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En Tunisie, l’opposition se réorganise

samedi 14 avril 2012, par La Rédaction

"Nous avons pris conscience qu’à part le mouvement Ennahda, il n’y a aucun grand parti de masse en Tunisie qui arrivait à toucher les couches les plus populaires", a reconnu Yassine Brahim, ancien secrétaire général d’Afek Tounes, à l’issue d’une conférence de presse organisée ce vendredi. Mi-janvier, le Parti démocrate progressiste (PDP), Afek Tounes, le Parti républicain et six autres formations indépendantes ont annoncé leur fusion. Le 9 avril, à la suite de trois jours de congrès, c’est finalement officiel. Hezb el-Jomhouri, le parti républicain, est né de leur union, en vue de préparer les prochaines échéances électorales, prévues pour le premier semestre 2013.
"Avant les élections du 23 octobre, chaque parti voulait savoir ce qu’il pesait", a déclaré Adnan Tekaya, militant du PDP, qui s’était présenté dans le gouvernorat de Bizerte. Il n’a pas obtenu de siège. Le parti de Nejib Chebbi, légalisé depuis 1988 et opposant à Ben Ali, en a décroché 16 au sein de l’Assemblée constituante. Afek Tounes, né après le 14 janvier, quatre. Alors que le mouvement Ennahda en a raflé 89 sur 217 grâce, notamment, à une campagne de proximité efficace.
Depuis, l’heure est à l’"auto-critique". "Beaucoup de choses ont changé et doivent changer, notamment dans le discours. On doit aller à la rencontre des citoyens, se faire comprendre de la population la plus démunie et la plus défavorisée. On doit aussi revoir notre communication. Lors de la campagne, on a voulu faire des opérations publicitaires, mais les photos de Nejib Chebbi et Maya Jribi rappelaient le culte de la personnalité de l’époque de Ben Ali. Maintenant, quand on commet des erreurs, on doit en parler au sein du parti, mais aussi les reconnaître face aux Tunisiens", a poursuivi Adnan Tekaya, le 8 avril, alors qu’il était présent au congrès de fusion, à Sousse, durant lequel le parti a tenu à affirmer son identité arabo-musulmane.
La reconquête de l’électorat, urbain et rural, passera ainsi par l’ouverture de bureaux dans chaque région et un militantisme de terrain. "Nous devons fournir un travail de proximité et répondre aux attentes des Tunisiens qui sont celles des libertés et des fondements de la République. Les Tunisiens sont profondément républicains, et nous devons défendre leurs droits dans une République réelle et non fictive", a surenchéri Maya Jribi, la secrétaire générale du nouveau Parti républicain Hezb el-Jomhouri, qui revendique près de 2 000 militants et entre 40 000 et 50 000 adhérents, selon Yassine Brahim, son nouveau secrétaire exécutif.
Le parti Al Massar, la Voix démocratique et sociale, qui revendique près de 10 000 militants, vient également de faire son entrée sur la scène politique tunisienne. La proximité et le changement d’image sont aussi le nouveau cheval de bataille de ce parti né début avril, de l’union entre le parti de gauche Ettajdid, le Pôle démocratique moderniste (PDM) et le Parti du travail tunisien. "Sur le fond, nous ne changeons rien. Mais l’élection nous a fait comprendre qu’on avait un vrai problème de profondeur psychologique, et notre discours qui était destiné aux couches populaires ne les a pas touchées. Des bureaux d’Al Massar vont être ouverts partout dans le pays. Nos militants sont déjà sur le terrain.
Mais nous avons encore quelques zones d’ombre, notamment, dans le Nord-Ouest", a avoué Riadh Ben Fadhel, ancien coordinateur du PDM, qu’il qualifie lui-même de parti "gauche caviar", et qui a obtenu cinq sièges à l’Assemblée.
La naissance du grand parti républicain Hezb el-Jomhouri ne se fait donc pas sans douleur. Neuf députés affiliés au PDP, sur 16, viennent de "geler" leur appartenance au parti. En outre, les discussions entamées dès novembre avec Al Massar semblent au point mort. Les raisons invoquées ne sont pas d’ordre idéologique - même si le modèle libéral d’Afek Tounes paraît difficilement compatible avec celui du parti de gauche Ettajdid -, mais plutôt d’ordre organisationnel et de gestion de la démocratie interne.
Proposer une alternative politique face, notamment, au mouvement islamique Ennahda, sont les leitmotivs de ces deux nouvelles formations, tout comme celle de l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, dont le meeting qui s’est tenu le 24 mars à Monastir a été marqué par l’expulsion musclée d’un journaliste d’Al Jazeera. Désormais, le Parti républicain et Al Massar n’excluent pas une possible alliance avec les Destouriens de Béji Caïd Essebsi, ancien ministre de Bourguiba, mais mettent avant tout l’accent sur le travail de la justice transitionnelle et le devoir de mémoire, nécessaires à la Tunisie.

(14 avril 2012 - Avec les agences de presse)

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