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Décès de Warda Al-Jazaïra, une des grandes cantatrices de la chanson arabe

vendredi 18 mai 2012, par La Rédaction

L’une des grandes cantatrices du monde arabe, Warda Al-Jazaïra, la "rose algérienne", adulée pour sa puissante voix et ses chansons d’amour, est décédée jeudi d’une crise cardiaque à son domicile au Caire à l’âge de 72 ans.

Avec le décès de Warda, c’est "l’une des plus belles voix d’Algérie et du monde arabe (qui) vient de se taire à jamais", a déclaré la ministre algérienne de la Culture Khalifa Toumi.

Elle "nous a quittés en laissant derrière elle un silence assourdissant et une profonde tristesse", a ajouté la ministre dans un message de condoléances diffusé par l’agence de presse algérienne APS.

La dépouille de la diva arabe sera rapatriée en Algérie après une prière spéciale lors d’une brève cérémonie au Caire, selon des responsables égyptiens.

"Un avion militaire a atterri à l’aéroport du Caire pour rapatrier la dépouille", a indiqué l’un d’eux. L’appareil devait s’envoler vers l’Algérie à 12H00 GMT, a-t-il précisé.

Selon le quotidien arabophone algérien El-Khabar, le président Abdelaziz Bouteflika a ordonné l’envoi d’un avion spécial en Egypte pour rapatrier la dépouille de la chanteuse. L’agence algérienne a précisé que son enterrement aura lieu samedi après-midi au cimetière d’El Alia, à l’est d’Alger.

Selon la radio publique, la dépouille de Warda sera exposée à partir de 9H00 GMT au palais de la culture à Kouba, à Alger, pour permettre à la population de lui rendre un dernier hommage.

Avant son décès, Warda a tourné un vidéo-clip à la gloire de l’Algérie intitulé "mazal wakfin" (nous sommes encore debout), à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962.

Depuis le 26 avril, ce clip est diffusée en boucle sur toutes les chaînes de télévision publiques algériennes.

Née en France de père algérien et de mère libanaise, la chanteuse, de son vrai nom Warda Ftouki, a toujours été, depuis l’indépendance de l’Algérie, par son art, au rendez-vous des grands événements commémorés par les autorités algériennes.

Après avoir renoncé à la chanson pendant plusieurs années à la suite d’un premier mariage, Warda accepte l’invitation du président Houari Boumediene (1965-1978) à se produire à Alger à l’occasion du 10e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 1972.

La chanteuse a offert au peuple algérien un inoubliable chant patriotique, "Min baide" (de loin), véritable hymne à la gloire de l’Algérie libre mais aussi à son propre retour au pays après une longue et énigmatique absence.

Selon le quotidien arabophone algérien Echorouk, après ce retour sur scène, son époux la quitte et Warda retourne au Caire pour se consacrer à sa carrière artistique.

Elle récidive le 5 juillet 1982, vingt ans jour pour jour après l’indépendance, en interprétant une autre chanson patriotique tout aussi éternelle, "Aid El Karama" (la fête de la dignité), puis encore en 1987 avec d’autres succès dédiés aux combats de l’Algérie pour la liberté et le développement.

Warda avait commencé à chanter à l’âge de 15 ans, durant les années 1950, dans un établissement artistique appartenant à son père dans le Quartier latin à Paris.

Elle entame ensuite une riche carrière artistique en Orient, en Egypte surtout, où elle rencontre de grands noms de la chanson arabe, comme Mohamed El Moudji, Ryad Essambati, Mohamed Abdelwahab et Baligh Hamdi, un temps son époux, qui lui composeront autant de chefs-d’oeuvre de la chanson sentimentale.

La diva de la chanson arabe a vendu plus 20 millions d’albums à travers le monde. Son répertoire compte plus de 300 chansons.

Warda Al-Jazaïria était l’une des rares interprètes arabes à pouvoir dépasser les frontières linguistiques et musicales du monde arabe et symbolise la complémentarité entre ses deux versants, le Maghreb et le Machrek.

(17 mai 2012 - Avec les agences de presse)

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رحـيـــــــل الــــــــوردة

عناية جابر

زمن الخسارات على أكثر من صعيد، وهي خسارة فادحة لا بد، أن تُطوى وردة في التراب، تذبل وتنسحق. غابت وردة الجزائرية إثر سكتة قلبية عن عمر يناهز الـ73 سنة بمنزلها في القاهرة. وتُضحي أغنياتها منذ اليوم، مجرد استعادات تستنهض الصوت الشجي، وتضفي على عقوق الوقت، بعض الطراوة وتحقنه بأبّهة الموسيقى والكلمة وكبرياء الشدو.
وردة محمد فتوكي، جزائرية، تحمل الجنسية الفرنسية بالولادة والمصرية بالزواج، ومن أم لبنانية من آل يموت، شغلت الوسط الفني العربي عموماً، والمصري خصوصاً بأغنياتها التي ناهزت الـ300 أغنية، أكثرها سماعاً وتداولاً : « إسأل دموع عينيّ » و« في يوم وليلة » و« بلاش تفارق » و« لولا الملامة » وسواها من الأغنيات. طبعها الجزائري المترفّع والعنيد لم يفارقها حتى في محنة مرضها العضال، فكانت تقف على الخشبة ببالغ تألقها يميّزها عنقها المغوي، ومنه الآهات التي أسرت أجيالا، حين بذكائها عرفت كيف تُماشي العصر، وتتعامل بعد رحيل زوجها وحب حياتها الموسيقار بليغ حمدي، مع ملحنين شباب مثل صلاح الشرنوبي. على المسرح، كانت تغني بشروطها، وتفرض مزاجها المعابث حيناً، والمتشدد أحياناً، على جمهورها الذي يبادلها حبها، وينصاع لمزاجها. نتذكرها أكثر في أول بطولة سينمائية لها : « ألمظ وعبده الحامولي » مع عادل مأمون الذي غنى لها « يا بديع الحسن مين قدّك في حسنك »، لما بدت في الفيلم في تمام حسنها فعلاً.
« أهلاً يا جزائر يا صوت الثورة » هي جملة ترحيب الرئيس عبد الناصر بها إثر مشاركتها في غناء نشيد « الوطن الأكبر ».
ميلادها الفني الحقيقي كان في أغنية « أوقاتي بتحلو » وكانت في الأصل للسيدة أم كلثوم من ألحان سيد مكاوي، سوى أن الموت غيّب « تومة » لتبقى الأغنية لوردة، تؤسس لعلاقتها الخلاّقة في مسيرتها الفنية مع الذواقة من الجماهير.
جرح غيابها طري ما زال، بالكاد يصدق، لكنها المسافة عنها غداً، سوف تُظهّر فداحة أن تقف سيدة على المسرح، على غرار سيدات وقفن، وتغني بكامل صوتها بدون جسدها، إذ لم نعد نسمع من غناء بعد، نرى الأجساد فقط، ويحق لنا أن نعتب عليها، ونكاد نلومها « لولا الملامة »، إذ تتركنا نرى إلى غناء النهود والسيقان، بدون رعشة السماع الحقيقي.

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