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Les Mauritaniens aux urnes pour élire leur président

samedi 18 juillet 2009, par La Rédaction

Les Mauritaniens se sont rendus nombreux dans les bureaux de vote, samedi, pour une élection présidentielle censée fermer la parenthèse ouverte en août 2008 par le putsch qui a renversé son premier chef de l’Etat démocratiquement élu.
De longues files d’attente se sont formées à Nouakchott, les électeurs étaient enthousiastes à l’idée de participer à ce scrutin initialement programmé le 6 juin mais reporté pour obtenir la levée d’un boycottage par l’opposition. Les bureaux de vote doivent fermer à 19h00 GMT.
Le chef des putschistes de 2008, le général Mohamed ould Abdel Aziz, aborde le scrutin en favori. Jusqu’à tout récemment, il était même considéré comme le seul candidat sérieux à ce scrutin.
Mais, depuis un accord intervenu en juin à Dakar, l’opposition a levé sa consigne de boycottage et Ahmed ould Daddah, vétéran de l’opposition démocratique, et Ely ould Mohamed Vall, auteur en 2005 d’un des nombreux coups d’Etat dont l’histoire de la Mauritanie indépendante est jalonnée, lui contestent désormais le leadership.
"Cette élection représente le défi le plus important (...) soit notre pays choisit de sortir de la crise, qui est une crise très grave et extrêmement dangereuse pour notre pays, soit il choisit de rester dans cette crise", a dit Vall.
Le coup d’Etat de Vall, en 2005, a renversé un régime militaire en place depuis longtemps et jeté les bases des premières élections libres, en 2007.
Toutefois, les promesses de baisse des prix de la nourriture et des carburants formulées par Abdel Aziz devraient lui permettre d’obtenir le soutien d’une population dont 40% vit sous le seuil de pauvreté.
"Le scénario le plus probable, c’est qu’Aziz devienne dirigeant mais cette fois par les urnes", estime Kissy Agyeman-Togobo, analyste du groupe Global Insight.
L’élection présidentielle, dont l’éventuel second tour aurait lieu le 1er août si aucun candidat n’obtient samedi la majorité absolue, offre l’occasion à l’ancienne colonie française de retrouver la légitimité que réclament ses partenaires et donateurs.
La Mauritanie avait été applaudie dans le monde pour les élections présidentielles libres qui avaient mis fin en 2007 à deux décennies de régime militaire. "Mais elle a perdu avec le dernier coup d’Etat son image attrayante", déplore un diplomate en poste dans la capitale.
L’Union européenne, qui a gelé à la suite du coup d’Etat d’Abdel Aziz l’aide de 156 millions d’euros allouée pour la période 2008-2013, se refuse à travailler avec un gouvernement militaire, mais a promis de reprendre sa coopération si le pays en revenait à la démocratie.
Ni l’UE, ni les Nations unies n’ont envoyé d’observateurs, mais plus de 200 délégués de diverses organisations, dont l’Union africaine et la Ligue arabe, sont à pied d’oeuvre pour surveiller le déroulement du scrutin.
La communauté internationale attend aussi de ce scrutin qu’il serve d’exemple au reste de la région, où les coups d’Etat et les crises constitutionnelles se sont multipliés ces derniers mois.
La police a blessé un homme par balle dans la nuit de vendredi à samedi lors d’un raid contre des membres présumés de la branche maghrébine d’Al Qaïda. Deux hommes ont été arrêtés.
Le raid était lié à la mort d’un humanitaire américain tué le mois dernier à Nouakchott et non à l’élection, a dit le commissaire de police Mohamed Lemine Ould Ahmed. L’un des hommes arrêtés portait une ceinture d’explosifs, a-t-il ajouté.
Abdel Aziz avait justifié son coup de force par la nécessité de lutter contre le terrorisme, estimant que son prédécesseur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi accordait une marge de manoeuvre trop importante à Al Qaïda.
La Mauritanie est une alliée de l’Occident dans la lutte contre le mouvement islamiste mais la marginalisation internationale entraînée par le coup d’Etat d’août dernier s’est intensifiée lorsqu’elle a fermé l’ambassade d’Israël, en mars, pour protester contre l’intervention militaire israélienne à Gaza.
Jusque là, la Mauritanie avait été, avec l’Egypte et la Jordanie, l’un trois pays arabes à entretenir des relations diplomatiques complètes avec Israël.

( Samedi, 18 juillet 2009 - Avec les agences de presse )

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