pleinement, tous les actes de violence et à lancer un processus de dialogue sans conditions".
"Nous pensons que la communauté internationale devrait pleinement respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de la Syrie", a ajouté Hong Lei, alors que Pékin a été échaudé par l’offensive occidentale contre la Libye.
"Nous soutenons la position des pays arabes (...) contre toute intervention militaire étrangère", a-t-il insisté.
La Russie a dénoncé de son côté le caractère "unilatéral" de la conférence de Tunis.
"La réunion qui s’est déroulée à Tunis avait clairement un caractère unilatéral. Pour nous il est clair que cette réunion n’a pas aidé à créer les conditions qui stimuleraient toutes les parties à rechercher une solution politique" au conflit, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dont le pays a boycotté la conférence, tout comme la Chine.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a en outre fustigé l’attitude "cynique" de l’Occident vis-à-vis de la Syrie et mis en garde contre toute attaque militaire en Iran, dans un article publié lundi.
M. Poutine a vigoureusement défendu le double veto de la Russie et de la Chine début février au Conseil de sécurité de l’ONU contre une résolution présentée par des pays occidentaux et arabes condamnant la répression en Syrie, allié de longue date de Moscou.
Les Occidentaux "manquent de patience pour élaborer une approche équilibrée" à l’égard de la Syrie au Conseil de sécurité de l’ONU, a écrit le candidat à la présidentielle russe de mars dans ce long texte publié par le quotidien Moskovskie Novosti.
Lundi le Quotidien du Peuple a aussi fustigé Mme Clinton pour ses propos, estimant que "les Etats-Unis n’ont aucun droit de s’exprimer au nom du peuple arabe".
Samedi, au lendemain de la conférence de Tunis, l’agence officielle Chine nouvelle avait accusé l’Europe et les Etat-Unis de faire semblant d’agir par souci humanitaire mais d’avoir en réalité des "ambitions hégémoniques cachées" en Syrie.
La répression sanglante du mouvement de contestation en Syrie a fait plus de 7.600 morts depuis mars 2011, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

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L’UE renforce ses sanctions contre la Syrie
Les pays de l’Union européenne ont annoncé avoir adopté, lundi, un nouveau train de sanctions contre la Syrie. "Les mesures restrictives ont été approuvées" lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères européens à Bruxelles, a indiqué l’Union européenne dans un communiqué.
Elle comprennent un gel des biens de la Banque centrale syrienne en Europe et une interdiction du commerce de métaux précieux, comme l’or, réalisé par le pays. Le train de sanctions de l’UE inclura aussi un embargo sur les vols de fret opérés par la Syrie, qui ne pourront donc plus atterrir sur le territoire européen.
L’option d’un embargo total sur les vols de passagers en provenance de Syrie, un temps à l’étude, a été abandonnée pour le moment dans la mesure où il pourrait empêcher les ressortissants étrangers de quitter le pays, ont indiqué des diplomates. En outre, sept nouvelles personnes vont être ajoutées à une liste de près de 150 personnes et organisations ou entreprises, dont les principaux membres du régime syrien, qui font l’objet d’une interdiction de visa en Europe et de gel d’avoirs. Leurs noms seront publiés mardi.
Plusieurs ministres des affaires étrangères européens, ont aussi dénoncé le référendum organisé en Syrie sur une nouvelle Constitution. "Quand on voit le président de la chambre de l’Assemblée nationale [syrienne] sourire en votant sur ce référendum", cela montre qu’il s’agit d’une "sinistre mascarade", a estimé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en arrivant à une réunion avec ses homologues de l’UE à Bruxelles. "C’est indigne, parce qu’en même temps des bombes sont en train de tomber sur Homs et sur d’autres villes", a-t-il jugé.
Le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, s’est montré aussi très critique. "Le vote d’hier n’a trompé personne", a-t-il estimé. "Ouvrir des bureaux de vote tout en continuant à ouvrir le feu sur les civils, ce n’est pas crédible aux yeux du monde", a ajouté le ministre.
"Nous allons maintenir la pression" avec un nouveau train de sanctions "très fort", a repris M. Juppé.
"Nous sommes par ailleurs en train de déployer tous les efforts possibles pour permettre l’évacuation de journalistes qui sont piégés a Homs", a-t-il ajouté.

(27 février 2012 - Avec les agences de presse)

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