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Syrie : signes de division dans l’opposition, Ghalioun prêt à démissionner

jeudi 17 mai 2012, par La Rédaction

Des divisions sont apparues au sein de la principale coalition de l’opposition syrienne, son chef Burhan Ghalioun se disant prêt jeudi à démissionner dès qu’un successeur aura été nommé, à la suite de critiques liées à sa réélection.
Sur le terrain pendant ce temps, l’armée syrienne concentrait ses bombardements sur la ville de Rastane, un bastion important des forces rebelles, qualifiées la veille par le président Bachar al-Assad de "bande de criminels".
"Je n’accepterai pas d’être le candidat de la division, je ne suis pas attaché à un poste, j’annonce donc que je me retirerai dès que le choix se portera sur un nouveau candidat, soit par consensus soit à travers de nouvelles élections", a indiqué M. Ghalioun, reconduit mardi à la tête du Conseil national syrien (CNS).
Quelques heures plus tôt les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, ont menacé de se retirer du CNS, dénonçant un "monopole" du pouvoir au sein de cette instance.
Les détracteurs du CNS lui reprochent essentiellement la grande influence des Frères musulmans en son sein et son manque de coordination avec les militants sur le terrain.
Des militants avaient d’ailleurs critiqué la réélection de M. Ghalioun, estimant qu’elle avait été imposée par les Frères musulmans.
Partisan d’une gauche nationaliste arabe, adoubé par la confrérie, M. Ghalioun avait émergé comme la personnalité capable de rassembler au sein d’un conseil composé de multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux).
Bien que contesté, il a été reconduit à plusieurs reprises faute de consensus en faveur d’un autre opposant, malgré les règles du CNS, qui imposent une présidence tournante tous les trois mois.
Face à l’oppsoiton divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte, fort notamment du soutien de la Russie, dont le Premier ministre Dmitri Medvedev a mis en garde les Occidentaux contre des interventions militaires "hâtives" qui peuvent amener des extrémistes au pouvoir, des conflits régionaux voire une guerre nucléaire.
Dans la province de Homs (centre), Rastane a été violemment bombardée à l’aube par l’armée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La ville a reçu jusque "trois obus par minute", a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’ONG basée en Grande-Bretagne.
M. Abdel Rahmane a appelé les observateurs de l’ONU déployés dans le pays pour surveiller la trêve violée quotidiennement à se "diriger immédiatement vers la ville de Rastane que le régime cherche à détruire graduellement".
Encerclée par l’armée, Rastane abrite, selon des militants, un grand nombre de hauts gradés rebelles qui la défendent farouchement.
Cette ville échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats avaient été tués lors d’une tentative d’assaut.
Ailleurs, les troupes gouvernementales se sont déployées dans plusieurs quartiers de la ville de Deraa (sud) pour tenter "de mettre fin à la grève générale". Des tirs nourris ont été entendus, selon l’OSDH.
Mercredi, au moins 44 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences notamment dans les provinces de Deraa et Idleb (nord-ouest), ainsi qu’à Homs, selon l’OSDH.
Le président Bachar al-Assad a affirmé à une chaîne de télévision russe que les législatives du 7 mai, marquées par un boycott de l’opposition, avaient montré que les Syriens soutenaient son régime face à l’opposition et aux "terroristes".
Il a en outre accusé l’opposition de recevoir "des armes et de l’argent" de différents pays étrangers, déplorant que les pays occidentaux ne parlent que de la "violence de la part du gouvernement, jamais un mot sur les terroristes".
Le Washington Post, citant des responsables américains et étrangers, a rapporté mercredi que les Etats-Unis aidaient à coordonner l’arrivée d’armes en Syrie à destination des rebelles, sans toutefois leur fournir ce matériel.
En 14 mois, plus de 12.000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, selon l’OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.
Les violences ont fait tache d’huile au Liban où des affrontements entre pro et anti-Assad ont lieu quasi quotidiennement depuis samedi dans la grande ville du nord, Tripoli faisant 10 morts.
Jeudi, une personne a été tuée et sept autres blessées dans les combats entre habitants du quartier de Bab al-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien, et le quartier voisin de Jabal Mohsen, à majorité alaouite pro-régime, a indiqué un responsable des services de sécurité à l’AFP.

(17 mai 2012 - Avec les agences de presse)

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