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Kofi Annan en Syrie pour une solution négociée

samedi 10 mars 2012, par La Rédaction

Le président syrien Bachar al-Assad a reçu samedi à Damas l’émissaire international Kofi Annan venu négocier un cessez-le-feu dans un pays meurtri par un an de violences, au moment même où les forces gouvernementales bombardaient violemment le bastion rebelle d’Idleb.
Les médias officiels syriens ont qualifié la rencontre de "positive". Kofi Annan devait s’exprimer en faveur d’une solution négociée à la crise, même si la répression et les offensives sur le terrain redoublent d’intensité.
La mission de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe a été qualifiée de quasi impossible mais indispensable au moment où la communauté internationale, divisée, est à bout de ressources pour mettre fin au bain de sang qui a coûté la vie à près de 8 500 personnes depuis mars 2011.
Faisant montre de fermeté à l’égard du régime syrien depuis le début de la répression, le Qatar a donné le ton samedi en affirmant que le temps était venu d’envoyer des forces arabes et internationales en Syrie, à l’occasion d’une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire.
Les ministres doivent rencontrer le jour même le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont le pays apporte jusqu’à présent un soutien infaillible de Damas, une position critiquée par les pays arabes. Sergueï Lavrov a d’ailleurs fait savoir à l’émissaire international que Moscou était opposé à toute "ingérence grossière" en Syrie. Fort de cet appui, le régime, déterminé à écraser la rébellion à travers le pays, a lancé samedi une offensive contre Idleb (nord-ouest), bombardant violemment la ville dans le but de faire plier les rebelles qui y sont retranchés en grand nombre ainsi que dans sa province montagneuse frontalière de la Turquie.
"Il s’agit des bombardements les plus violents depuis l’envoi de renforts de troupes cette semaine à Idleb. C’est un prélude à un début d’assaut", a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). "Le pilonnage a commencé à 05H00 du matin, ce sont des bombardements très très violents", a indiqué de son côté Milad Fadl, militant local de la Commission générale de la révolution syrienne. "Trois immeubles se sont déjà effondrés dans la rue Thalathin, dans l’ouest de la ville".
"Un cessez-le-feu immédiat, une solution politique globale, un accès et une aide humanitaires."
Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans la province, faisant craindre aux militants une réédition de l’offensive contre Homs et en particulier son quartier rebelle de Baba Amr, repris le 1er mars par l’armée après près d’un mois de siège et de pilonnage incessant.
D’après les militants, le plus grand nombre de rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) dans le pays se concentre dans la province d’Idleb, notamment dans le district de Jabal al-Zaouia. La répression a fait 70 morts vendredi, une journée particulièrement sanglante marquée par des manifestations massives aux cris de "Assad, dégage !", notamment à Alep (nord) qui a connu sa plus forte mobilisation. Les manifestants ont aussi appelé à l’armement de l’ASL.
Mais avant sa visite à Damas, Kofi Annan a mis en garde contre davantage de militarisation qui aggraverait la situation, une position répétée par les Etats-Unis et la France. Selon le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, Kofi Annan devait quitter Damas dimanche après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la "société civile". Il se rendra ensuite dans d’autres pays de la région et verra "des dirigeants de l’opposition hors de Syrie". Ban Ki-moon a fait état de "trois priorités" pour la mission Annan : "un cessez-le-feu immédiat", "une solution politique globale" et "un accès et une aide humanitaires".
D’après l’ONU, quelque 1,5 million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire et plus de 25 000 réfugiés sont recensés dans les pays voisins. Le régime Assad ne reconnaît pas l’ampleur de la contestation et se targue du "soutien du peuple syrien" pour étouffer la contestation qu’il assimile à "des actes terroristes". L’opposition, quant à elle, refuse tout dialogue avec Bachar el-Assad et exige son départ. Les divisions internationales persistent notamment sur un nouveau texte américain au Conseil de sécurité de l’ONU exigeant du régime l’arrêt "immédiat" des violences. Il a été rejeté par Moscou, qui avec Pékin a déjà bloqué deux résolutions à l’ONU.
Les tractations diplomatiques interviennent au moment où de nouvelles défections au sein de l’armée ont été annoncées, après la première démission d’un membre du gouvernement syrien, le vice-ministre du Pétrole Abdo Houssameddine, qui a dénoncé la "brutalité" du régime.
L’opposition syrienne a annoncé la défection d’une dizaine d’officiers de l’armée, dont six généraux, tout en minimisant sa portée. "Les défections ne pourront avoir du poids que lorsque des brigades et divisions entières déserteront l’armée", selon l’opposant Fahd al-Masri. Les Etats-Unis ont conseillé vivement à ceux qui soutiennent encore le régime de "réfléchir à deux fois" avant d’obéir "aux ordres de tuer des innocents", comparant le régime Assad à une "famille de la mafia".

(10 mars 2012 - Avec les agences de presse)

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