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Syrie : la Russie et les Arabes appellent à cesser la violence "d’où qu’elle vienne"

samedi 10 mars 2012, par La Rédaction

Le ministre russe et les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé, samedi au Caire, à la fin de la violence en Syrie "d’où qu’elle vienne", à l’issue d’une réunion destinée à trouver un terrain d’entente sur la crise qui a fait des milliers de morts en un an dans ce pays. La Russie et les Arabes se sont mis d’accord sur cinq points et appellent à "la fin de la violence d’où qu’elle vienne", ont annoncé à la presse les ministres qatari et russe des Affaires étrangères, cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani et Sergueï Lavrov.
Ils refusent également toute intervention étrangère, appellent à la mise en place d’un "mécanisme de supervision impartial" et à autoriser l’arrivée de l’aide humanitaire sans entraves, a précisé le ministre qatari, qui lisait un communiqué conjoint. Russes et Arabes font enfin part de leur soutien à la mission de l’envoyé de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, qui se trouvait à Damas samedi. Ces cinq points sont basés sur la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU adoptée le 16 février et sur les décisions de la Ligue arabe, ont-ils précisé.

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Bachar el-Assad : "La Syrie est prête à transformer en succès toute initiative honnête"
Le président syrien Bachar el-Assad a reçu, samedi à Damas, Kofi Annan, émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, tandis que ses troupes bombardaient la ville d’Idlib, dans le nord-ouest. La rencontre, au palais présidentiel, s’est déroulée dans une "atmosphère positive", rapporte la télévision d’État syrienne, qui ne fournit aucune précision sur les échanges entre les deux hommes. Le président syrien a déclaré à son interlocuteur qu’aucune initiative politique ne pouvait réussir tant que des "groupes terroristes" propageraient le chaos en Syrie.
"La Syrie est prête à transformer en succès toute initiative honnête visant à trouver une solution aux événements dont nous sommes témoins. Aucun dialogue politique, aucune action politique, ne peut réussir tandis que des groupes terroristes armés opèrent et sèment le chaos et l’instabilité", a-t-il dit lors de cette rencontre, précise l’agence de presse officielle Sana. L’ancien secrétaire général des Nations unies a indiqué cette semaine qu’il plaiderait pour une solution politique au conflit qui dure depuis un an en Syrie et a fait plusieurs milliers de morts.
"Nous ferons tout notre possible pour appeler et pousser à la cessation des hostilités et à la fin du bain de sang et de la violence", a-t-il dit jeudi au Caire. "J’espère que personne ne songe sérieusement à recourir à la force dans cette situation. Je crois qu’accroître la militarisation ne ferait qu’aggraver la situation." À New York, son successeur à la tête de l’ONU, Ban Ki-moon, a indiqué qu’il l’avait "très fortement" exhorté à "assurer qu’il doit y avoir un cessez-le-feu immédiat".
Kofi Annan, qui quittera la Syrie dimanche, doit aussi rencontrer des représentants de l’opposition syrienne. Mais les dissidents syriens estiment que le temps du dialogue est révolu et que cela reviendrait simplement à donner du temps aux forces gouvernementales pour les écraser. "Nous soutenons toutes les initiatives visant à stopper les assassinats, mais nous les rejetons si elles donnent à Bachar davantage de temps pour briser la révolution et se maintenir au pouvoir", a affirmé, samedi, Melham al-Droubi, membre de la confrérie des Frères musulmans et du Conseil national syrien, vivant en exil en Arabie saoudite.
La venue de Kofi Annan à Damas n’a pas conduit l’armée syrienne à ralentir sa répression puisqu’au moins 72 personnes ont été tuées dans la journée de vendredi alors que les militaires étendent leur contrôle sur Homs et tentent d’écraser l’opposition armée à Idlib. D’après l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), les forces syriennes ont poursuivi, samedi, le bombardement de cette ville proche de la frontière turque. Une vingtaine de personnes ont été blessées et trois soldats syriens ont été tués dans l’attaque de leur véhicule blindé, précise l’OSDH. "Les forces du régime ont fait irruption dans Idlib avec des blindés, et un violent bombardement est en cours", a dit un militant de l’opposition contacté par téléphone.

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La France ne veut pas d’une résolution qui renverrait dos à dos régime et opposition
La France n’acceptera pas une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui renverrait dos à dos le régime syrien et "ceux qui se battent contre la répression", a averti samedi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. "Nous n’accepterons pas que soient renvoyés dos à dos ou mis sur le même plan le régime et ceux qui se battent contre la répression du régime" syrien, a mis en garde Alain Juppé. "C’est au régime de prendre l’initiative, d’arrêter la répression", a-t-il souligné en marge d’une réunion avec ses homologues européens à Copenhague.
"Il est scandaleux de mettre sur le même plan des citoyens qui essaient de se défendre et un régime qui les combat, qui fait tirer des snipers sur les femmes, les enfants pour créer la terreur", a ajouté le ministre français des Affaires étrangères. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir lundi à New York pour discuter de la Syrie. Les États-Unis ont indiqué vendredi qu’ils n’étaient "pas très optimistes" quant à la possibilité que le Conseil de sécurité des Nations unies se mette d’accord sur une nouvelle résolution sur la fourniture d’aide humanitaire à la Syrie.
Un peu plus tôt vendredi, la Russie avait manifesté son opposition à un nouveau projet de résolution du Conseil, rédigé sous l’égide des Américains, car elle juge le texte "déséquilibré". Selon Moscou, le projet ne contient pas d’appel à un cessez-le-feu de toutes les parties impliquées. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux condamnant la répression du régime de Bachar el-Assad. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), quelque 8 500 personnes ont été tuées dans les violences qui secouent le pays. "Il ne faut pas renoncer à nos objectifs : la cessation des violences, l’accès de l’aide humanitaire, mais aussi la possibilité donnée au peuple syrien de s’exprimer, de conquérir sa liberté et de bâtir une véritable démocratie", a déclaré Alain Juppé.

(10 mars 2012 - Avec les agences de presse)

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